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CHRONOLOGIE DES ÉRUPTIONS

pression, dans des conditions analogues à celles des volcans actuels, les gaz et la vapeur d'eau ont joué un rôle dans la constitution définitive des produits. Le caractère igné s'y accuse d'ailleurs beaucoup plus franchement et se traduit quelquefois de la manière la plus nette par la cuisson que les roches encaissantes ont subie. Ainsi des sables ont été vitrifiés et des argiles ont été transformées en porcelanita ou thermantides au contact de nappes ou de filons basaltiques.

Différences originelles des deux série*. — C'est pourquoi, sans nier que les dernières éruptions de la série ancienne, celles qui correspondent au trias et au permien, peut-être même au carbonifère, aient pu, jusqu'à un certain point, revêtir le caractère volcanique, nous pensons que cette épithète, qui implique l'idée d'émissions subaériennes et de projections violentes, convient surtout à la série moderne. C'est sans aucun droit qu'on voudrait l'appliquer aux épanchements granitiques, en attribuant à un métamorphisme ultérieur les différences si tranchées qui séparent leurs produits de ceux que rejettent les volcans actuels. Les cailloux de granité, dans quelque assise sédimentaire qu'on les rencontre, offrent toujours une composition et une texture identiques avec celles de la même roche, dans les grands massifs où on l'observe en place. A cet égard, les conglomérats siluriens, dévoniens ou carbonifères ne se distinguent en rien des brèches et des poudingues tertiaires, ce qui permet d'affirmer qu'à part quelques phénomènes superficiels d'altération, les roches granitiques n'ont i subi, depuis leur sortie, aucune modification. Leur constitution est donc ori- , ginelle et date du moment même où les masses épanchées ont pris l'état solide. l Par suite, les circonstances de la consolidation, combinées avec la nature l propre des émissions, peuvent seules rendre compte des différences constatées, i et c'est vraisemblablement parce que ces deux sortes d'éléments ont différé l suivant les périodes, que les roches de la série ancienne se distinguent si cora- I plètement de celles qui sont venues plus tard (1). A vrai dire, la genèse de ces roches est encore un mystère. Jusqu'ici les essais de reproduction artificielle } n'ont jamais réussi à donner quoi que ce soit d'analogue à un granité ou à un f porphyre, tandis que, par la voie ignée et à la faveur d'un refroidissement gradué, MM. Fouqué et Michel-Lévy ont pu obtenir du basalte, de Ja dolérite et de l'ophite. L'étude des inclusions liquides du quartz, dans les roches anciennes, n'indique pas que la température de leur consolidation ait dû être extrêmement élevée. Les. caractères optiques du feldspath y sont ceux des espèces formées par la voie humide et s'altèrent sensiblement si on soumet le miné-rai à une cuisson. On doit donc penser que les types acides et neutres de la série ancienne ont pris naissance dans des conditions tout à fait spéciales, où, comme nous le disions plus haut, la pression et, sans doute aussi, les dissol-

(1) On a quelquefois employé l'épithète de plutoniques pour distinguer les roches éruptives anciennes, granités, porphyres, etc. Mais ce mot, qui semble accorder la prééminence à l'action ignée, ne nous parait pas heureusement choisi pour une classe de roches où l'influence thermique est en quelque sorte voilée par celle des dissolvants.

ROCHES ÉRCPTIYES.

vantx, c'est-à-dire les alcalis, le chlore, le fluor, le phosphore, etc., ont jo rôle dominant. Au contraire, dans la série moderne, l'action du feu se n prépondérante et si les dissolvants n'ont pas fait entièrement défaut, corn témoignent encore de nos jours les émanations acides et alcalines des fumei du moins leur rôle a été singulièrement effacé. Le feldspath y est toujou treux, souvent fendillé et la valeur de l'angle de ses axes optiques atteste I vention d'une température élevée. Le quartz est fréquemment A l'étal d dymile, c'est-à-dire avec la densité de la silice obtenue par voie sèche, doute le quartz hyalin proprement dit se montre aussi, et souvent en dauce, dans certaines variétés. Hais il ne faut pas oublier qu'avant leur i au jour les roches éruplives ont dû faire un séjour plus ou moins pro dans leurs canaux d'ascension. De la sorte, leur consolidation a été progt et l'on y peut distinguer plusieurs stades, dont les premiers devaient être c lèrisès par une pression beaucoup plus forte que celle qui a présidé à 1' chement définitif. Une telle pression, en maintenant les dissolvants, ëta nature à favoriser la cristallisation préalable de certains éléments, destinés ; entraînés avec le reste de la masse demeurée liquide. Ainsi les diverses pu larités de la texture des roches doivent s'expliquer par les circonstances n pies que chacune d'elles a traversées avant sa consolidation totale.

Principe de I* daul Beat Ion dee éruption* naclemnee. — Les r éruptives anciennes forment une série remarquablement ordonnée, où la vari des types acides permet de constater une diminution progressive dans lu sance de cristallisation. Cet affaiblissement, qu'Élie de Beau mont a lèpre mis en lumière (1), en dressant le catalogue des corps simples renfermés dai émanations de dates diverse*, se traduit, comme l'a mon I ré H. Michel-Lén le mode, de moins en moins distinct, d'individualisation de la silice ami en excès dans la pille. Au début, cet excès cristallise largement dans les gra. Ilienlot la silice s'isole en grains ou en cristaux dans les yraimlite* et les pe Met. Puis le grain de la piite devient plus fin et les porphyres, d'abord g totde*. passent à l'état de micrapegmtilites el île nticrograutititet, eu aller que la silice se contente de s'isoler, comme dans les eu rites, en auréoles sphérolilhes ou, comme dans les derniers porphyres quartzifèros, les pyr rides et les jiechstrins, en traînées pétrosiliceuses el en veinules calcédoine avec apparition de la texture lluidale. En conséquence, la série des érup anciennes peut se diviser en périodes de la manière suivante :

Périodes ■'mptlve*. — 1° Période granitique, essentiellement cambrit mais pouvant se poursuivre jusqu'au silurien inférieur el itiènic au delà, ce en témoigne le métamorphisme de contact dû au granité. La syénite, la di et le gabbro sont les types neutres el basiques de celie période, où il sei aussi que la texture porpliyrique commence à s'essayer dans certaines n> problématiques, plutôt tufacées que franchement éruplives, les porphyroide

[ I Soie tur In émanation* rolratiiquet et métallifère*.

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