PÉRIODE MIOCÈNE
rium, Palxochœrutj etc. Bientôt les proboscidiens se montrent avec l£s énormes Mastodon (fig. 524), Dinotherium, Elephas, les singes avec Oreopilhecus, Dryopithecus, Pliopithecus, les édentés avec Macrotherium et Ancylotherium. Les Anchitherium et Hipparion (fig. 525) en Europe, Miohippus en Amérique, continuent à préparer l'avènement des chevaux. Hippopotamus prend possession des rivières. Enfin les ruminants, après s'être en quelque sorte essayés avec les Gelocus, Dremotherium, Entelodon, Dicrocerus, etc., prennent à la fin de la période la prépondérance qui, depuis l'éocène, appartenait aux pachydermes. L'émersion de l'Europe facilite leurs évolutions et le développement d'une abondante végétation de graminées détermine le règne des herbivores, formant d'immenses troupeaux d'Antilope, Cervus, Helladotherium, Camelopardalis, Palxotragus, Palxoreas, auxquels s'associent les carnivores Amphicyon, Hyœnictis, Hyœna, Ictitiierittm, etc. et les quadrumanes du genre Mesopithecus.
Quelques géologues ont voulu faire une place à l'homme dans cette énumération. On s'est autorisé d'un petit nombre d'éclats de silex recueillis, au milieu d'une foule d'autres, à la base du miocène de Thenay (Loir-et-Cher), par l'abbé Bourgeois, et reconnus, avec plus ou moins de doute, par des archéologues, comme offrant des traces de taille intentionnelle. Sans nous attacher à faire ressortir combien il est improbable qu'un être assez intelligent pour tailler des silex n'ait plus laissé, ni dans le miocène supérieur ni dans le pliocène de nos contrées, aucune trace de son industrie, nous nous bornerons à reproduire ici une remarque, selon nous décisive, de M. Boyd Dawkins (1). A quelque point de vue que l'on se place, l'homme ne peut apparaître que comme le couronnement du monde organique, après que le règne animal et le règne végétal ont reçu, l'un et l'autre, tous leurs développements. Or, à l'époque miocène, ces développements sont encore beaucoup trop incomplets pour que la présence de l'homme sur la terre ne soit pas considérée comme un véritable anachronisme et cela suffit à nos yeux pour permettre de rejeter un fait d'ailleurs aussi mal établi que celui de Thenay (2).
Quant aux incisions qu'on avait observées sur des ossements d'Halitherium et où l'on s'était plu à voir l'œuvre d'un outil tranchant, manié par une main intelligente, il en a été fait justice le jour où l'on a démontré clairement qu'il s'agissait de morsures dues à la dent d'un squale.
La faune marine miocène est très riche. Nous nous contenterons de mentionner l'abondance des grandes dents de squales du genre Carcharodon (fig. 528) et, parmi les mollusques, celle des genres Cerithium (fig. 526, 527), Natica. Murex, Plenrotoma, Voluta, Cyprœa, Cytherea, Peclen, Pectunculus (fig. 550), Arca (fig. 531), Lima (fig. 529), etc. Les huîtres à crochet long et épais, du
(i) Geol. Society of bondon, 14 avril 1880.
(2) En ce qui concerne la découverte plus récente de silex taillés dans le miocène de l'embouchure du Tage, nous nous bornerons à faire remarquer que les géologues qui ont visité le gisement n'y ont va aucune preuve que les silex fussent in situ.
type à'Ostrea crassiuima, pullulent pendant cette période, qui 8 vu aussi proférer certaines formes particulières d'oursins, Scutetla, Spatangus, Clypeatter,Co-
Fig. 5Î9.
Fig, 631. Fig.
Fi*
5Î9. Lima iquamoia, I.niiik, des ongrien. — Fig. 551. Are,, barbala, Orb., du calcaire de 11 Leilha.
iii'r"
de Touraine. — Fig. S50. Peclunculut ob du miocène de Vienne. — Fig. 552. Ampli
tegina Bamen
noclypeuK, Psammechuuis, Atnphiope, etc., et des forain in ifères, notamment ceux du genre Âmphitlegina {fig. 552).
Flore nloeéBe, — La flore miocène d'Europe est beaucoup plus riche que celle de la période éocène. Son caractère général implique un climat plus également el plus universellement humide. Cette modification se dessine peu à peu, au début du miocène, [par le développement des plantes aquatiques, des lauri-
Fig. 533. Cinnamoniiim jiolijmoiyhum, 1 ng., de l'aquitanien de Manosque. — Fin. 834. Clyptottrobn eiirvlurux, lli.. deHanc^ue. — Fig. iï'i. (hmm.iln liijnilum, iiieis.. d.. Manusque.
nées, des érables, dés charmes, etc. On voit apparaître plusieurs Sei/iwia, avec Taxodittm ilistichum, Glyptosirobus europsput, (fig. 554) LiboctHrw etc., arrivant sans doute des terres arctiques, où ces divers genres prospéraient lors de l'éocène supérieur. En même temps qu'eux se montrent les palmiers du genre Sabai, les Comptonia et de belles fougères du génie Osmunda (fig. 555). Les
miocène parisien. 1035
* arbres à feuilles caduques, descendant des hauteurs sur lesquelles ils avaient ^ jusqu'alors été confinés, deviennent partout assez abondants pour témoigner de | l'existence d'une saison fraîche, sinon froide, et la flore étale une incomparable « richesse, associant, sur l'emplacement actuel du lac de Genève, les palmiers des genres Flabellaria et Phœnicites aux lauriers, aux figuiers, aux camphriers, aux cannelliers, Cinnamomum (fig. 533), aux chênes, aux acacias, aux érables, ensemble qu'on ne retrouverait aujourd'hui qu'en s'avançant au sud de plus de 15 degrés.
L'invasion de la mer de la mollasse, en retardant les progrès du froid, imprima aux derniers temps miocènes une remarquable égalité climatérique. Les peupliers et les érables se développèrent avec profusion, ainsi que les platanes; les types devenus depuis étrangers à l'Europe continuèrent à coexister avec ceux qui devaient constituer le fond de notre flore actuelle, offrant un mélange harmonieux de formes maintenant dispersées dans des régions très diverses (1).
Divisions du système miocène. — Le système miocène peut être divisé en cinq étages : à la base, l'étage tongrien f ainsi nommé de Tongres en Limbourg et correspondant au premier retour de la mer en Europe ; ensuite, l'étage aquitanien, puis le mayencien, marquant le mouvement d'émersion qui a précédé les formations mollassiques ; le quatrième est Yhelvétien, dont le type existe dans la mollasse suisse ou dans les faluns de l'ouest de la France; enfin vient le tortonierij représenté par les marnes marines de Tortone et de Baden, tandis qn'en France les formations lacustres prédominent à ce niveau. Dans l'ancienne classification de d'Orbigny, les trois premiers étages étant réunis sous le nom de tongrien, les deux suivants formaient le falunien. Quelques auteurs font de la base de l'hélvétien un étage spécial, dit langhien (2). Enfin le tortonien a quelquefois reçu le nom d'œningien à cause des célèbres dépôts d'eau douce d'Œningen, sur le lac de Constance.