LE MIOCÈNE EN AUVERGNE
lité, ainsi que celle des marnes de la Limagne, est souvent due à l'abondance des tiges de Chara (C destructa) et des carapaces de Cypris faba.
À Gannat, le calcaire lacustre miocène est à l'état de travertin avec cycadées et Phœnicopteris Croizeti; près de Vichy, sa texture est oolithique.
Le calcaire à phryganes et à paludines, avec Anthracotherium magnum, s'observe en divers points du bassin de la Loire, à Roanne, à Cercy-la-Tour, où il contient des grains de quartz dans une pâte calcaire compacte, à Bourbon- Lancy, où il est en lentilles dans des marnes vertes, à Vitry-sur-Loire, où Ton observe des boules de calcaire à phryganes avec silex.
11 est probable qu'on doit rapporter au tongrien, peut-être même à l'aquitanien, les couches supérieures de Ronzon, près le Puy, avec Rhinocéros et végétaux fossiles.
Calcaire de Salnt-Ctérand-le-Poy. Lignite de atonat. — Le calcaire de
St-Gérand-le-Puy. (Allier) est l'exact équivalent du calcaire à phryganes et à Hélix Ramondi. Les mammifères y abondent, notamment Rhinocéros, Palmochœrus, Cœnotherium, les -ruminants, les moschidés et les rongeurs. On remarque l'absence des quadrumanes. De plus, d'après M. Filhol (1), les restes de mammifères et d'oiseaux portent très rarement l'empreinte de la dent des carnassiers ; plusieurs squelettes d'oiseaux ont été trouvés en place au-dessus des œufs que l'animal avait dû couver. Aussi peut-on attribuer la mort de ces vertébrés à des émanations asphyxiantes semblables à celles qui, de nos jours encore, surprennent quelquefois des oiseaux aux environs de Montpensier (Allier).
Reposant sur des couches à Anthracotherium et Lophiomerix, le calcaire de St-Gérand est surmonté par des marnes à Anchitherium et Mastodon, contenant une faune semblable à celle de Sansan.
A l'époque aquitanienne appartient le schiste lignitifère de Menât, sur la Sioule : ce gisement occupe dans le micaschiste une dépression irrégulière de 1 à 2 kilomètres de diamètre. Le lignite, en masses compactes, se débite à l'air en feuillets et sa calcination donne du tripoli et du noir animal. On y trouve un poisson d'eau douce, le Cyprinus papyraceus des lignites de Bonn (2). La flore, contenant Glyptostrobus, Séquoia, Planera, Liquidambar, est luxuriante et dénote un climat tempéré, chaud et humide, à peu près exempt d'hivers (3). M. de Saporta a été récemment conduit à placer le gisement de Menât à la base de l'aquitanien, et cette conclusion est d'accord avec les nouvelles observations stratigraphiques de M. Julien (4).
Puj-Cournj. Coirons. — Au Puy-Courny, à 2 kilomètres d'Aurillac, des graviers quartzeux et des argiles blanchâtres, à Dinotherium giganteum, Eipparion gracile, Machœrodus cidtridens, puissants de 4m, reposent sur une nappe
(1) Ann. des se. géoL, 1880, 1881.
(2) Oustalet, Ann. des se. géol., 1870, 1871.
(3) Do Saporta, Plantes des arkoses de Brives, 1878.
(4) Communications directes adressées & l'auteur.
iOM GROCPS TERTIAIRE.
basaltique qui elle-même recouvre les marnes lacustres à Potamidet Lamanki. L'étage lorlonien a donc laissé des traces en Auvergne.
Il en est de même dans le Vivarais, où le plateau des Coirons est formé pu une nappe de basalte reposant sur des couches de tuf et de boue volcanîqw avec fragments des roches de la contrée, A Aubignas, ces dépote sous-basiltiques renferment Maehxrodut ctdtridau, Rhinocéros Sehleùrmacheri, Bipparie* gracile, Tragocems AmaUheut, Dremotherwm Pentelici, c'est-à-dire une faune tortonienne. Us reposent d'ailleurs sur des poudingues et des marnes éocénes et les dépots pliocèoes, tous produits après le premier creusement de la vallée di Rhône, sont postérieurs aux alluvions des Coirons (1).
■*••!■ Je u »■»(«. — Le dépôt des couches lacustres A Hélix Rawumii s'est étendu fort loin dans la vallée de la Saône. On en trouve des lambeau, quelquefois à l'état de conglomérat, aux environs de Gray. A Dijon, le conglomérat est bréchoide, A fragments jurassiques, toujours rougeatre, et contient H. Ramondi, Cyclostoma dïvionense ; c'est ainsi encore qu'on l'observe A Hutigney. A Brognon, dans la Côle-d'Or, le conglomérat surmonte un calcaire concrétionné, produit d'une cascade limpide et jaillissante, avec Flabellari* latilaba, palmier de la mollasse inférieure de la Suisse, Quercta divionenm, Cercis Tournoueri et autres plantes aquitaniennes (2). Enfin les calcaires lacustres de Sanciat et de Couxance, dans la Bresse, appartiennent aussi à l'horizon de l'Hulix Ramondi (3).
LE ITSTtjMB MIOCENE DIS! Li KÉfllON DES ALPES BIT BU JURA
Mollasse. Magellan. — Le système miocène est caractérisé, dans la région alpine, par la prédominance des roches détritiques, parmi lesquelles se foat remarquer des grès, calcaires ou argileux, faciles à travailler, qui ont reçu le nom de mollasses. Par extension, la qualification de mollasse a été appliquée à l'ensemble du miocène alpin. C'est une formation littorale, effectuée aux dépens des lies, sans doute très peu étendues et très instables, qui constituaient le massif des Alpes à l'époque miocène.
A coté des grès et des calcaires molhissiqucs, la roche la plus caractéristique de la formation est un conglomérat dit nagelfluh, qui s'y répète à diverses hauteurs et qui est formé, tantôt de cailloux calcaires impressionnés (nagelfîuh calcaire), tantôt de morceaux roulés de granité, de porphyre, de syénite, de variolitc, aux couleurs bariolées (naaelflvkpotygc'nique).
Origine de* coBfiomiratH molli ■alqMo. — Les conglomérats mollassiqires du nord de la Suisse contiennent de nombreux fragments de roches exotiques,
(1) Caudi-y et Torwpel. Bull, de ta Soc. giol. de France, 3- série, X, p. 400.
M) De Snpoiïa. le Monde dee plantée, p. 391.
[3] Taidy, Bull, de ta Soc. geai, de France, 5* série, I, p. 73.