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SYSTÈMES DE MONTAGNES

1 Car c'est surtout par son action sur le relief de notre planète que l'énergie interne

1 du globe a fait sentir son influence» changeant le domaine respectif des terres et

1 des mers, plaçant les organismes dans des conditions nouvelles de milieu, acti-

u vant ou modérant, tour à tour, le jeu des puissances atmosphériques. Si donc l'étude des faunes et des flores suffit 4 déterminer la division de l'histoire ter-

■ restre en périodes, les grands faits orogéniques paraissent plus propres que » d'autres à marquer les limites de ces divisions.

'* Les systèmes de dislocation, dirons-nous donc volontiers en empruntant les

p& propres paroles d'Élie de Beaumont, f sont à la fois la quintessence de la topo-

i* graphie et les traces les plus caractéristiques des bouleversements que la surface

* du globe a éprouvés. Ils sont le lien naturel entre le jeu quotidien des éléments,

f déterminé par le relief actuel du sol, et les événements passés qui ont façonné

■ ce relief. En cherchant à coordonner les éléments du vaste ensemble de caraci tères par lesquels la main du temps a gravé l'histoire du globe sur sa surface, i on a trouvé que les montagnes sont les majuâcules de cet immense manuscrit et i que chaque système de montagnes en renferme un chapitre (1). j»

i A cette affirmation nous n'ajouterons qu'une réserve, que les progrès de la l science ont rendue nécessaire : c'est qu'il serait dangereux de vouloir renfermer, i dans une seule série de chapitres, le récit des événements dont notre planète a : été le théâtre et dont plus d'un n'a eu qu'un caractère épisodique, affectant

seulement une région déterminée, i Systèmes 4e MMitagMi. — Cela posé, en 1859, Élie de Beaumont évaluait , à 95, dont 60 au moins étaient réellement distincts les uns des autres, les , systèmes de dislocations déjà reconnus. Sur ce nombre, ai s'offraient avec des caractères assez nets pour qu'il en pût entreprendre la description et le classement chronologique. En 4367 (2), il admettait l'existence de 85 systèmes distincts, dont une vingtaine en dehors de l'Europe. Voici rénumération de ceux qui intéressent le plus directement nos contrées, avec l'indication de leur direction rapportée à Paris (3) :

Systèmes de la Vendée (100°) et du Finistère (74*), affectant seulement les schistes cristallins du terrain primitif et se croisant en Bretagne avec les deux systèmes suivants, ce qui permet d'apprécier les âges relatifs.

5. du Ixyngmynd (26°), constitué par des alignements de collines cambriennes, sur lesquelles les couches siluriennes reposent en discordance, et S. du Morbihan (152°], parallèle à la côte sudouest de la Bretagne et également postcanibrien.

(1) Notice sur les systèmes de montagnes, p. 3.

(2) Rapport sur les progrès de la stratigraphie, Exposition universelle de 1867.

(5) La direction d'un système est celle du grand cercle de la sphère terrestre qui coïncide le mieux, en position et en orientation, avec la moyenne des accidents parallèles dont l'ensemble forme le système. Ce grand cercle est défini en chaque point par la latitude du lieu et par l'angle que fait, en ce lieu, le grand cercle avec le méridien. Pour trouver la direction qu'aurait, à Paris, un cercle donné, il faut l'y transporter parallèlement à lui-même. Or les cercles parallèles sont tous ceux qui ont un môme équateur ; à la condition donc que la perpendiculaire abaissée de Paris sur le cercle tombe à peu près dans la partie médiane, c'est-à-dire équatoriale, de la région disloquée, il suffit, après avoir mené cette perpendiculaire, de faire passer par Paris un grand cercle qui lui soit normal. L'angle de ce dernier avec le méridien, compté de zéro à 180 degrés dans le sens des aiguilles d'une montre, est la direction cherchée.

System!

