‹ Traité de géologieChapitre 528 sur 533 · CONSIDÉRATIONS SUR LA DUREE DES TEMPS OÉOLOOIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS SUR LA DUREE DES TEMPS OÉOLOOIQUES

Incertitude des évaluations de durée. — Rien ne semble plus difficile à

apprécier que la durée des temps géologiques. Tout essai de la traduire en chiffres, en se fondant sur le temps qu'exige aujourd'hui la formation d'un dépôt sédimentaire ou l'accumulation d'un massif éruptif, se heurte à cette objection, que les forces naturelles, toujours identiques dans leur essence, ont certainement dû varier dans leur mode d'action. On sait d'ailleurs que ces forces, si elles sont constamment à l'œuvre, ont des périodes de grande activité et d'autres de repos relatif, dont la durée échappe nécessairement à toute appréciation. C'est ainsi qu'on peut bien, à la rigueur, évaluer l'épaisseur moyenne des alluvions qu'une rivière dépose dans une de ses crues ; mais qui peut dire à quels intervalles les anciennes crues ont pu se produire, quand, de nos jours, on voit avec quelle irrégularités les inondations se succèdent?

11 ne faut donc admettre qu'avec une très grande réserve les résultats numériques auxquels divers auteurs ont prétendu arriver. Ce qu'on sait, c'est que la succession si variée des couches sédirnentaires et l'incessante transformation des faunes et des flores ont dû exiger un temps considérable. Ce n'est pas trop de l'évaluer en millions d'années. Mais, quand il s'agit de préciser davantage, les

(1) Geol. Magazine, 1878, p. 324.

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