FJORDS, LACS ET CIRQUES
tére» des fjord». — Nous ne saurions terminer le chapitre relatif aux os glaciaires sans faire ressortir l'étroite liaison qui les unit à certains * caractéristiques de la surface terrestre, à savoir les fjords et la plupart ie la zone tempérée froide.
î monde connaît ces profondes échancrures du littoral, désignées en et au Groenland sous le nom de fjords et par lesquelles la mer pénètre lans l'intérieur du continent en golfes étroits, diversement ramifiés. La ! représente l'un d'eux, le Sogne fjord, qui serpente en Norvège au pied
Fig. 52. — Le Sogne fjord en Norvège, par 61# lat. nord.
I glacier de Justedal. Le nombre de ces échancrures est tellement grand, »tc Scandinave, que le développement total du rivage se trouve porté à ilomètres, au lieu de 1900 qu'il devrait avoir si ces dentelures n'exiss. Le Lyse fjord s'avance à 45 kilomètres dans les terres; bien qu'en oints il n'ait que 600 mètres de largeur, ses parois atteignent 1000 à très d'élévation et, à leur pied, la sonde ne touche le fond qu'à plus de res. Un fjord est donc essentiellement une vallée profondément encaissée
tuitcheff in Reclus : la Terre, II, p. Ci.
et dans laquelle la mer pénètre. Mais ce n'est pas tout : la partie immergée du fjord ne se distingue pas, par son allure, de la partie émergée. Si, à l'aide de sondages, on réunit les éléments d'une représentation topographique, par courbes de niveau, de la portion du fjord située au dessous de la mer, on trouve
•qu'elle prolonge exactement, et sans aucune modification de pente, les Tenants émergés, en sorte que le fond du fjord, au lieu d'être plat, est un thalweg à inclinaison souvent très prononcée, formant une véritable vallée sous-marine.
Cette vallée n'a d'ailleurs pas toujours une pente continue et un grand nombre de fjords sont moins profonds à leur embouchure que dans leur intérieur. Ainsi le Hardanger fjord offre des profondeurs de 800 mètres, tandis qu'à son entrée la sonde touche le fond à 350 mètres. Dans ce fjord d'ailleurs, comme dans beaucoup d'autres, les grandes profondeurs observées sont sensiblement -•" jt plus fortes que celles de la mer du Nord, non seulement dans le voisinage de *■ la côte, mais à une assez grande distance au large.
Enfin au débouché de chaque fjord dans la mer se trouvent des chaînes d'îles caractéristiques, dont l'alignement est en général parallèle à la dernière branche- ■du fjord et qui représentent évidemment les cimes principales d'une chaîne de*hauteurs, prolongement en partie émergé des falaises du fjord.
Or cette constitution ne se concilie pas avec ce que nous savons de l'action de-»- ^J* la mer, qui peut bien dégrader ses rivages entre le niveau de la haute et de laa*^*a basse marée, mais qui est incapable de creuser de profonds sillons dans son lit. — *• On ne peut pas davantage attribuer le creusement des fjords aux cours d'eaum-^jU actuels, dont la vitesse et, par conséquent, le pouvoir d'érosion, sont complète — ^*" nient amortis aussitôt qu'ils atteignent le niveau de la mer. Une seule conclusion*"^*11 demeure admissible, c'est que ces déchirures du sol, si exactement prolongées^e*^* sous la mer, existaient à l'état de vallées continentales, lorsqu'un affaissement • ■rn'
relativement brusque du sol est venu les enfouir en partie sous la nappe océani
que. Mais cela ne suffit pas et il faut encore que, jusqu'à une époque asser^^ rapprochée de la nôtre, quelque chose ait protégé ces découpures contre Tac — -*==J" lion des vagues et celle des agents atmosphériques; autrement les uns et less*— *** autres eussent dégradé les falaises, adouci les pentes, comblé les dépressions et substitué au contour dentelé une ligne continue et régulière, comme celle qui «caractérise tous les cordons littoraux.
Effets de l'occupation des fjord» par des glacier*. — Cela posé, il est aisér
de voir que des glaciers ont seuls pu accomplir cette œuvre de protection. Nous. savons qu'un glacier excelle à déblayer la vallée qu'il occupe de tous les maté-*riaux meubles dont elle était encombrée et que, par le travail de polissage auquel il se livre sur les parois encaissantes, il les rend très peu accessibles à la dégradation par les agents atmosphériques. Supposons donc que, lors de la formation de la chaîne Scandinave, un puissant travail d'érosion, aidé par les déchirures naturelles du terrain, ait déterminé la production d'un système de vallées profondes, aboutissant à ce qui était alors la mer et qu'ensuite un accroissement