ACTION DES EAUX COURANTES
8 i PRÉCIPITATION! ATMOSPHÉRIQUES. RUISSELLEMENT.
Casses de» précipitation* atmosphériques. — Les précipitations atmosphériques sont la source première de l'activité des eaux courantes. Ces précipitations ont pour origine l'évaporation dont les régions chaudes de l'Océan sont le siège; mais pour que la vapeur ainsi produite abandonne la forme gazeuze, il faut que les masses d'air qui la contiennent soient soumises à un refroidissement capable d'abaisser sensiblement leur faculté de saturation. Ce refroidissement implique le transport de ces masses dans des régions plus froides et ainsi l'histoire des précipitations atmosphériques n'est en réalité qu'un chapitre de l'histoire des vents (t).
Entre l'équateur et les tropiques, le phénomène revêt une régularité astronomique. Lorsque la terre est dans une situation telle qu'elle puisse recevoir, à l'heure de midi, les rayons tolaires sous une incidence normale (circonstance qui, pour chaque point de la bande tropicale, se réalise deux fois par an), le *oleil, dès son lever, aspire d'abondantes vapeurs. Dans l'après-midi l'orage éclate, et le soir le soleil couchant apparaît au milieu d'un ciel momentanément ras séréné. Là, c'est l'ascension verticale de la colonne d'air échauffé qui l'a fait
(1) SureU et Cézanne, Études sur hs torrents, II, p. 40.
pénétrer dans les régions froides de l'atmosphère. Cette ascension est le plu sensible au point où les vents alizés du nord-est viennent rencontrer ceux d sud-est. Les uns et les autres se sont chargés de vapeur d'eau à mesure qu'il s'approchaient de l'équateur; leur rencontre mutuelle les oblige à monte ensemble dans l'atmosphère et c'est alors qu'a lieu la condensation de la vapeui sous la forme de pluies torrentielles, parfois assez abondantes pour permettr aux marins de recueillir à la surface de l'Océan l'eau douce qui leur est néces saire. Grâce à ces pluies et à la zone des nuages sombres auxquels elles s'ali mentent, la chaleur solaire est atténuée juste au moment où elle atteindrait s plus grande valeur et c'est ainsi que la saison des pluies ou hivernage coïncid en réalité, pour les régions tropicales, avec l'été astronomique.
La zone voisine de l'équateur est seule à jouir de celte régularité dans 1 distribution des pluies; encore faut-il, en beaucoup d'endroits, compter avec de modifications locales, déterminées par la forme et le relief de la terre ferme Partout ailleurs, le phénomène des précipitations atmosphériques participe dans son origine, de la variété dont le régime des vents est susceptible, et dont nou avons suffisamment indiqué les causes pour qu'il n'y ait pas lieu d'y revenir ici
Les vents dont le point de départ est situé dans la zone équatoriale sont ceu qui amènent à la fois la plus haute température, la plus forte proportion d nuages, la plus grande abondance de précipitations et la plus petite pressioi barométrique. C'est donc à eux que la pluie doit toute sa puissance comme agen géologique. Or ces vents ayant pris naissance dans les contrées où règne 1 maximum de chaleur, il suffit qu'ils arrivent dans des latitudes plus élevée pour qu'ils y rencontrent une température impuissante à maintenir leur contir gent de vapeur. C'est ainsi que pendant l'hiver les vents de sud-ouest venar frapper les côtes européennes, sensiblement plus froides que l'atmosphère océi nique, les pluies se font sentir sur le littoral. Au contraire, en été, où les cor tinents de la zone tempérée agissent comme des réservoirs de chaleur, la vapeu d'eau apportée par les mêmes vents ne peut plus se transformer en pluie qu sur les régions montagneuses demeurées froides. Telle est la raison pour h quelle, en Europe, l'intérieur des continents reçoit son maximum de pluie dam la saison chaude, tandis que, pour le littoral, ce maximum se produit dans h saison froide.
influence de l'altitude et du relief. — Depuis qu'on a commencé à enregis trer avec soin des observations pluviométriques, on a été frappé de ce fait qui la quantité de pluie tombée augmentait en général avec l'altitude. Ainsi, d'aprè Keith Johnston, la moyenne de la pluie en Europe serait, pour les pays d< plaines, de 0m,575 par an et, pour les districts Montagneux, de lm,30. Dans h vallée du Rhin, on recueille 0m,56 àOm,58 d'eau, tandis que, sur les hautes Vosges l'eau tombée varie de lm,10 à l^SO (4).
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(1) Ch. Grad in Reclus, La Tare, II, p. 599.