DEGRÉS
GÉOTIIEIIMIQUFS COJtSÉCOTirS
73 mètres
On voit que, d'une station à la suivante, le degré géothermique est très variable, oscillant entre un maximum de 46™,50 et un minimum de 16". Mais ces anomalies, évidemment causées par des influences locales, disparaissent quand on opère sur une verticale suffisamment étendue. Ainsi la combinaison des observations 1 et 3 donne 30", 70, quand les observations 3 et 5 réunies donneraient 51". Ce même chiffre de 31" serait obtenu directement à Taide des observations 1 et 5 et il concorde assez exactement avec les résultats de Freyberg pour qu'on soit tenté d'y voir la véritable valeur du degré géothermique, au moins dans les latitudes moyennes de TEurope.
Cependant, d'autres mines de Cornouailles ont donné à la même époque les chiffres, fort différents des premiers, de 21",9, 27" et 24". De plus, Cwdier s'assurait par des observations personnelles que la valeur du degré géothermique, pour diverses mines, pouvait varier dans la proportion de 1 à 3 (2). Enfin les
(!) Arago, op. cit., p. 330.
(2) Mémoires de VlnêtUul, t. VII.
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obsertalions de Reich, poursuivies pendant dix-huit mois dans les mines métalliques de la Saxe, donnaient, comme résultat moyen de plus de douze mille mesures, un chiffre compris entre 12 et 45 mètres, mais à travers beaucoup d'anomalies de détail qui empêchaient d'établir une loi générale.
L'administration des mines de la Saxe ayant repris les mesures de Reich avec toutes les précautions indiquées par Texpérience acquise» on reconnut que, si le fait général de V augmentation de la température avec la profondeur et celui de la constance de la température à une profondeur donnée étaient, l'un et Tauti-e, bien établis, en revanche le degré géothermique variait, suivant les cas, entre 16*" et US"", c'est-à-dire dans la proportion de 1 à 7,4. La moyenne des nombreuses observations ainsi recueillies a été de 55"',50. 11 semble difficile, en présence de telles variations, d'attacher à ce chiffre yne grande valeur. Cependant il est remarquable que M. Henwood, à la suite de ses nombreuses études dans les mines métalliques, tant en Angleterre que dans le Nouveau Monde, soit arrivé à un chiffre très voisin du précédent, celui de 53 mètres, résumant des variations individuelles comprises entre un minimum de 19" (obtenu en Cornouailles), et un maximum de 86" (constaté au Brésil, à Minas Geraes).
Plus récemment, M. Schwartz (1) s'est livré à des expériences suivies sur l'augmenlalion de la chaleur dans les mines du district de Schemnitz en Hongrie. Il opérait en plaçant des thermomètres à mercure dans des trous de 0'",42 à 0">,79 de profondeur, pratiqués dans les parois de 58 galènes différentes, où la roche traversée était surtout formée de trachyte amphibolique. Les mines étudiées étant échelonnées à divers niveaux, le» mesures ont porté, au total, sur une verticale de 1587 mètres et le degré géothermique moyen s'est trouvé de 41'»,40, soit un accroissement de 38%5 pour la verticale en question. L'auteur a constaté du reste que d'importantes variations locales dans la température peuvent être produites par la décomposition des sulfures métalliques.
Canwes probables des variations du degré ^otherml^ue* — Les différences que présente le degré géothermique, suivant les mines où on essaye de le détenniner, sont assez sérieuses pour qu'on se préoccupe d'en chercher les causes. Or il est évident que la nature des roches encaissantes doit exercer une certaine influence sur le résultat. A supposer, en effet, comme nous l'admettons, qu'il existe dans l'intérieur du globe un réservoir de chaleur, reste de l'énergie calorifique primitive de notre planète, la communication de ce foyer avec la surface se fait par comluclibUité. Or les divei^es variétés de roches conduisent très inégalement la chaleur et, dès lors, il n'est pas surprenant que Ton ne trouve pas partout le même résultat. Les surfaces d'égale température interne doivent être d'autant plus rapprochées les unes des autres que le corps interposé est moins bon conducteur. C'est ainsi que, si l'on présente à un foyer incandescent deux tiges, l'une de métal, l'autre de bois, d'égale longueur, la
(I) Nature, \\ avril 1878. — American Journal o/ science, 3* série, XVI, p. 134.