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ALPES. APENNINS

ont coulé dans les vallées déjà creusées, et par-dessus des couches d'alluvions. A Castel-Follit, un gravier à cailloux de quartz et de calcaire, sans aucun élément volcanique, peu élevé au-dessus du fond de la vallée, au confluent des rivières Fluvia et Teronel, supporte 40 mètres de lave basaltique divisée en cinq coulées successives. Celle du haut est scoriacée et passe, vers sa base, à un basalte sphéroïdal. Toutes les coulées inférieures sont constituées par un basalte compact, contenant du péridot et affectant une structure colomnaire bien marquée (1). Il existe aussi dans les laves, aux environs d'Olot, des cavernes dont les orifices, appelés bufadors, laissent s'échapper en été un courant d'air froid. La situation et la bonne conservation des volcans de la Catalogne s'accordent pour les faire attribuer, comme ceux d'Auvergne, aux derniers temps de l'époque quaternaire. D'ailleurs, à peu de distance, de l'autre côté des Pyrénées, s'observe le volcan d'Agde, que les îlots volcaniques des environs de Pézenas relient aux lambeaux basaltiques de Lodève, de Milhau et d'Espalion, tous alignés sur une ligne de fente N. N. E. qui va passer par le sommet du Cantal.

Alpes maritimes, vieentln. — Le porphyre dit bleuturquin de Saint-Raphaël, près Frèjus, et qui n'est autre qu'une dacite amphibolique, traverse toutes les roches de la région. On observe dans son voisinage de véritables andésites, dont on retrouve des galets dans les conglomérats nummulitiques voisins.

Des affleurements de trachyte se montrent dans les environs de Biot et d'Anlibes, où ils recouvrent le terrain à nummulites, tandis qu'eux-mêmes sont recouverts par des conglomérats miocènes.

Le Yicentin paraît avoir été, à l'époque éocène, le théâtre d'une activité éruptive qui a donné lieu à l'épanchement de roches basaltiques; ces roches, par leur enchevêtrement avec les sédiments tertiaires, ont formé le terrain calcaréotrappéen de Brongniart. S'il reste encore quelques doutes relativement à l'âge de certaines nappes qu'on a prises pour des coulées interstratifiées et qui pourraient n'être que des épanchements horizontaux d'intrusion, du moins il paraît certain que les breccioles éocènes de Ronca sont de véritables tufs. Les basaltes du Vicentin seraient ainsi les plus anciens de la série moderne.

Apennins, lllyrle, ete. — Les serpentines ont joué un rôle considérable dans les Alpes méridionales et les Apennins à l'époque de l'éocène supérieur ; la formation ophiolithique, comme l'appelle M. Taramelli, constitue des amandes au milieu des grès et des argiles du ligurien, en compagnie de tufs boueux formant ce qu'on a nommé le gabbro rosso et les argiles écailleuses ou argille scagliose. La dénomination de serpentine englobe d'ailleurs un ensemble varié de roches, parmi lesquelles on peut distinguer des ophicalces, des ophites, des euphotides et même des hypérites. 11 est vrai que toutes ces roches n'ont pas des relations strati graphiques également nettes et que, pour les belles euphotides {granitone) de la Toscane, en particulier, la détermination de l'âge ne saurai! être considérée comme définitive. Mais le même doute ne doit pas peser sur les

(1) Lyell, Eléments, 1865, p. 665.

serpentines de la Ligurie et de l'Emilie, trop intimement associées aux sédiments tertiaires pour qu'on les regarde comme les débris remaniés d'épanché» ments anciens, mécaniquement incorporés à l'éocène.

Dans la vallée supérieure du Reno, les assises nummulitiques sont percées, de distance en distance, par des dykes ou des massifs d'euphotide, qui ont poussé devant elles des fragments de tout volume de grès et de calcaire, formant ainsi de véritables conglomérats de friction. A leur contact, les argiles sont rubéfiées et transformées en jaspes, les calcaires en dolomies et en marbres serpentineux (1). Si ces particularités décèlent clairement l'âge de la venue au jour des eupbotides, elles n'indiquent pas d'une manière aussi décisive que ces roches se soient véritablement épanchées à l'état fluide à l'époque éocène. Pourtant les probabilités semblent en faveur de cette dernière opinion.

La formation ophiolithique s'étendrait en Illyrie et en Serbie où, selon M. de Mojsisovics, elle est subordonnée à une sorte de flysch dont l'âge, difficile à déterminer avec précision, est compris entre la craie et l'éocène supérieur.

Italie centrale. — Les éruptions volcaniques de l'Italie centrale sont de date relativement récente. On peut distinguer, d'après M. Ponzi (2), deux époques principales : 1° celle des monts Cimini, dont les produits, entièrement sous-marins, occupent les provinces de Yiterbe et de Gomarca, ainsi qu'une partie de celle de Frosinone, couvrant une étendue de 450 kilomètres de long sur 50 de large. Les tufs sous-marins de cette époque appartiendraient au début du quaternaire; ils reposent sur un substratum de galets, d'origine marine, dépourvus d'éléments volcaniques, et supportent une nappe de cailloux quaternaires; 2° l'époque des volcans du Latium, dont l'activité s'est manifestée après le retrait définitif des eaux de la mer et a cessé peu de temps avant la fondation de Rome.

Les laves du Latium sont surtout des leucitopliyres, transformées par l'action du chlore, au voisinage des centres d'éruption, en lave sperone. Quant aux pépériies (peperino), ce sont des tufs cimentés à froid. D'après le frère Indes (3). les tufs de la campagne romaine n'ont jamais offert le moindre vestige marin, tandis qu'ils renferment des végétaux terrestres et des débris de mammifères. On peut distinguer le tuflithoïde et homogène du Capitole, de Sainte-Agnès, etc., qui daterait du quaternaire ancien, et le tuf à scories de la Via Flaminia, lequel, avec les cailloux roulés du mont Sacré, du Ponte Molle, etc., se serait formé postérieurement à l'occupation de la contrée par l'homme et contiendrait des restes de l'âge du bronze (4).

Champs phiégreens. Vésuve. — Aux environs de Naples, l'activité volcanique s'est partagée entre la région des Champs phlégréens et celle du Vésuve. La première, à laquelle on doit aussi rattacher les îles d'ischia, Procîda, Vivara et

(1) Coquand, Traité des roches, p. 10S.

(2) Bull. Soc. géol. de France, 2e série, XXVI, p 903. (7% Bull. Soc. géol. de France, 2e série, XXVII, p. 412. (4) Manlovani, Geol. Magazine, 1878, p. 439.

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