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LE SYSTÈME MIOCÈNE DANS LE BASSIN DE PARIS

Sables do Fontainebleau. — L'étage tongrien est représenté, dans le bassin de Paris, par les sables de Fontainebleau. C'est une assise marine très régulière, puissante de 50 à 60m, formée de sables blancs ou jaunes, quartzeux, quelquefois un peu micacés. A Paris, ces sables reposent soit sur le calcaire de Brie, soit, quand il fait défaut, comme au nord, sur les glaises vertes, par une couche argileuse où abondent les huîtres, Ostrea cyathula, 0. longirostris, avec Corbula snbpisum et, à Massy, Scutulum parisiense. Au-dessus de cette couche viennent des sables jaunes, dit sables de Fontenay-aux- Roses et de Montmorency, géné-

(1) De Saporta, le Monde des plantes, p. 311.

(2) Des Langhe, collines italiennes.

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l'on observe un horizon fluvio-lacustre intermédiaire. A Chalô-Saint- Mars (1), cet horizon consiste en 2m de marnes et de bancs ligniteux où les fossiles d'eau douce, limnées, planorbes et Bythinia (Paludestrina) Dubuissoni, sont associés à Potamides Lamarcki. Puis l'élément marin reprend un instant le dessus sous la forme d'une marne schisteuse brune, de 0°\12, avec Cardita Bazini, Cyiherea incrassata, Cerithium plicatum, Potamides Lamarcki, Murex conspicuus; c'est la faune d'Ormoy, au-dessus de laquelle on n'observe plus que des couches d'eau douce.

On a beaucoup discuté sur l'attribution de cette couche au tongrien ou à l'aquitanien. La question n'offre à nos yeux qu'une minime importance, la transition des faunes marines s'étant faite graduellement. Si nous rangeons la couche à Cardita d'Ormoy avec le calcaire de Beau ce, c'est parce que le mouvement d'émersion qui a déterminé le dépôt de ce dernier était déjà, ce semble, suffisamment dessiné par la formation des couches à paludestrines et à potamides, quand un affaissement tout à fait local est venu ramener à Ormoy, pour un instant, quelques espèces marines d'une faune en voie de migration vers le nord.

A la Ferté-Aleps, le calcaire de Beauce est séparé des sables de Fontainebleau par un sable ocreux à coquilles terrestres, Cyclostoma antiquum, Limnœa Brongniarti, L. comea, avec Anthracotherium magnum. Rhinocéros (Àcerotherium) fcrivatensis,Gelocus, etc. C'est le niveau du calcaire lacustre de Trappes et d'Elancourt, à Hélix Ramondi et Paludestrina Dubuissoni (2), qui sépare les sables tongriens des meulières. Aux environs de Paris, ces dernières, dites meulières de Montmorency, débutent, notamment sur les hauteurs de Sannois, par une couche à Potamides Lamarcki. Les meulières elles-mêmes, qui ne sont que les parties siliceuses, aujourd'hui éparses dans une argile bariolée, d'une ancienne formation lacustre, correspondent aux premières assises d'Ormoy.

Division du calcaire de la Beauce en deux assises. Mollasse dn Gatlnals. — Dans la Beauce et les régions voisines, le calcaire lacustre se divise en deux couches, séparées par une assise argilo-sableuse (5). Le calcaire inférieur (calcaire du Gâtinais de M. de Roys, calcaire à limnées), épais d'environ 15m, est sans silex près d'Étampes et ses espèces les plus caractéristiques sont Limnœa Brongniarti, L. cornea, L. cylindrica, Hélix Ramondi, H. Munieri, Cyclostoma antiquum, Planorbis cornu, Paludestrina Dubuissoni, Potamides Lamarcki, avec les mammifères signalés à la Ferté-Aleps. Bien développé à la carrière Saint-Marc, à la porte d'Orléans, ainsi qu'à Billy, près de Selles-sur-Cher, ce calcaire, où la silice est souvent très abondante, correspond aux meulières de Villers Cotterets, Montmorency, Rambouillet, Épernon, Palaiseau, etc., à limnées et graines de Chara medicaginula. Il est exploité pour moellons entre Beaune-la-Rolande et

(1) Vélain, Bull, de la Soc. géol. de France, 3« série, VI, Réunion de Paris, 1878.

