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RÉCIFS CORALLIENS

ces coralligènesavec des mollusques, des astéries, des échinides, des holothuries, des éponges et des algues.

Le bord externe du récif recevant le choc direct des vagues, c'est là que l'accroissement des coraux est le plus irrégulicr ; aussi le contour en est-il très dentelé. Quand on s'éloigne du bord dans la direction du large, on observe une chute npide de fond jusqu'à 10 ou 12 mètres, puis une pente ménagée, conduisant, à quelques encablures de distance, jusqu'aux fonds de 30 à 55 mètres, qui servent d'assiette à des coraux ; après quoi la descente devient assez abrupte et atteint bien vite des profondeurs qu'un plomb de sonde ordinaire ne peut plus mesurer. C'est généralement sur le bord externe que la plate-forme corallienne est le plus élevée. C'est aussi de ce côté qu'elle offre un revêtement de nullipores qui augmente d'autant plus sa solidité, que le dépôt calcaire formé de ces algues n'est pas, comme celui des polypiers, interrompu par des ouvertures. D'après Darwin, sur l'île de Keeling, la couche de nullipores est épaisse d'un mètre et large de six.

La largeur de la plupart des récifs, formant barrières n'excède pas quelques centaines de mètres.

léciffl latérlenr». — Du côté opposé à la pleine mer se trouve, entre une barrière corallienne et la terre ferme, une lagune presque entièrement soustraite auxagitations de l'Océan. Si les coraux s'y établissent, donnant naissance à des récifs intérieurs, on remarque que ces derniers offrent un contour moins dentelé, un profil moins abrupt et une surface plus uniformément plate que les récifs extérieurs. Ils sont plus complètement submergés à mer basse et leurs dépressions deviennent le refuge privilégié de nombreux poissons, ressource précieuse pour les habitants des îles voisines. Cette infériorité de développement, relativement aux barrières extérieures, tient en partie à ce que l'agitation de la vague est pour les coraux un élément de prospérité, en partie à ce que les formations intérieures subissent plus ou moins l'influence défavorable des eaux douces, chargées de débris, qui se rendent à la mer après avoir ruisselé sur les pentes de 'île entourée par le récif. Mais la plus grande différence entre les deux types de récifs réside dans la texture de leur masse et, pour bien l'apprécier, il convient <fe porter notre attention sur la manière dont s'élèvent les constructions coralliennes. Seulement nous dirons tout d'abord quelques mots d'un autre type, aujourd'hui beaucoup plus rare que les premiers, mais qui peut-être, à d'autres tyoques, a pu être la forme dominante de l'activité corallienne. téfiH isolés, Abrolhos. — Ce nouveau type s'observe, d'après M. Hartt(l), ^la côte du Brésil, à l'extérieur de la bordure de récifs qui entoure les îles de, 'Archipel des Abrolhos, au sud de Baliia, par 18° lat. S. Là il existe au large, î^à une assez grande distance, des récifs isolés s'épanouissant à leur commet, en forme de gros chapeaux (chapeiroes) ou plutôt de champignons. Sur une lon-

") Hartt: Gco/ogy of Brazil, in Dana, CoraU and Coral hiands, p. 140.

gueur de 15 à 16 kilomètres avec une largeur de plus de 6000 mètres, la réunion de récifs de ce genre forme recueil dit Parcel de los Abrolhos, contre lequel nombre de vaisseaux sont venus se heurter.

Dans la partie septentrionale de cette accumulation, ces especesde champignons coralliens se rapprochent au point de ne plus former qu'un immense récif, celui du Lixo, entièrement découvert à marée basse et entrecoupé de nombreuses

llaques d'eau (fig. 62).

C'est au même groupe qu'appartiennent, dans le Pacifique, les champignons

Fig. 62. — Vue ixsrspcctive du récif «lu Liio (Àbrolln>s) («l'aprés 11. Ilartl).

coralliens signalés par M. Whipple (1) au voisinage de l'île des Turcs. L'un d'eux, assis sur un fond de 15 mètres, se composait d'un tronc de 10 mètres de « hauteur et de £m, 50 de diamètre au sommet, s'èpanouissant en une masse tabu- ^ laire arrondie de 15 mètres de rayon. Souvent ces récifs s'unissent, laissant ^m entre eux des espaces creux en forme de cavernes, qui ont jusqu'à cent mètres*-. ^ de long et, quand In houle est forte, la lame au dessus de ces récifs doniu*^ naissance a un nuage d'écume produit par le choc mutuel de l'eau et de l'aii^f À dans les cavités.

Les récifs exceptionnels dont il vient d'être question ne se développent que h K où des bas-fonds se prolongent sur de grandes étendues en avant des côtes e-^ où ni la marée ni les tempêtes ne sont trop fortes.

mode de formation d'un récif. — Un récif corallien, à mer basse, offre un»f ^ surface irrégulièrement parsemée» de zoophytes et autres familles coralli gènes «^^ aux couleurs parfois très riches, croissant sur un fond de roche, jonché de menus « débris. Ces débris abondent surtout sur les récifs extérieurs; ils proviennent dfc^ la destruction que les vagues ne cessent de faire subir aux coraux vivants, des- — a truction qui, loin d'être un dommage pour la masse, contribue au contraire à sa ^ consolidation. Dune part, on a constaté que c'est sous l'influence du choc répété des vagues que les coraux se développent le mieux, dételle sorte que, dans un

(1) Mouton Society of naluval Hhtory, 1X02.

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