DISLOCATIONS DU GLOBE

e du Wetlmoteland tt du Huntr&ck (50"). compris entre le silurien et le derooirt: tp

nt bien marqué dans l'Engebirgfi et le Haïti.

S. dti Halloni et du collines du Bucage {10ï°), reconnu dans les Vosges méridionales rt dte minant le plissement des couches antbradtères de la Basse-Loire.

S. du Land's End (K8°), de même date, parallèle aux filons d'elvan de Co ni ouailles.

S. du Foret (103°], adecluil la prauwackc amhracirère, mais non l'étage liouiller.

S. du Nord de F Angleterre (178°), immrdiatenienl avant le grès rouge.

5. des Payt-Hat et du Sud du pays de Halles (81°). immédiatement postérieur au icdtlna.

S. du Rhin (10°), contemporain de la base du trias.

S. du Thuriageticald [VU"), entre le trias et la série jurassique.

S. du mont Seny (34°). enlre le lias cl l'oolilbe.

S. de ta CÔle-d'Or el de t'Engebirge (W°). posljurassique.

S. du mont Visa el du Pîude {lii°), séparant l'infracrétacé du crétacé.

S. det Pyrénées (117»), enlre l'éocène et le miocène.

S. de Corse et Sardaigne [174°), presque immédiatement suivi par S. du Taira el de FBrm (Rl°j, entre le tnngrien et l'aquitanien.

S. du Vercors (5°), entre l'aquitanien et la mollasse.

S. de CErymanthe (57°) et du Sancerrois (M0), a peu près de même âge.

S. des Alpes occidentale) |S4°), postmollsssique.

S. du mon! Serrai (130°;', au milieu du pliocène.

S. des Alpet principale* (71°), correspondant 4 la partie de la chaîne alpine comprise entre i Valais et l'Autriche. Ce système paraît se confondre avec l'axe volcanique méditenvnér: j» gnant l'Etna au pic de TénéritTe, lequel forme avec la direction de l'Etna au Haww-L** avec la chaîne des Andei du Chili un système volcanique trirectangulaïre.

ptloi

théorique!

i du refroidi»

■laire. Stéar

dons dl*era>ea. — Élie de Beaumonl ne s'est pas borné a un essai de déten» nation de l'âge des systèmes de montagnes. Sans se mettre en contradiction » verte avec la doctrine de la poussée verticale, professée par l'homme émûss* qu'il se plaisait à appeler son maître, il a, dès le début, indiqué la possibiK d'une action tout a Tait différente. Son mémoire de 1829(1) énonce l'idée qw* refroidissement séculaire du globe pourrait suffire à la production des ligne* relief. En effet, ce refroidissement, ayant pour conséquence nécessaire la attraction du noyau interne, introduit, entre ce dernier cl l'écorce solide, u défaut d 'équilibre qui doit amener, à de certains moments, le plissement i 1 ecorce, obligée de s'adapter aux nouvelles conditions de son support.

Mais avant que celle conception eût reçu, dans la Notice sur les systèmes de «mtagnes, les développements qui en précisaient la portée, plus d'un, affeclanl t s'en tenir à l'idée primitive de de Bucb, identifiait les soulèvement! d'Êlii"* Beaumont avec les impulsions verticales du savant allemand. C'est ainsi que? face de la théorie des soulèvements, Constant Prévost s'attachait à faire prénloii celles des affaissements, les montagnes n'étant pour lui que la résultante IotjIdu mouvement centripète général de 1 ecorce terrestre. Plus tard, d'autres géologues, surtout préoccupés de l'allure des plissements dans les pays de montagnes, devaient chercher à substituer a ces notions celle des actions horismtaies de refoulement.

* De plus, il était réservé aux progrès de l'observation de montrer qu'on aval. dans l'origine, interprété avec trop de rigueur les faits d'alignement, la direction d'une même chaîne étant susceptible de varier parfois dans des limites as"

(1) Annales des science» naturelles.

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