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CHAPITRE I

GÉNÉRALITÉS SUR LES DISLOCATIONS TERRESTRES EXPOSÉ DE LA DOCTRINE DES SOULÈVEMENTS

Première idée des soulèvements. — Les fentes dont les parois se sont tapissées de matières minérales et celles à travers lesquelles a eu lieu l'injection des roches éruptives attestent que Técorce terrestre a subi, à bien des reprises, des efforts mécaniques capables d'en déterminer la rupture. Biais c'est surtout dans les montagnes que l'influence des phénomènes de dislocation devient tout à fait apparente. Les couches stratifiées s'y montrent non seulement redressées, mais plissées, parfois renversées sur elles-mêmes et souvent découpées, par des cassures, en lambeaux dont les rapports mutuels peuvent être d'une appréciation très difficile. La plupart du temps, au centre des massifs, le terrain primitif surgit à travers les déchirures des étages sédimentaires et vient former les cimes culminantes. De la sorte, une première observation semble imposer l'idée d'une force souterraine, qui a poussé de bas en haut les couches profondes de l'écorce, en les contraignant à refouler, sur le côté, la couverture de terrains stratifiés dont elles portaient originairement le poids.

Telle est, en effet, la forme sous laquelle le phénomène des montagnes s'est offert à l'esprit du premier géologue qui ait nettement entrevu la vraie nature de ces dislocations, autrefois considérées comme des éléments primordiaux de la structure terrestre. Pour Léopold de Buch, les montagnes étaient le produit immédiat d'une impulsion verticale directe, du même ordre que celle à laquelle il attribuait la formation des cratères de soulèvement, mais dirigée suivant une

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ligne d'une certaine étendue, au lieu d'être concentrée sur un seul point. Cetb impulsion avait sa source dans la force d'expansion des vapeurs volcaniques, ei ces mêmes vapeurs, en s'introduisant dans la masse des roches soulevées, y produisaient, au dire de de Buch, les modifications connues sous le nom de mtiamorpkisme.

Principe 4e «Jreeiioa. — Si l'idée de l'impulsion Tertieale, directement provoquée par la masse fluide interne, a presque entièrement disparu de la scient*, en revanche le principe de direction n'a fait que s'y enraciner. Ce principe, qw de Buch et Werner ont eu le mérite de discerner les premiers et qu'Ëlie de B*mmont devait plus tard développer avec tant d'éclat, est vraiment la caractéristique des accidents de la surface du globe, et tous, aussi bien les fentes que les plis et les zones de relief, obéissent A cette loi, qui permet de les grouper en ijritmet, définis par leurs alignements. Il est impossible, lorsqu'on étudie la carlf d'un pays de montagnes, de n'être pas frappé du grand nombre des direction! parallèles qu'on y observe, surtout lorsqu'on s'attache à reconstituer, par b pensée, l'allure que devaient avoir les lignes de relief avant que les sprat* d'érosion en eussent compliqué les contours. La loi de direction ne comporte qu'une réserve, bien établie par les travaux des stratigraph.es modernes, c'est q* l'orientation des alignements n'est pas nécessairement constante et subit parfoê l'influence de causes plus ou moins profondes, capables de dévier le sens div lequel se manifestent les efforts de dislocation.

Age relatif. — En 1824, Léopold de Buch, se fondant sur la diversité des directions, reconnaissait en Europe quatre tyttèmes de montagnes. Bientôt Élie àe fieaufflont s'appliquait a en augmenter le nombre et, dès 1829, à Ja notion dr* systèmes, distincts les uns des autres par leur orientation, il ajoutait celle. 1"« plus féconde, de leur âge relatif. Une formation sédimentaire, se déposant lutjours en couches plus ou moins horizontales, ne peut affleurer en strates iucanées que par suite de dislocations postérieures à son dépôt. Une chaîne de montagnes est donc, comme ligne de relief, plus jeune que les assises qu'elle a redressées et plus ancienne que celles qui sont venues s'appuyer ho riz on la leu**1 contre ses flancs. El s'il arrive que le redressement d'une chaîne soit l'œuvre <fc plusieurs dislocations successives, on devra Le reconnaître à une suite de diMtfdances, mettant en contact, à plusieurs reprises, des séries de couches d'ineliwsons diverses et de moins en moins prononcées à mesure qu'on s'éloigne de l'ai* de la chaîne.

C'est a la lumière de ces principes qu'Élie de Beaumonl a entrepris la détermination de la série chronologique des systèmes de montagnes.

importance de* dlaleeatleHB terrestres. — Cette détermination offre o» importance considérable, en introduisant, dans l'histoire du globe, de* ilakt qui viennent s'intercaler au milieu de la série continue des phénomènes sédimentaires et biologiques, en même temps qu'elles rendent compte des modifications auxquelles l'activité extérieure a dû si souvent se prêter en chaque lies.

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