‹ Traité de géologieChapitre 483 sur 533 · MASSIFS ÉRUPTIFS DIVERS · texte numérisé non relu

MASSIFS ÉRUPTIFS DIVERS

Grande-Bretagne. — L'île d'Arran, sur la côte d'Ecosse, laisse voir un puissant massif granitique qui surgit au milieu des schistes du silurien inférieur, dans lesquels il envoie, non seulement des filons, mais tout un réseau serré de fines veinules de quelques millimètres de puissance. De même, le granité de Glen Tilt pénètre en filons à travers un calcaire qu'il change en une roche compacte à cassure esquilleuse, tandis que le schiste argileux subordonné se transforme en amphiboloschiste (2).

(1) Compta rendus y XCI, p. 1000.

(2) Mac Culloch in LyelJ, Eléments, 1865, p. 703.

1142 RUCHES ÊROPTiVES.

Les diabaset et leurs tufs abondent au milieu du silurien anglais, en «webs régulières dont l'ensemble atteint, dans le pays de Galles, une très grande puissance. Ajoutons que les géologues anglais ont décrit sous le nom de lava et cendre* feldspalhiquet des couches subordonnées aux assises primaires, qu'ib supposent avoir été formées à la manière des épanchements volcaniques et qni. peut-être, se relient à la famille des porpkyroida de l'Arienne.

Le granité granuliUque a mica blanc forme, en Cornons il les, plusieurs massifs alignés en une seule chaîne, dirigée de l'E. N. E. a l'O. S. O. et Imcnat les schistes devoniens dits killat, où le granité envoie de nombreux filons, a contact desquels le schiste est devenu amphibolique. A cette roche son! » sociés des filons A'elvan, c'est-à-dire d'une granulite porphyroîde et des gisements slannifères, sur lesquels nous aurons l'occasion de revenir. C'est à h granulite qu'appartient le massif de Dartmoor, dans le Devonshire, dont de b Bêche a depuis longtemps décrit l'influence sur les schistes et grauwackes, laaUt devenus micacés, tantôt changes en cornéennes xonèes. D'après Murchison, cette granulite de Dartmoor pénètre en filons dans le dévonien supérieur.

Les roches porphyriques sont nombreuses dans le terrain bouiller de l'Angleterre, où elles ont été désignées sous les noms de wkinsioxa, toadttamem, grttxrock», trappt, etc. Ces dénominations s'appliquent tantôt à des ortkophgrcs, lanWt à des trappt véritables et à des porphyrites micacées. La plupart de ces roches. d'après M. Jukes, sont contemporaines du terrain bouiller supérieur et ne Inversent pas les couches permiennes.

Tfrwi ■■ J-*atTrri* — La série éruplive du Tyrol méridional offre un très grand intérêt, non seulement a cause de la variété d'allure et de composition des roche» qui la constituent, mais parce que leur épanchement paraît avoir forme le dernier terme de l'activité éruplive ancienne en Europe (II. Si l'on met à part le porphyre quarlzifère, certainement permien, des environs de Grôden. c'est i l'époque du muschelkalk supérieur, après le dépôt du calcaire de Btielifiisleio. que se sont épanchées les roches du Tyrol méridional, dont la succession, par ordre d'ancienneté, est la suivante : I" monzonile: 0* granulite à tourmaline. 5" métaphyre et fiorphyre pyroxéniqite : 4* porphyrite à orlhote et à litbtné ri te.

La monzonile est une syénile, assez variable de composition et généralement pourvue de fer oxydulé. Elle envoie dons le muschelk.il k, aux environs de Predazzo, des filons très nets, au contact desquels le calcaire s'est Iranformé ea marbre saccharoide, avec lamelles de brucite et concentration de serpentine sur les sa I bandes. En outre, il s'y est développé de nombreux minéraux de contact, idor.rase. fassaile, gehlénile. etc.

La granulileà tourmaline, dont l 'affleurement est très restreint, est une roche

H 'Voir Bichlhofen. Gtoynottithe Hnchrrtbung rtrr Lmyryendton Prrdn:;o. ISTo. — Iw!tVi. lahrt.. il. k. k. geot. Hrithiauitall. XXV. p. 21S; — de La p parmi. AmnnUt .i~, Mttt. fr ïêrw, Tl.p. 199.

à feldspath rouge-chair, avec tourmaline en agrégats fibreux et radiés. Cette roche, qui contient 71 % de silice, envoie, selon M. de Richlhofen, des filons dans la monzonite. D'après M. Tschermak, elle joue, relativement aux porphyres augi tiques, le même rôle que les porphyres quartziféres qui accompagnent l'épanchement des mélaphyres permiens.

Les porphyres augitiques, dans lesquels l' augi te a fréquemment passé à l'état à'our alite, sont quelquefois amygdaloïdes, avec de belles géodes remplies d'anal* cime, de laumonite, de stilbite, de datholithe, etc, De nombreux tufs y sont subordonnés, offrant tous les passages possibles depuis le porphyre compact jusqu'à une roche meuble se réduisant en poudre fine.

Le mélaphyre est en filons ou en masses filoniennes, traversant nettement la monzonite.