(2) Tournouer, Bull, de la Soc. géol. de France, 3- série, VI. Réunion de Paris, 1878. (5) Douvillé, Bull, de la Soc. géol. de France, 3* série, IV, p. 92.

Montargis. Là il passe à l'état de marnes, qui empâtent d'assez nombreux froments rougeâtres de silex, empruntés au conglomérat éocène sous-jacent.

Au-dessus du calcaire inférieur vient une assise de glaise verte, de sakte siliceux et de grés calcaire, que M. Douvillé a nommée mollasse du Gâùm. Cette assise, dont la plus grande épaisseur est de 15œ, disparait peu à peu i l'ouest (fig. 536) à mesure que s'y développent des nodules calcaires, qui fine-

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Niveau de la mer

Fig. 536. — Coupe au 160000* des environs de Boiscommun (d'après M. Douvillé;.

1, calcaire de Beauce inférieur ; 2, mollasse du Gàtinais ; 3, cale, de Beau ce supérieur : i, de l'Orléanais ; 5, marnes de l'Orléanais , 6, sables de la Sologne. (Hauteurs décuplées).

sent par former une couche continue, constituant la base du calcaire de Beau* supérieur. Ce dernier, ou calcaire à hélices de l'Orléanais, puissant d'une vinslaine de mètres, est caractérisé par des bancs noirâtres, bréchi formes, connu> à Pithiviers, Fay-aux-Loges, Orléans (Marigny), Chevry. Ses principaux fossile» sont: Hélix Moroguesi, H. Aureliana, H. Defrancei, H. Tristani, IL Ramona, Planorbis solidus, Limnœa Larteti, L. Noueli, L. urceolata, Melania aquitama Aux environs de Gien, cette assise est à l'état de marnes noduleuses.

Sables et marnes de l'Orléanais. — Le calcaire de Beauce est recouvert par les sables de l'Orléanais, sables grossiers, argileux, qui occupent la forêt d'Orléans, quelquefois accompagnés de grès calcaires et se montrent fossilifères a Neuville-aux-Bois. On y trouve Amphicyon giganteus, Anthracotherium onoideum. Mastodou tapiroides, M. pyrenaicus, M. angustidens, Dinotherium Cuvieri, Rhinocéros aurelianensis, etc. Les caractères de ces sables sont ceux d'un dépôt littoral fluvio-lacustre. Ils atteignent a Boiscommun leur plus grande épaisseui, qui est de 20,u. Dans le Gàtinais, ce ne sont plus que des sables argileux aveiargiles tégulines, dépourvus d'osssemcnls. En revanche, on les retrouve danle Loir-et-Cher, à Chitenay, avec les mêmes caractères que dans l'Orléanais.

I ne couche très peu épaisse de marnes blanches et vertes (manies de l'Orléanais de M. Douvillé) repose sur les sables de l'Orléanais ou, quelquefois, sur lecalcaires de Beauce supérieurs. Cette couche qui, à Suèvres, contient à sa bas* Melania aquitanica (1), supporte directement le calcaire de Montabuzard, dont les mammifères, Anchitherium aurclianense , Procervulus aurelianensis, Hyxmo*chus Larteti, etc., présentent de grandes analogies avec ceux du gite de Sansan (Gers). A Chevenelles, les mêmes marnes sont transformées en un cataire lacustre, en tout semblable à celui de l'Orléanais.

Sables de la Sologne, sables de l'Eure. — Le calcaire de Montabuzard n'est

(1) Douvillé, Bull, tic la Soc. géol. de France, fr série, IX, p. 390.

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