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ITALIE. U

Nisita, est remarquable par l'absence de tout appareil central. Des cratères d'importance à peu près égale y sont en quelque sorte éparpillés sur toute la surface, dominant une plaine entièrement constituée par des tufs. Ces tufs, tantôt terreux, tantôt compacts, renferment des fragments de trachyte et de lave, ainsi que des cristaux isolés et des morceaux de ponce. La leucite y fait défaut, excepté dans le tuf qui avoisine le cratère de Rocca Monfina (1). On peut dire que l'élément qui les caractérise est la sanidine. De toutes les variétés de tufs, la plus répandue est la roche jaunâtre dite tuf du Pausilippe.

Cette formation, qui s'élève aujourd'hui jusqu'à une altitude d'environ 600m, n'a pu être amenée dans cette situation que par des mouvements du sol, car les tufs des Champs phlégréens sont sous-marins et alternent avec des marnes coquillières où presque toutes les espèces appartiennent à la faune actuelle de la Méditerranée. Au Pausilippe, on y trouve Ostrea edulis, Pectunculm glycimeris, Rostellaria pespelicani. Les mêmes marnes coquillières, dans l'île d'Ischia, couronnent les tufs jusqu'à une altitude de 500m sur les flancs de l'Epomeo.

L'épaisseur des tufs est considérable. A Naples, le tuf solide atteint 78m audessous du niveau de la mer. Ensuite on rencontre 55m de couches meubles, avec fragments de nature volcanique, alternant avec des marnes et enfin 98m de marnes coquillières marines avec tufs anciens intercalés, sans qu'on puisse affirmer pour cela qu'on ait atteint le fond de la formation.

Les tufs des Champs phlégréens paraissent avoir été contemporains de ceux des monts Cimini, c'est-à-dire que leur formation appartient vraisemblablement au début de l'époque quaternaire. Quant aux cratères, on sait que plusieurs d'entre eux, par exemple le Monte Nuovo, ont une origine tout à fait moderne.

Aux éruptions essentiellement trachytiques qui ont donné naissance aux tufs des Champs phlégréens a succédé la formation des cratères de Rocca Monfina au nord, de la Somma à l'est. De ces volcans sont sortis des leucitophyres. En outre, les laves de la Somma, agissant dans la profondeur sur les calcaires qu'elles traversaient, y ont développé des minéraux divers, idocrase, grenat mélanite, etc., qu'on retrouve sur les flancs de la montagne, parmi les blocs rejetés.

Après cette phase antéhistorique, le Vésuve s'est formé au centre de l'ancien cratère de la Somma et n'a cessé de rejeter des leucoléphrites (2), où les cristaux de leucite, beaucoup plus petits que dans les anciens leucitophyres, sont associés à l'augite et au labrador.

Iles Ponza. — Les îles Ponza, situées dans la mer Tyrrhénienne sur le prolongement de la ligne qui joint le Vultur au Vésuve et aux Champs phlégréens, offrent un développement remarquable des roches acides de la famille des liparites. L'île de Palmarola tout entière et la plus grande partie de l'île de Ponza sont formées par un conglomérat ponceux, avec tufs stratifiés et laves trachytiques, que traversent des dykes et des massifs d'une liparite très siliceuse (rhyo-

(1) Roth, der Vesuv, etc. Berlin, 1857.

(2) V. anlè, p. C04.

lithe quartzïère). Dans file de Zannone, cette liparite s'observe en contact a«ec le calcaire crétacé à hippu rites, qu'elle a métamorphosé en dolomie cristalline (i).

La roche de Ponza contient 75,46 % de silice. Celle de Palmarola, remarquable par sa structure zonée, en renferme 74,54 %• Enfin, à Zannone, on a compte jusqu'à 75,09, dont une proportion de quartz libre formant 28,4 % de la roche (2). On peut d'ailleurs recueillir des échantillons offrant tous les passages possibles entre la texture vitreuse et la texture franchement cristalline.

Les cristaux de quartz des li pari tes de Ponza contiennent, d'après M. Sorby, des inclusions liquides avec bulles, qui témoignent que ces roches ont dû se former sous une pression considérable. M. Scrope a en outre signalé la présence, dans certaines parties des liparites, de filons de quartz et de pyrite cuprifère. Cette circonstance complète l'analogie des roches de Ponza avec les rhyolithe de Hongrie, qui sont vraisemblablement du même âge; car, à Ponza, les liparites sont plus anciennes que les tufs ponceux, qui semblent contemporains de cem de l'Epomeo et des Champs phlégréens.

Ajoutons que les monts Euganéens se montrent aussi très riches en épanchements acides de la famille des liparites et des trachytes à sanidine.

îles LtpaH. — Le groupe des îles Lipari, où abondent les laves acides qui ont fait créer par Roth la dénomination de liparites, se compose de sept iles principales, entourées de plusieurs îlots, et dont les plus importantes sont Lipari, Vulcano et Stromboli. Il semble qu'il y ait eu à l'origine un grand cratère central, tel que celui de Santorin, et que, du milieu de ce cratère aujourd'hui détruit, dont Panaria représenterait un lambeau, trois fissures rayonnantes aieni donné lieu à de nouvelles éruptions, jusqu'à ce que l'activité volcanique, sur son déclin, se concentrât aux extrémités de deux de ces lignes, dans les cratères de Vulcano et du Stromboli (3).

Les matériaux de l'ancien cratère sont des laves trachytiques très cristallines, où la teneur en silice se tient entre 61 et 64 % et qui n'arrivent jamais jusqu'au type franc des liparites. Une seconde période d'activité a fourni des conglomérats, des tufs, des cendres et des laves qui toutes appartiennent à la famille trachy tique, avec 62 °/o de silice. Les tufs contiennent des empreintes végétales appartenant au pliocène. Ils ont été traversés par des émanations sulfureuses, qui y ont fait naître des filons de gypse avec divers sulfates de fer.

Enfin les éruptions modernes des iles Lipari donnent lieu à un partage remarquable entre les deux bouches volcaniques de Vulcano et du Stromboli. Tandis que ce dernier émet des laves nettement basiques, de la famille des basaltes et <!es dolentes, avec 50 % de silice, les laves de Lipari et de Vulcano sont extraort inairement siliceuses et tendent constamment vers la texture vitreuse ; quelques-

(1) Poulett Scrope. — Judd, Geol. Magazine, 1875, p. 301.

(2) Abich in Judd, toc. cil.

(3) Voir Judd, Geol. Magazine, 1875, p. 6.

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