Allemagne. Granité, granullte et diabase. — AUX environs d'Andreasberg,

dans le Hartz, le massif granitique du Rehberg a fait éruption à travers les schistes et grauwackes du silurien, dont il a englobé de nombreux fragments, en même temps qu'il envoyait dans leur masse des filons et des apophyses (fig. 560). Au contact du granité, la roche encaissante a été métamorphosée en cornéenne.

D'importants massifs de granile, avec syénite associée, se montrent en Saxe, dans la région des leptynites. En outre, la granulite à mica blanc, accompagnée de pegmatite tourmalinifére, joue un rôle considérable dans l'Erzgebirge, où elle métamorphose le gneiss en gneiss rouge, en même temps qu'elle donne nais sance à des gisements de kaolin et d'oxyde d'étain.

Des nappes régulières de diabase alternent dans le Hartz avec les schistes siluriens qu'elles ont métamorphosés en cornéennes dures et compactes.

En Bohême, c'est au sommet du silurien inférieur, en compagnie des premiers schistes à graptolithes, que s'observent les coulées de diabase, parfois très peu épaisses.

Les districts dévoniens de la région rhénane se montrent très riches en coulées de diabase, accompagnées de tufs dits schalstein et alternant d'une najiière régulière avec les schistes et les calcaires du Nassau. Souvent le schalstein et des roches formées de fragments de diabase établissent un passage complet entre la roche éruptive et le calcaire à stringocéphales. Les mêmes faits s'observent dans le Hartz, le Voigtland et le Fichtelgebirge. La diorite et le gabbro partagent quelquefois ce mode de gisement.

On a fait la remarque (1) que ces intercalations de diabases, si fréquentes dans l'Allemagne occidentale, font entièrement défaut dans les affleurements dévoniens qui couvrent des surfaces considérables en Russie et en Amérique. Cela tient à ce que la sortie des roches éruptives a toujours eu lieu, non au centre des grands bassins sédimentaires, mais près de leurs bords et au voisinage des

(1) Credner, Traité de géologie, p. 408.

11U ROCHES ERDPTIYES.

massifs d'ancienne consolidation, c'est-à-dire dans la aone où non* amas Maire que devaient se concentrer les efforts de dislocation (1).

r—afcjw ; Hase, Odcnwaid. — Les éruptions porphyrûptet se sont mtttàt en Saxe dans le même ordre qu'en France, en donnant naissance à des types M à fait analogues à ceux du Plateau central. A Floha, on observe un porpfcjre quaruûrère micro-graMditiquc qui, après avoir traversé l'étage inférieur da tntème perrao- carbonifère, s'est étendu par-dessus en formant une coulée de prè de 60" de puissance, laquelle, à son tour, a été recouverte par les grès et sdâv tes de l'étage houiller supérieur. A la même catégorie appartient le beau porphyre dit ttfôtitique d'Altenberg. En outre, la Saxe possède, à Wildsruf et à PaV schappel, des porpkyrilet bleues et brunes, à plie micro lit bique, inconnues n France.

Les tuf* porphyriquet de l'Odenwald sont composés de très petits frsgsKSB gris verdiire de quartz et de mica noir en mélange intime ; en outre, il s'y bon des parties verdatres, probablement chloriteuses. La roche est traversée par sa veinules pétrosiliceuses d'un rouge brun, avec quartz amorphe (2) .

Les tufs verts rubanés se montrent très analogues aux argilophyres typiques. On y reconnaît du quartz ainsi que du feldspath et la pile contient 11 •/• de silice gélatineuse.

siéif hyriia aiUHMml*. — Le grès rouge permien de l'Allemagne est rida! en épanchementa de porphyre qvartaifère a structure fluidale, accompagné d'argtiolitket et de peckttein», et tout à fait semblable à celui des Vosges et de fa Forêt Noire, liais c'est surtout par les éruptions mâopht/riqua que se distingue le permien allemand. Le district situé au sud du Hurorûck est particulièrement remarquable sous ce rapport. Outre les nombreux filons de mélapbyre compati ou amygdaloide qui traversent le grés rouge de cette région, on y observe denappes très régulières de mélapbyre, de 60 à 70" de puissance.

Au Mansfeld, entre ftûdchen et Leimbach, la partie supérieure du grès rvoit offre des intercalations régulières de couches formées de fragments de webphyre (0g. 562), cimentés par la pâle du grès rouge. H. Credner (5) eon«idèr? ces fragmenta comme des bombet mélaphyriqun projetées par les volcan* *■ l'époque et tombées dans les lagunes où se formait le grès permien. Des piles analogues existent près de Friedriehroda, dans le Thûringerwald , ainsi que dise le nord de la Bohême.

Les mélaphyre» du Riesengebirge sont intercalés en nappes dans les couche; du grés rouge inférieur. Dans la vallée de l'Iser, on eu compte jusqu'à trois nappes, alternant avec les assises permiennes (4). Des coulées encore plus récentes recouvrent le grès rouge (fig. 559), à peine recouvertes elles-mêmes par

(1) T. anti, p. 466.

(2) Cohen in El ris? n bu «h. MikrotkopUehe Photographie, Eté., p. 101. (S) Traité de géologie, p. *5S.

(■i) Tscbenutk, Die Parp/iurgeMleine Oetterreieht, 1860.

Page 1