‹ Traité de géologieChapitre 425 sur 533 · MIOCÈNE ARMORICAIN · texte numérisé non relu

MIOCÈNE ARMORICAIN

qu'un accident local; partout ailleurs, comme Ta montré M. Douvillé, les marnes 11 de l'Orléanais supportent en concordance les sables et argiles de la Sologne, qui ^ atteignent, sur la rive droite de la Loire, 40m d'épaisseur et sont de formation l

* plus ancienne que les faluns de la Touraine, comme on peut le vérifier près de 1 Soings (1). Les sables de la Sologne ne présentent aucun indice de classement

* mécanique; ils sont dépourvus de restes organiques, ont tous les caractères. de 1 dépôts boueux et offrent une grande analogie avec les sables kaoliniques de l'Eure.

Ces sables de l'Eure sont formés de grains de quartz réunis par un ciment argileux, que la moindre agitation dans l'eau suffit à séparer. Associés à des argiles plastiques chimiquement très pures, ils remplissent, dans les assises tertiaires ou crétacées,

| des fentes ou des entonnoirs; leur structure est massive et rappelle celle d'un granité en décomposition (2). Ils sont en rapport direct avec les failles qui avoisinent la vallée de la Seine et on est tenté de les attribuer à des épanchements

' boueux qui se seraient produits à l'époque miocène. La même action thermale,

* plus atténuée, aurait donné naissance, sur les plateaux crayeux de la Normandie et de la Picardie, à une argile à silex analogue à celle de Téocène inférieur.

LE SYSTÈME MIOCÈNE DAMS L'OUEST DE LA FRANCE Assises tongrlennes et aqultanlenaes de l'Armorlque. — L'étage tongrien ne

parait représenté, dans l'ouest de la France, que par le calcaire grossier de Rennes, à Archiacina (Cyclolina) armorica. Ce calcaire, épais d'environ 30m et exploité à La Chausserie ainsi qu'à Lormandière, a d'abord été confondu avec le calcaire grossier parisien. Mais M. Tournofter (5) a établi le caractère nettement tongrien de sa faune, qui comprend Natica crassatina, A. angustata, Turbo Parkinsoni, Cerithium plicatum, C. trochleare, Cytherea incrassata, etc. La même assise, toujours caractérisée par l'abondance des foraminifères du genre Archiacina, se retrouve à Langon, à Bréhain, à Saffré et en divers autres points de la Loire-Inférieure (4).

Le calcaire marin de Rennes est recouvert par 5m de couches calcaires et argileuses, à Potamides Lamarcki, Cyclostoma antiquum, Bythinia Dubuissoni. A Saffré les mêmes couches, épaisses de 10m, passent à de véritables meulières. En ce point elles reposent sur l'éocène : partout ailleurs elles ont pour substratum les schistes cristallins ou les terrains primaires.

(1) Douvillé, Bull, de la Soc. geol. de France, 3« série, VIII, p. 247.

(2) Douvillé, Bull, de la Soc. géol. de France, 3# série, VI, p. 607. — Douvillé et Potier, Compte* rendu*, 6 mai 1872.

(3) Bull, de la Soc. géol. de France, 2« série, XXV, p. 367; XXIX, p. 481; 3* série, VII, p. 464.

(4) Vasseur, Terrains tertiaires de la France occidentale, p. 319.

La faune tongrienne du bassin de Rennes n'a pas le caractère de celle des fcpôts d'Étampes et du Limbourg ; elle se relie au contraire à la faune du tourna ' de l'Aquitaine et des Pyrénées. Le bassin de Rennes communiquait donc pr Nantes avec Bordeaux et Dax.

Faïun» de la Touraine. — En dehors des rares affleurements tongrieos et aquitaniens qui viennent d'être mentionnés, le miocène de l'ouest de la Franc? est constitué par des f aluns, qui tous appartiennent à l'étage heivétien et indiquent un empiétement marqué de la mer sur la région occidentale de notre pan.

On désigne sous le nom de faluns des dépôts marins composés de coquille brisées, de polypiers, de bryozoaires, etc., mélangés d'une certaine quantité ée sable siliceux plus ou moins grossier. La roche est, en général, meuble ou faiblement agglutinée, par un ciment calcaire, en un grès tendre et poreux. Le sablons sont, tantôt très purs et d'une blancheur extrême, tantôt colorés « jaune. Les parties calcaires sont exploitées pour le marnage des terres siliceuse

Les faluns les plus célèbres et en même temps les plus anciens quant à l'époque de leur dépôt sont ceux dits de la Touraine et notamment les faluns de Manth^ lan et ceux de Pontlevoy (Loir-et-Cher), depuis longtemps connus par l'abondant* ' et la belle conservation de leurs coquilles, au milieu desquelles on trouve. à l'état remanié, des ossements de mammifères empruntés aux sables de l'Orléanais. Les mollusques les plus caractéristiques sont Trochus incrassatus, Tumtella Linnœi, Pleurotoma tubercitlosa, Cyprœa a f finis, Conus Mercatii* CerithtM* intradentatum, Lima squamosa, Pecten striatus, Arbacia monilis, etc.

Près de Pontlevoy, à Contres, on observe la superposition suivante (i)

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