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BOULDER-CLAY

il courant arctique continuant à apporter son contingent d'ice-berg$, les blocs

■ que ces derniers charrient finissent par monter sur les parties les plus basses w de la côte, rayant et polissant les roches du rivage et poussant devant eux, avec i une force irrésistible, tous les obstacles qu'ils rencontrent.

if Enfin lorsqu'un bloc de glace chargé de gravier et pris dans une moraine vient é à fondre, il en peut encore résulter des apparences de contournement analogues

■ à celles qu'on observe dans les graviers du drift.

i En résumé, le till et le boulder-clay à graviez sont des dépôts complexes, dus i sans doute à des glaciers largement étalés, comme ceux du Groenland, et empié- | tant plus ou moins, par alternatives, sur le domaine maritime, de Jelle sorte

■ qu'on y trouve à la fois les caractères des moraines profondes, ceux des moraines terminales subaériennes, enfin ceux des moraines sous-marines. On a cru quel-

r quefois que ces dépôts s'étaient formés sous une calotte de glaces, couvrant uni- : fermement toute la contrée. Hais partout où la question a été étudiée à fond, notamment dans le pays de Galles (1), on a presque toujours pu reconstituer les glaciers locaux auxquels la formation du till était due. Seulement ces glaciers étaient considérables; leur extrémité inférieure devait être très large et cheminer sans souci des détails secondaires du relief sous-jacent.

Ce qu'il importe de remarquer, c'est que ce relief était déjà constitué au début de l'époque quaternaire, car le boulder-clay a comblé des vallées dont les rivières ont. ensuite repris possession d'une manière plus ou moins complète, en recreusant leur lit à travers le dépôt glaciaire (2).

Age et flore du bonlder-elay. — La plupart des géologues anglais admettent qu'un premier dépôt de boulder-clay a précédé sur leur sol la formation des alluvions et du loess. Mais il en est survenu un autre, caractérisé par le grand nombre des morceaux de craie qu'il contient (d'où le nom de chalky boulder-clay) et qui s'est très certainement répandu par-dessus des limons avec silex paléolithiques (5). En réalité, la période du dépôt du boulder-clay doit avoir embrassé une longue durée, avec des alternatives diverses d'intensité, comme celles qui marquent habituellement le régime ordinaire des glaciers.

Les argiles du till ont été plus d'une fois, dans le cours de l'époque qui en a vu le dépôt, revêtues d'une végétation appropriée au climat qui régnait alors. D'après divers auteurs, la première flore glaciaire se serait montrée en Angleterre dans une couche qui sépare le forest-bed de Norfolk du boulder-clay. Cette couche, dite arctic freshwaler bed, a fourni des os de Spermophilus et de glouton (4), en môme temps que des plantes arctiques, telles que Salix polar is.

D'après M. Nathorst (5), les végétaux des argiles glaciaires de l'Europe se répartissent entre deux flores; l'une, plus ancienne, avec Dryas octopetala, Salix

(1) Keeping, Geol. Magazine, 4882, p. 251.

(2) Ramsay, Physical Geology, p. 530.

(3) Ramsay, ioc. cit., 1878, pp. 181, 544.

(4) Newton, Geol. Magazine, 1880, p. 484; 1882, p. 51.

(5) Revve géol. tu Use, XII, p. 76.

reticulata, Belula nana, etc., est arctique; l'autre, à Betula nana, fi. odonfe, Salix arbuscula, serait subarctique et précéderait immédiatement la flore ée tourbières, annoncée par l'apparition de Betula verrucosa.

Drirt américain. — Le boulder-clay occupe des surfaces importantes dm les parties septentrionales de l'Amérique du Nord, où il a été produit paré grands glaciers locaux, striant et polissant les rochers sur leur passage débouchant par endroits dans la mer, où l'argile à blocaux se mélangeait, coh celle d'Angleterre, avec des graviers à coquilles arctiques. Sa limite méridiooè est voisine du 59e parallèle. Ce dépôt a labouré les anciennes forêts qui envraient le pays à la fin de l'époque tertiaire et dont les débris sont enfouis à a base sous forme tourbeuse. Les blocs erratiques ont parcouru parfois des & tances de 1500 kilomètres et des morceaux de cuivre natif, originaires dn 1* Supérieur, se rencontrent jusque dans les États d'Indiana et d'Illinois.

La mer et les glaces flottantes ont certainement joué un rôle dans la diffusai du drift américain. Les preuves en sont nombreuses sur la côte du Labrador, m plus d'une strie a dû être produite par le frottement des graviers enchâssés à b base des glaces côtières.

Œsar. — Une des particularités des régions boréales où se rencontre le boulder-clay est la présence de traînées de cailloux et de graviers, formant de* digues longitudinales connues, en Scandinavie, sous le nom d'œsar, dans l'Écos* et l'Irlande sous ceux de kames et d'eskers. Ces traînées peuvent résulter duremaniement par les eaux d'anciennes moraines, lors des mouvements divers que \t sol a éprouvés depuis le commencement de l'époque glaciaire. Mais il est desc* où leur origine peut être expliquée par comparaison avec les circonstances #tuelles de la côte septentrionale américaine. Là, des nappes de glace solide sorti quelquefois recouvertes par des graviers avec restes d'Elephas et détritus vêir**taux (1). Des ravinements entament ces nappes jusqu'à une certaine profondeur, en y découpant tout un système de vallées, et si, quelque jour, la glace vient ;« fondre, les graviers qu'elle portait formeront, en s'affaissant, des levées aligner comme les césar.

Plages «oulevée*. — Les graviers à coquilles marines, plus ou moins subordonnés au boulder-clay, font partie d'un ensemble de formations particulièrenient répandues dans les pays du Nord et connues sous le nom de plages soulevées (raised beaehes). Avec celles que nous avons déjà citées en Grande-Bretagf** les plus connues sont celles d'Uddevalla en Suède et de Beauport aux environs de Ouéber. Les coquilles de ces gisements, dont l'altitude varie de 50 à 200™, ont un caractère très décidément arctique.

On a quelquefois rangé dans la même catégorie des plages de galets marins qu'on observe sur les côtes de la Manche, par exemple dans le Marquenterre, entre la Somme et la Canche, ou encore aux environs de Sangatte et de Wissant (Pasde-Calais). Mais il importe ici de faire une réserve. Le cordon littoral du Marti) v. antè, p. 296.

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