LE BASSIN DE LA SAONE
Limagne. Arkoses et marnes. — La Limagne (ûg. 538) formait, a l'époque miocène, un vaste lac d'eau douce, que des soulèvements ultérieurs ont morcelé
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Fig. 558. — Coupe de la Limagne sur la rive droite de l'Allier (d'après M. Julien).
1, granité; 2, arkoses et argiles sableuses; 3, calcaire à Potamides ; 4, calcaire à Limnées; 5, calcaires et pépérites à phrygaues et à Hélix Ramondi; 6, calcaire à Melania aquitanica ; 7, basalte.
en deux bassins, celui de Clermont et celui d'Issoire (1). Un bassin analogue existait dans le Velav et la haute vallée de la Loire et d'autres lambeaux attestent l'existence d'un lac de la même époque sur l'emplacement actuel du massif du Cantal.
A la base des sédiments tertiaires on observe, dans la Limagne d'Auvergne, 50 ou 60e" d'arkoses et d'argiles bariolées, plus ou moins sableuses, résultat de la désagrégation, presque sur place, des roches granitiques qui forment le fond du bassin. Ces arkoses, que plusieurs auteurs ont rapportées à l'éocène, appartiendraient, selon M. Julien, au tongrien, avec lequel elles se relient stratigraphiquement d'une manière continue, en même temps qu'elles fournissent, avec des restes de palmiers, un végétal d'affinités tongriennes, Betula dryadum. Les arkoses sont surmontées par 350m de bancs calcaires et marneux, alternant avec des lits argileux et des couches de cendres basaltiques, lesquelles, cimentées par de la vase calcaire, donnent naissance aux pépérites de la Limagne. La succession des assises, du haut en bas, est la suivante (2) :
(1) Julien, Annuaire du club alpin, 1881, p. 446.
(2) Julien, loc. cit.
4. Bancs supérieurs de Gergovie, à Melania aquitanica (40 à 3. Couches A Hélix Ramondi (200-).
3. Couches à Uwmma pachygaster et PlanorbU cornu (50"). 1. Couchera Potamides Lamarcki (50").
Les couches de l'assise 1, dont H. Julien a démontré la continuité dans M le sud de la Limagne et qu'on observe à Gergovie, dorent, Saint-Romain» Ontol Royat, etc. , sont tantôt en bancs épais, tantôt en feuillets excessivement mince*. Le gypse y est exploité et l'on y trouve des plumes d'oiseaux» des poissons 4i genre Lebias, des Bythinia Dubuissoni et des graines de Chara. L'argile, gme ou verdfttre, avec Cypris faba, abonde dans les couches à limnées, où les calcaires sont moins jaunes que dans l'assise inférieure.
Calcaire A plurynane*. Calcaire de Ctorgavto. Pépérltoa. — Alors commencent les pépérites, assez bien stratifiées et résultant de pluies de cendres dm les étangs et les marais auxquels le lac avait fait place ; là se sont développe» des myriades de phryganet, dont les larves ont souvent formé leurs étuis oa induses d'une agglomération de petits planorbes et de palutfines, donnant nuisance au calcaire à phryganet. On y trouve les Hélix Ramondi* H. ligerk, ï. phacodes,Pupa, etc. De temps en temps, quelques bancs calcaires bien réglés» montrent au milieu de la masse, où ils ramènent alors les limnées et les pi* norbes de l'assise 2. L'activité thermale s'est en outre traduite par la formatios de vrais travertins et de dépôts de silice.
Sur les hauteurs de Gergovie et de Merdogne, entre deux nappes de basalte, se présentent le calcaire marneux et les sables fluviatiles à Melania aquiiankê, avec Melanopsis, Unio, Cyrena. La flore se compose de Myrica lignitum, Jf. Imtigâta, Laurus primigenia, Cinnamomum lanceolatum, Liquidambar europmum. Diospyros varions. Les feuilles sont petites, chétives, d'apparence coriace et dénotent un climat sec et chaud, d'affinités australiennes (1).
Les pépérites ou tufs basaltiques de la Limagne, si puissantes autour de Pontdu -Château, Vertaizon, Vic-le-Comte, etc., sont remplies d'Hélix Ramondi et d'îlots de calcaire à phryganes. Les vertébrés appartiennent aux genres Anthracotherium, Rhinocéros, Cœnotherium, Dremotherium, Amphitragulus.
Calcaires d'Issolre, Anrlllac, Cannât, Roanne, etc. — Dans le bassin d'Issoire, le calcaire à potamides est parfois compact et donne le marbre de Nonette, dans lequel Brongniart a découvert en 1809 le Potamides Lamarcki. Ce même fossile abonde, aux environs d'Aurillac, dans des marnes calcaires. épaisses de 30œ, superposées à des arkoses et contenant aussi Bythinia Dubuissont. Au-dessus vient, à Aurillac et à Murât, un calcaire à limnées et à planorbes, avec Limnœa pachygaster, h. symmetrica, PlanorbU cornu, Hélix Ramondi Dans le Cantal, les marnes sont quelquefois très fissiles, au point de compter jusqu'à 30 feuillets distincts sur une épaisseur de 0m,03 à 0m,04 (2). Cette fissi-
(1) Julien, loc. c/*.— De Saporta, Plantes de* arkoses de Brives, 1878.
(2) Oustalet, Ann. des se. géol, 1870, 1871.