TEMPÉRATURE DANS LES MINES
première, s*échaufTant bien plus vite que la seconde, offrira, enti'e ses deux extrémités, une distribution de température très différente de l'autre. Par suite, bien loin que la variabilité du degré géothermique puisse faire échec à Thypolhèsede la chaleur centrale, elle découle, comme une conséquence nécessaire, ilu principe même de cette théorie.
11 serait intéressant de préciser l'influence qu'exercent, à cet égard, les diverses variétés de roches, en tenant compte non seulement de leur nature, mais de leur structure, car on sait, par exemple, qu'une roche feuilletée, telle qu'un schiste, conduit beaucoup mieux la chaleur suivant le plan des feuillets que dans la direction perpendiculaire. Mais il a été fait très peu d'expériences à ce point de vue. M. Fox (1) a cependant constaté ce résultat très intéressant et, d'ailleurs, parfaitement conforme à la théorie, que le thermomètre, enfoncé dans le corps même des filons métallifères, indiquait une température supérieure de i® à 2^,8 à celle de la roche encaissante vojsine.
En dehors de ces différences de conductibilité, il faut tenir compte des perturbations que peuvent apporter, dans un point donné, soit le voisinage de sources thermales, soit une infiltration d'eaux superficielles, comme ce peut être le cas pour les mines où il existe des travaux noyés.
MiAes de houille. — Les mines de houille semblent, en général, doimer |K)ur le degré géothermique des chiffres moins élevés que les mines métalliques. Cordier, entre 1822 et 1825, n'avait trouvé que IS'^.oS pour la mine de Decize et 19'",20 pour celle de Littry. En 1819, M. Robert Bald (2), opérant sur divei^ses mines de houille situées dans les comtés de Cumberland, de Durham et de Northumberland, trouvait successivement 24"», 25", 20"», 15'",50 et 26"»,20.
11 est vrai que, plus tard, Phillips arrivait au chiffre de 33 mètres pour Newcastle, tandis que' H. Hodgkinson obtenait 59 mètres à Manchester, H. llouzeau 54 mètres en Belgique, et M. Fox 41 mèlres dans une mine de houille anglaise. Mais depuis, à Anzin, M. de Marsilly (5) a trouvé les résultats suivants :
!•' puits Chabaud-Latour. -
- Profondeur...,
. 200- — Degré géothermique.. 20-,73
l'oils Renard
Tous ces chiffres sont inférieurs à ceux des mines métalliques, et on remarquera qu'ils sont d'autant plus faibles que la profondeur du puits étudié est moindre.
En résumé, il semble permis d'admettre, jusqu'à nouvel ordre, que Taugmentalion de la température avec la profondeur est sensiblement plus rapide dans les mines de houille. Ce résultat nous parait pouvoir s'expliquer sans grande difficulté, si l'on songe que le terrain houiller est formé de couches stratifiées alternatives de schiste, de grès et de charbon, où la conductibilité est à la fois faible et inégale d'une strate à l'autre, et qui peuvent être séparées de la croûte
(1) F. Arago, op. cit., p. 330.
(2) EéUnburgh Philo*, journal, cité par Arago, op, cit., p, 333.
(3) Revue de Géologie^ Xin, 7, Paria, Savy, 1877.
cristalline primitive par une assez grande épaisseur de sédiments antérieurs à la période carbonifère. Au contraire, la plupart des mines métalliques sont des fentes ouvertes au milieu de roches cristallines, en communication plus directe, plus facile et plus ancienne avec le foyer interne dont nous admettons Texistence. La distribution des surfaces d*égale température y doit donc être à la fois plus régulière et plus large.
OBIERVATIONS FAITES A L'AIDS DES SONDAGES.
Puits artésteDs divers. — Les puits artésiens et les trous de sonde offrent un excellent moyen de déterminer la température à une profondeur donnée, pourvu qu'on isole la colonne d*eau au point observé, de manière à empêcher aussi bien la descente des eaux froides de la surface que Tascension de leau chaude du fond, et qu'on emploie des instruments de mesure spécialement adaptés à ce but, dits géothermomètres. Voici quelques-uns des résultats obtenus ;