RÉSUMÉ C0SM0G0N1QUE
pionniers et de mineurs/ non seulement rendent les montagnes accessibles jusqu'à leur centre, mais stratifient, à la base de leurs déjections, les métaux précieux arrachés au quartz des filons.
Alors apparaît l'homme, que sa seule constitution physique place déjà au sommet de l'embranchement des vertébrés. Cet embranchement s'était manifesté pour la première fois dans les eaux, sous la forme des poissons, dépourvus de membres antérieurs, avec leur colonne vertébrale horizontale, contenant dans son plan la ligne des yeux, et leur capacité cérébrale réduite au minimum (1). L'être qui va désormais dominer la création est destiné à une station verticale et c'est en haut que ses regards se porteront le plus volontiers. Le plan de ses yeux est à angle droit sur son épine dorsale ; la dimension relative de son cerveau est portée au maximum et c'est chez lui que les membres antérieurs, ceux qui avoisinent la tête et en exécutent les inspirations, ont reçu le plus grand développement. Rien de plus parfait ne peut donc se concevoir, et si l'on cherche quelque nouveau terme à venir, il semble qu'on ne puisse imaginer autre chose qu'une ère où dominerait Y Ame, dégagée des liens de la matière. En dehors de cette espérance, il n'y a, pour tout ce qui nous entoure, que de sombres perspectives à entrevoir. Le progrès de l'éraersion des terres boréales parait destiné â étendre de proche en proche l'influence des glaces polaires. Le soleil, dont la condensation est déjà très avancée, ne trouvera bientôt plus, dans le rétrécissement de son diamètre, une source suffisante pour l'entretien de sa chaleur et à sa surface apparaîtront de larges taches, destinées à se transformer en une écorce obscure. Le jour où l'extinction de l'astre central sera consommée, nulle réaction physique ou physiologique ne pourra plus s'accomplir sur notre terre, alors réduite à la température de l'espace et à la seule lumière des étoiles. Mais peut-être, avant d'en arriver là, aura-t-elle déjà perdu ses océans et son atmosphère, absorbés par les pores et les fissures d'une écorce dont l'épaisseur doit s'accroître chaque jour.
Le tableau qui vient d'être tracé et dans lequel éclate si bien la poursuite constamment ordonnée d'un plan aux lignes grandioses, est le résultat d'une analyse quelquefois hardie, mais toujours scientifique et appuyée sur l'observation et l'expérience. C'est systématiquement que nous nous sommes maintenu sur ce terrain et nous pensons que notre démonstration n'en aura que plus de force aux yeux de ceux qui, comme nous, voudront y chercher un témoignage en faveur de croyances supérieures, autrement importantes, il faut bien l'avouer, pour le perfectionnement de l'humanité, qu'une connaissance plus exacte du sol qu'elle foule aux pieds !
(1) Voir les belles études de M. J. Dana sur la céphalisation dans Y American Journal of Science and Arts. — Manual ofGcology, 1875, p. 596.