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FORMATIONS CORALLIENNES

loppement des espèces coralligènes est la chaleur. Ces organismes cessent d'exister partout où, dans le mois le plus froid, la température de la mer s'abaisse au-dessous de + 20°. Les formations coralliennes sont donc limitées par les deux isochiraènes de + 20°, relatives à la surface de l'Océan. Le parcours de ces deux lignes est affecté d'irrégularités que nous avons signalées plus haut en en faisant connaître la cause (1). Ainsi, tandis que, dans l'Atlantique méridionale, il y a des coraux au large de Rio-de-Janeiro, par 20° lat. S., il ne s'en trouve pas roi Iles Galapagos, situées dans le Pacifique sous Téquateur, à cause du courant froid antarctique qui longe toute la côte occidentale de l'Amérique du Sud.

La moyenne annuelle de la température pour les mers à coraux est de 23°,33 pour le Pacifique septentrional et de 2î°,2 pour le Pacifique méridional.

Dans l'espace ainsi délimité, les espèces coralligènes sont véritablement florissantes. On y peut distinguer, de part et d'autre de l'équateur, deux zones : la s. torride, limitée par l'isochimène de 2r>°,4 et la z. subtorride, de risochiinèue de 23%4 à celle de 20°. Dans la première, tous les genres coralligènes sont abondamment représentés : c'est le cas des îles Fidji. Dans la seconde, qui comprend les îles Sandwich, il n'y a pas de madréporides et les tribus des astréacés et des fungiés y comptent peu d'individus ; en revanche, les coraux plus résistants, tels que les Parités, y abondent. Le Brésil fait partie de cette zone.

Il esta remarquer que l'identité de température, entre deux points de l'Océan, n'implique par celle des organismes coralligènes. Il y a de nombreuses particularités régionales dont les conditions physiques ne suffisent pas à rendre compte rtqmne peuvent être expliquées qu'en faisant appel à l'influence du passé. Ainsi les coraux du golfe de Panama n'ont aucun des caractères de ceux des Antilles.

Condition» physiques diverse». — Après l'action de la température vient celle <k la profondeur. On a reconnu que les espèces coralligènes ne se développent pas au-dessous de vingt brasses ou 57 mètres d'eau. Au delà de cette profondeur, elles peuvent encore exister à l'état individuel, mais deviennent incapables de s associer pour construire des récifs. La cause de cette impossibilité ne doit pas être cherchée dans la température, car, dans le Pacifique moyen, la nappe située a aûinètres de la surface possède le plus souvent une température supérieure à «'.Sans doute la nécessité de l'accès de l'air et de la lumière est pour quelque chose dans cette limitation bathymétrique de la zone corallienne.

ta coraux peuvent être exposés à l'air pendant la durée de la basse nier. On eA a vu qui, à ce moment, dépassaient de 0^,1 5 le niveau de l'eau. Mais une e*u très pure leur est absolument nécessaire et ils ne peuvent croître à l'embouchure des fleuves, non plus que sur les rivages de sable ou de vase, à cause des matières solides que l'eau tient alors en suspension. L'eau douce n'est pas, par e"e-mènie, un obstacle au développement des coraux, car en vertu de sa légèreté sPécififjue,elle reste à lasurface; c'est par les sédiments qu'elle charrie d'ordinaire

que son influence peut devenir nuisible. Les animaux perforants sont pour les espèces corail igè nés un voisinage très gênant; mais les serpules ne leur font pas de mal et se contentent d'incruster les parties mortes. Enfin les coraux, ayant besoin d'une assiette, ne peuvent s'établir sur une côte abrupte.

La rapidité avec laquelle s'accroît, non un récif, mais un corail vivant, varie avec les espèces. Les madrépores, ou coraux branchus, sont ceux qui se développent le plus vite. En 1857, M. Whipple a observé, sur la quille d'un navire qui avait fait naufrage 64 ans auparavant, une branche de madrépore de 5 mètres de long, ce qui correspond à un accroissement annuel peu inférieur à 0m,08. Sur le genre Porites, M. Dana a mesuré un accroissement de 0m,038, tandis que, pour la même espèce, observée près de Taïti, MM. de Benazé et Leclère ne trouvaient que 0m,018. Une Mœandrina des côtes de Floride a donné le chiffre de 0m,025.

RÉGIFS GORALLIEMS

Ceintures et barrières 4e récifs. — On peut distinguer, avec M. Dana, les récifs coralliens proprement dits, qui bordent les côtes des îles et celles des continents et les îles coralliennes, isolées en plein Océan, loin de toute autre terre.

Un récif corallien est un banc de rocher, construit par les coraux sur le fond de la mer dans le voisinage des côtes. L'approche d'un rivage bordé de récifs se révèle au navigateur par une ligne de brisants située au large de la terre et qui résulte de ce que la vitesse des vagues s'amortit sur cet obstacle surgissant tout à coup en travers de leur route. Le récif affleure, en général, juste à la hauteur de la basse mer.

On distingue les ceintures de récifs (fringing reefs) et les barrières de récifs (barrier-rcefs), les premières bordant immédiatement la terre ferme, tandis que

les autres en sont situées à des distances susceptibles d'atteindre , le long des côtes d'Australie, de 80 à 100 kilomètres. La figure 61 représente ces diverses formes telles qu'elles sont réalisées dans les îles Fidji. La condition des récifs est assez différente

Fig. 61. — Formations coralliennes des lies % %

Fidji. «, Goro, avec ceinture de récifs: suivant qu ils sont extérieurs, c est-à-dire re-

//. Angati, avec ceinture et barrière: c, l'ar- . j« . . « • j i i •

«•hiuei des Erphring /.,/,, avec barrières C(lvant directement le choc de la pleine mer, très ^éloignées; d, Na.iuku, Atoll avec une ou intérieurs, c'est-à-dire protégés en avant

seule pointe de rocher (d'après J. D. Dana). K °

par d'autres récifs formant barrière.

Récifs extérieurs. — Les récifs extérieurs s'élèvent environ jusqu'au tiers de

la hauteur de la marée, sauf en quelques points où l'accumulation de leurs propres

débris leur fait dépasser le niveau de la pleine nier. Leur surface n'est pas unie

et à nier basse on y observe de nombreuses flaques d'eau où prospèrent les espè-

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