‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 106 sur 483 · ATOLLS · texte numérisé non relu

ATOLLS

Plus loin, ces entassements de blocs sont recouverts de sable C3raîlieii et quelques arbrisseaux ont pu s'y installer. Enfin, dans les parties franchement émergées, le sol superficiel est un sable formé de débris de coraux et coltrré, sur iO ou i5 centimètres, par des matières organiques. A la profondeur de 0*,60 au plus, le sable est aggloméré par un ciment calcaire en une rodie compacte. Ce terrain, en apparence si peu fertile, n'en sert pas moins de support à une végétation luxuriante, au milieu de laquelle apparaissent, çà et là, quelques gros blocs calcaires ayant la même origine que ceux qui ont été précédemment décrits.

Le bord du récif qui est tourné vers la lagune est ordinairement en pente douce et prolongé par une plate-forme analogue à celle qui règne à rextérieur et où croissent parfois des coraux, quoique, le plus souvent, le fond soit uniformément de sable sans coraux vivants. Sur beaucoup de petits atolls, la plage de la lagune est formée d'une vase plastique blanche ou brune, résidu presque impalpable de la trituration des coraux.

Dans les îles coralliennes de petites dimensions, la lagune est sans profondeur et parfois même à sec, avec incrustations salines. Au contraire, si les pluies sont abondantes, l'eau douce peut finir par y prédominer.

Les lagunes des grands atolls ne contiennent que peu de récifs intérieurs et ont ordinairement un fond de sable ou de vase, à une profondeur moyenne de 55 à 60 mètres, quelquefois de 100 mètres. Leur fond est assez uniforme; la sonde y rencontre des cailloux, du sable, des coquilles et de la vase corallienne, cette dernière étant dominante. Les coraux s'y développent dans leur position normale, sans être brisés par les vagues.

Le sable corallien des récifs y forme quelquefois des dunes. D'après M. Schomburgh (1), il y en a, sur l'ile d'Anegada, dans les Indes occidentales, dont la hauteur dépasse douze mètres. Celles de l'île â'Oahu atteignent, du côté du vent, 15 ou 14 mètres ; elles sont formées par des couches successives de sable corallien, d'un centimètre d'épaisseur, dépourvues de débris coquilliei's, que le vent s'est montré impuissant à déplacer.

A l'extérieur des atolls comme au large des barrières de récifs, la profondeur de la mer augmente avec une grande rapidité. Tout près de l'angle de llle de Melia (Taïti), une sonde de 500 mètres ne rencontre pas le fond : pour l'atteindre à 1600 mètres au large, il faut descendre jusqu'à 1100 mètres. En général, la pente du fond est douce jusqu'à une distance du rivage qui varie enti*e 1 et 500 mètres; ensuite se produit une descente roide sous un angle de 40 à 50 degrés et, d'api-ès les faits observés, il est possible qu'à de grandes profondeurs l'édifice corallien ait des parois verticales ou même en surplomb.

FartlevUirités physiqiiie» des atoll*. — Un trait caractéristique des atolls est la faible proportion de terre habitable qu'ils renferment. Dans l'archipel de

(1) Journal of the royal geographical Society, H, p. 152.

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Paumotou et dans celui des îles Gilbert, cette proportion n'est que de ^. Elle est encore moindre dans les Garolines. Les îles Marshall n'offrent que i pour 100 et les îles des Pécheurs 4 pour 100 de superficie habitable. Encore cette superficie est-elle placée dans des conditions très précaires. Sans doute, grâce à Tabondance des pluies équatoriales, Teau douce n'y fait pas défaut. Le sol étant formé de sable corallien blanc, qui réfléchit la chaleur sans l'absorber, Tévaporation y est très faible et il suffit, pour atteindre la nappe d'infiltration des eaux pluviales, de creuser des puits de 2 à 3 mètres. Mais celte ressource n'en demeure pas moins précaire et ne peut suffire qu'aux seuls usages domestiques. La végétation, qui ne se compose que de plantes dont les semences ont été apportées par les vagues, les vents ou les oiseaux, est très limitée ; ainsi la flore des îles de Paumotou ne renferme pas plus de 28 ou 30 espèces. Il est vrai que dans ce nombre se trouve le cocotier, si précieux à tant d'égards et susceptible d'être utilisé A la fois pour l'alimentation, le vêtement et le logement des insulaires. Quant à la civilisation, on se figure aisément ce qu'elle peut être dans un milieu où toute agriculture est impossible et où les seules matières minérales, en dehors du carbonate de chaux, sont des fragments de pierre ponce flottés par l'océan ou des morceaux de roches dures qui «ont venus s'échouer sur la plage avec les souches d'arbres auxquelles ils étaient restés adhérents. Avant 1840, époque où ils furent visités par l'expédition de Wilkes, les naturels de l'île Bowditch ne se doutaient pas qu'il existât des êtres humains en dehors du groupe d'atolls dont leur île faisait partie.

On doit signaler l'influence assez curieuse que les îles coralliennes exercent sur le régime des courants d'air. Ces îlots, disséminés au milieu de l'Océan, au-dessus duquel les conditions de la température sont si régulières et si uniformes, deviennent comme autant de foyei*s de chaleur, dont chacun est le point de départ d'une colonne ascendante d'air chaud. Cette colonne s'élève à une hauteur considérable et suffit, quelle que soit la petitesse de l'île, pour offrir une résistance efficace au passage des vents. Ainsi d'après M. Dana, M. J. D. Hague a souvent observé, sur l'île Jarvis et les deux îlots voisins, le remarquable phénomène d'une rafale de pluie coupée en deux, dès la rencontre de l'île, parle courant vertical d'air chaud établi au-dessus du sable corallien.

Atolls secondaires. — Il est un groupe d'atolls, celui de Malhos Mahdoo, dans l'archipel des Maldives, qui offre une particularité remarquable. L'ensemble des îles dessine un grand récif annulaire discontinu qui, par sa forme, mérite proprement le nom d'atoll ; or non seulement les îlots boisés qui en constituent le bord extérieur, mais encore les îlots qui surgissent dans la lagune, sont tous individuellement constitués à l'état d'atolls, c'est-à-dire d'anneaux enfermant chacun un lac intérieur. Plusieurs de ces atolls secondaires ont de 5 à 9 kilomètres de diamètre et les lagunes y sont profondes de 5 à 6 mètres.

M. Darwin a remarqué que les grands axes des petits atolls extérieurs sont généralement alignés suivant la courbe moyenne du récif général qui les com-

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