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GÉNÉRALITÉ! IUR LA PÉRIODE MIOCÈNE

Caractère» généraux de la période. — La période miocène, inaugurée par le grand soulèvement pyrénéen, a apporté dans la géographie de l'Europe tertiaire un changement notable. Tandis que la mer nummulitique s'étendait au sud du continent, la première mer miocène fut septentrionale et les types africains de la flore commencèrent à rétrograder. Mais bientôt cette mer se dessécha et il s'établit sur l'Europe, encore pourvue de grands lacs et de lagunes, un régime d'humidité permanente, de chaleur égale et modérée, favorable à la production des lignites. C'est alors que les arbres à feuilles caduques se multiplièrent partout, tandis que les palmiers continuaient à prospérer au delà du 50e parallèle. L'uniformité des conditions climatériques qui régnaient en Europe est attestée par la similitude des flores recueillies, soit sur la Baltique, par 54°, soit en Eubée, par 38° lat. L'invasion de la mer mollassique ne changea pas cet état de choses et contribua au contraire, par la forme et la position de la principale masse des eaux, qui découpait l'Europe en une sorte d'archipel indien, à entre- Il) De Saporta, le Monde des plantes, p. 131. (2) Communication directe à l'auteur.

tenir l'égalité et la douceur de la température. Ces conditions étaient éminemment favorables à l 'épanouissement du monde végétal; aussi ce dernier, dans son ensemble, ne s'élait-i) jamais montré plus opulent. L'hiver était encore particulièrement doux, ne suspendant jamais d'une manière complète l'activité de la végétation et, quand la période s'acheva, le camphrier, selon M. Heer (C), gardait le privilège de fleurir dès le mois de mars sur les bords du lac de Constance, comme il lait de nos jours à Madère. Pour retrouver les associations végétales de la période miocène, il faut aujourd'hui descendre de 25 à 30 degrés au sud. S'il y avait déjà une différence manifeste entre la végétation des terres voisines du pâle et celle de nos régions, du moins les glaces ne faisaient pas sentir leur influence et l'Islande était couverte de riches forêts. En même temps les manifesta lions volcaniques se multipliaient et l'Auvergne, la vallée du Rhin, la Hongrie, le versant occidental des Montagnes Rocheuses et bien d'autres pays encore devenaient en même temps le théâtre de prodigieux épanchements de roches èruptives. Enfin l'écorce terrestre était partout en mouvement et ses efforts pour conquérir une situation d'équilibre finirent par dresser au milieu des airs les hautes chaines des Alpes, des Cordilliéres et de l'Himalaya.

iiunf miocène. — C'est dans la période miocène que les mammifères paraissent avoir atteint leur plus haut degré de développement. Tandis qu'en Europe les cétacés font leur apparition avec Squalodon et les Siréniens avec Halitherium, alors que les mers américaines nourrissent déjà les genres Balxna

et Delphhius, les placentaires terrestres voient s'effacer les quelques caractères qui les reliaient encore aux marsupiaux. A ce moment se multiplient, parmi les pachydermes, Rhinocéros, Âcerotkerium, Tapirai, Anthracotherium, Sus, Uyothe-

.1; De Saporta, le Monde du plantes, p. 315.

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