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RÉSUMÉ COSMOGONIQUE

neuse, animée d'un double mouvement de rotation et de concentration centripète. Dans ce cas, à la lumière de la thermodynamique, le mouvement de concentration nous apparaît comme une conséquence de la grande loi de la conservation de ï énergie, car c'est à la faveur de cette condensation qu'un système défend la provision qu'il possède contre la déperdition extérieure.

Admettant donc la conception de la nébuleuse primitive, on est conduit à diviser l'histoire terrestre en deux phases, de durées sans doute très inégales : une phase stellaire, très courte, pendant laquelle le globe, détaché de la nébuleuse solaire, s'est condensé, puis refroidi, jusqu'à ce que sa surface fût recouverte d'une écorce obscure; et une phase planétaire, qui se poursuit encore et qui est la seule dont la géologie ait à s'occuper. Le rôle de cette science commence au passage de la première phase à la seconde, alors que la réaction des fluides extérieurs sur la partie superficielle du globe a produit, dans des conditions encore mystérieuses de pression, de température et de milieu chimique, cet assemblage de couches cristallines qui forme le terrain primitif.

A partir de ce moment, ainsi que nous l'avons fait remarquer dès le début, l'activité des éléments matériels a subi sur le globe un partage définitif. Tandis que l'énergie intérieure, concentrée sous l'écorce, devait se manifester au dehors, plutôt par saccades que d'une manière continue, en plissant et en fracturant la croûte terrestre, l'énergie extérieure, ayant son principe dans l'action du soleil, combinée avec celle de la pesanteur, était destinée à subir une évolution continue par elle-même. Mais assujettie à ressentir le contre-coup des variations plus ou moins brusques de l'activité interne, cette évolution allait, elle aussi, progresser d'une manière inégale, recevant, de temps à autre, une impulsion nouvelle des phénomènes produits sous l'empire de causes profondes.

En premier lieu, l'écorce originelle, peu épaisse et mal soutenue, a dû chercher son assiette jusqu'à ce que les premiers linéaments de la géographie du globe eussent été définis. C'est alors que se sont dessinées à sa surface les zones faibles et les zones résistantes, ces dernières, sous forme d'ilôts, constituant les premiers noyaux de Yaride ou des continents, tandis que, dans les dépressions, s'accumulait l'élément liquide, à peine partagé en océans distincts.

Ce premier acte une fois accompli, la vie a pris possession du globe, non, à ce qu'il semble, d'une façon progressive et par une lente évolution d'organismes inférieurs, mais, autant qu'on en puisse juger, par l'apparition presque immédiate de types possédant toute la perfection que comportaient les circonstances ambiantes. De plus, ces types étaient les mêmes sur toute la surface terrestre, et si, pour les organismes marins, cette similitude s'explique, à la rigueur, par l'immense étendue et la libre communication de toutes les mers, du moins le caractère des premières flores continentales nous oblige à admettre une répartition de la chaleur et de la lumière tout autre que celle qui prévaut aujourd'hui. On a vu qu'à nos yeux cette répartition, produisant l'égalité absolue des climats, exigeait un soleil nébuleux et très dilaté.

HYPOTHÈSES GÉOGÉNJQUES.

Les débuts de la vie continentale ont été caractérisés par le règne à peu près exclusif de végétaux dont rien ne contrariait la croissance, se développant, par une température simplement tropicale, au sein d'une atmosphère humide, sans doute chargée de nuages, qui ne laissaient arriver à la terre que des rayons diffus. Les seuls animaux terrestres que cette végétation ait abrités sont de ceux dont les congénères actuels recherchent l'ombre et l'éclat de couleurs qui dît aujourd'hui le charme de la nature n'avait à cette époque aucune raison de se manifester.

Hais l'atmosphère se purifiait par le fait même de cette végétation et de son enfouissement dans les immenses lagunes qui bordaient des continents dont le relief était très faible et le contour encore mal défini. Les animaux terrestres apparurent, représentés par les reptiles. L'énergie intérieure, qui s'était déjà traduite, à bien des reprises, par des éruptions profondes, où la décroissance de la cristallinité atteste la diminution progressive du pouvoir des dissolvants, devint de plus en plus apte à se manifester au dehors et aboutit à une sorte de paroxysme, qui produisit les grands épanchements permiens et triasiques; après quoi le calme vint et d'abondantes émanations, suite naturelle des éruptions, tapissèrent de minéraux divers les fentes ouvertes dans l'écorce.

Durant cette ère de paix, où le travail mécanique de la sédimentation était faible, les organismes purent s'employer, sur une échelle notable, à l'accroissement de l'écorce. C'est pendant cette période que, sur la végétation terrestre, se manifestent les premiers signes d'une différenciation des climats, c'est-à-dire d'une individualisation mieux marquée de l'astre central. Hais cette transformation est lente à se produire et, longtemps encore, les pôles vont jouir d'une température clémente. Pour que ce privilège leur soit enlevé, il faudra que. de nouveau, l'activité intérieure se réveille et, faisant émerger de grandes masses continentales, imprime à l'écorce, par une série de soubresauts successifs, ce> mouvements qui porteront dans les airs les Pyrénées, les Alpes et autres grandes chaînes de montagnes. Sur le globe, enfin pourvu d'un relief qui longtemps lui avait fait défaut, les mammifères, frappés, on peut le dire, depuis leur premier* apparition, d'une sorte d'arrêt de développement, vont s'épanouir et se multiplier jusqu'à ce qu'ils trouvent leur suprême expansion dans les gigantesque proboscidiens du miocène supérieur et du pliocène. À la faveur de la variété de? conditions externes, la végétation revêt une ampleur et une diversité de formes jusqu'alors inconnues et fournit partout aux herbivores une abondante nourriture

Cependant la condensation du soleil se poursuit et, avec elle, le refroidissement des extrémités polaires. À ce moment, alors que le soulèvement des grandes chaînes vient d'élever dans les hautes régions de puissants instruments de condensation, un ensemble de circonstances encore mai expliquées imprime, dans les latitudes tempérées, une activité extraordinaire aux précipitations atmosphériques. C'est l'ère des glaciers et des grands cours d'eau, où les vallées se déblayent, où les fertiles alluvions se déposent, où les torrents, faisant ioflice de

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