MONTAGNES ROCHEUSES
l'ouest, au sud du 42e parallèle, on rencontre d'abord la région des Grandes Plaines, où les couches, sensiblement horizontales, s'élèvent, sans déplacements visibles, du niveau de la mer à des altitudes de 2000 mètres, dépassées par les couches pliocènes. De là on passe brusquement à la Région des Parcs ; c'est la montagne, séparée des plaines par une bande étroite de sédiments plongeant tous vers ces dernières, tandis que leurs tranches, relevées vers la chaîne, forment des escarpements dits hogbacks ou dos de porc. A l'intérieur de la chaîne, où les couches sont à peu près concordantes depuis le cambrien jusqu'au crétacé, se montrent des dépressions ou parcs, qu'occupent des sédiments peu disloqués. Enfin au delà, et en grande partie dans le bassin du Rio Colorado, se présente la Région des Plateaux : c'est, par excellence, le pays des canons ou gorges profondes. Les couches y sont horizontales et séparées en véritables blocs y que limitent des failles ou des plis monoclinaux, se poursuivant sur de grandes étendues et offrant, suivant les cas, toutes les transitions imaginables entre les plissements et les cassures. C'est dans ce pays que se trouvent les exemples de failles les plus grandioses qui aient encore été décrits. En continuant à cheminer vers l'ouest, on arrive dans la Région du Grand Bassin. Les chaînes y sont courtes, séparées par de larges vallées d'alluvion et on y observe de puissantes coulées volcaniques. Hais ce qui domine est encore, comme dans la région précédente, le type des plates-formes sédimentaires, séparées par des plis monoclinaux.
Ensuite vient la Sierra Nevada, chaîne continue, très élevée, principalement granitique, et, avant d'atteindre le Pacifique, il faut franchir la Chaîne côtière (Coast range), formée de couches crétacées et tertiaires plissées, mais d'une étude difficile à cause de l'uniformité des roches.
La chaîne des Montagnes Rocheuses proprement dites a été soulevée après l'époque crétacée. Depuis le cambrien jusqu'aux lignites de la base du tertiaire, tous les sédiments se présentent en concordance, c'est-à-dire relevés, dans une même région, sous des angles égaux. La même concordance s'observe dans 1T t ah, où les dislocations se sont succédé entre l'éocène et le pliocène. Les grandes failles et les plis monoclinaux de l'Utah, dans le voisinage des monts Henry, ont marqué le passage de la craie à l'éocène. Mais les accidents du même genre des hauts plateaux de l'Utah et du Grand Canon du Colorado sont beaucoup plus récents, car ils ont affecté les roches volcaniques et les conglomérats pliocènes (1). Dans les monts Wahsatch, l'éocène repose en discordance sur le crétacé ; mais en outre il y a des points où les couches pliocènes sont inclinées à 60°. Enfin la chaîne côtière paraît postéocène et prépliocène. En résumé, les grandes dislocations de l'Amérique occidentale sont de date tertiaire et, en moyenne, d'autant plus récentes qu'on se rapproche du littoral du Pacifique. Les mouvements les plus énergiques seraient ceux qui ont suivi la période crétacée et qui ont été accompagnés par d'abondantes éruptions (2).
(1) Dutton, High Plateaux ofUtah, 1881.] *rj
(2) Stevenson in Wheeler't Report, 1875, p. 488. 23
DISLOCATIONS DU GLOBE