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PROCÉDÉS EEXÀMEN DES ROCHES

séparer les feldspaths des silicates plus lourds, mica noir, pyroxène, amphibole, sphène. En ajoutant de Teau, en proportion déterminée, à cette solution, on peut composer des liqueurs de densités décroissantes à partir de 2,77. Cela fait, ayant isoléà la loupe un grain homogène de chacun des minéraux constituants d'une roche préalablement concassée, on le transporte successivement, à Taide d'un petit tube percé d'un trou, dans les diverses liqueurs types pour connaître celle dans laquelle il conunence à rester en suspension. Il est clair qu'alors, si on introduit la poudre de roche à étudier dans un appareil rempli de cette liqueur, tous les minéraux plus lourds tomberont au fond et pourront être éliminés. Il ne restera plus que le minéral qu'on se proposait d'isoler et dont l'addition ultérieure de quelques gouttes d'eau détenninera la chute.

Le grand avantage de ce procédé est de procurer la séparation des feldspaths et du quartz, devant laquelle les autres moyens avaient jusqu'à présent échoué.

Quand il s'agit de minéraux dont la densité est voisine de 5, on peut recourir à l'emploi, indiqué par H. Klein (1), du borotungstate de cadmium. Avec ce sel, dont la solution, vénéneuse mais non corrosive, a une densité de 5,28, on a réussie faire flotter des grains de péridot. Enfin, pour les minéraux très lourds, M. R. Bréon (2) s'est servi du chlorure de plomb, soit seul, soit mélangé au chlorure de zinc. Seulement, dans ce cas, on ne peut plus opérer à froid, et il faut fondre le mélange dans un creuset, à la température de 400 degi'és. Avec un mélange de 3/10 de chlorure de zinc, ayant une densité de 2,4, et de 7/iO de chlorure de plomb, de densité égale à 5, M. Bréon a pu séparer le rutile du grenat.

Procédés chimiqaes. Amwdjme totele. — L'isolement des minéraux d'une roche pulvérisée peut encore être obtenu par voie chimique. M. Fouqué a proposé dans ce but l'emploi de l'acide fluorhydrique. Cet acide, quand il est concentré, attaque d'abord les matières amorphes, puis les feldspaths, ensuite le quartz, enfin les silicates ferrugineux et, en dernier lieu, le fer oxydulé. On peut arrêter l'opération quand on veut, en ajoutant de l'eau, soit avant, soit après l'attaque des feldspaths.

De toutes manières, lorsqu'on a obtenu une certaine quantité d'un minéral homogène en poudre, il faut en venir à la détermination de sa composition chimique. L'analyse quantitative des roches appartient à un domaine très distinct de celui , de la Géologie et il serait hors de propos d'en vouloir exposer ici les principes. Nous croyons seulement devoir rappeler, d'après MM. Fouqué et Michel-Lévy (5), la marche recommandée par M. H. Sainte-Claire Deville pour l'analyse des silicates.

La substance, du poids de 5 décigranunes à 1 gramme, est fondue dans un creuset de platine avec une quantité de carbonate de chaux pur au plus égale à

(1) Comptes rendue, août 1881.

(2) Bull, de la Soc, minéral, de France, m (1880), p. 46.

(3) Minéralogie micrographique^ p. ISl. «

son poids. Après refroidissement, la masse vitreuse, pulvérisée et pesée, est humectée d*eau et traitée par 15 grammes diacide nitrique concentré. La gelée transparente qui en résulte étant calcinée jusqu*à Tapparition des vapeurs rutilantes, on fait bouillir la matière avec du nitrate d*ammoniaque, qui reconstitue le nitrate de chaux décomposé sans influer sur Talumine et l'oxyde de fer. Après décantation, la silice, Talumine et l'oxyde de fer restent sur le filtre, tandis que les nitrates alcalins et alcalino-terreux le traversent.

Le résidu insoluble étant de nouveau traité par l'acide nitrique, la silice est ainsi isolée ; s'il y a de l'acide titanique, il partage le sort de la silice, dont on le sépare par l'acide fluorhydrique. Quant au fer et à l'alumine, leur séparation s'opère par l'action de deux courants consécutifs d'hydrogène et d'acide chlorhydrique, qui enlèvent le fer sous forme de chlorure.

Il ne reste plus qu'à précipiter la chaux de la solution de nitrates à l'aide de l'oxalate d'ammoniaque, puis à transformer les nitrates restants en carbonates, pour isoler celui de magnésie, grâce à son insolubilité. La potasse et la soude sont ensuite séparées, soit par les procédés ordinaires, soit par la méthode de M. Carnot, fondée sur l'emploi des sels de bismuth.

Analyse paraelie. — Nous avons supposé que l'analyse quantitative n'était appliquée qu'à des éléments minéralogiques homogènes, préalablement triés si la roche d'où ils proviennent est complexe. Cependant il est des cas où l'analyse en bloc peut donner des indications fort utiles. Ainsi toute roche à orthose dont la teneur en silice dépasse 65,2 pour 100 contient nécessairement de la silice libre, sans doute à l'état de quartz. Une roche d'amphibole et d'ortliose possédant la même quantité moyenne de silice que ce dernier minéral, doit aussi renfermer du quartz. Enfin, dans une roche constituée par un mélange de deux feldspaths, tels que l'orthose et l'oligoclase, les proportions relatives de potasse et de soude indiqueront quelle est celle des deux espèces feldspatliiques qui prédomine. Assez souvent, en traduisant la composition moyenne par des équations d'analyse indéterminée et faisant intervenir en outre certains caractères d'observation, on peut se faire une idée assez nette de la proportion relative des éléments minéralogiques.

Essais ciitaiiqaes restreints. — On peut aussi, dans bien des cas, se con- ^ tenter d'une analyse qualitative restreinte, qui permet de se prononcer sur la nature des silicates d'une roche. Tel est le procédé de M. Boricky, fondé sur l'emploi de l'acide hydrofluosilicique. Ce réactif attaque la plupart des silicates en donnant naissance à des hydrofluosilicates qui, soumis à une douce chaleur, cristallisent suivant des formes suffisamment distinctes les unes des autres sous le microscope. Ainsi, tout d'abord, la gelée obtenue par l'attaque d'un silicate ne contenant que des alcalis est incolore, tandis qu'elle serait laiteuse s'il y avait de la chaux. Ensuite, l'hydrofluosilicate de potasse crislallise en cubes, celui de soude en prismes hexagonaux et celui de chaux en diverses formes, toutes dissymétriques. Cette méthode peut donc rendre de réels services pour

PROCÉDÉS D*EXÂ1IEN DES ROCHES. 5(il

la détermination des divers feldspaths. Elle permet bien de séparer Torthose de Talbite, celle-ci de Toligoclase et cette dernière de Tanorthite.

De son oôté, M. Szabo a imaginé une méthode basée sur la coloration que communiquent à la flamme d un bec de Bunsen les alcalis (soude et potasse), contenus dans un petit fragment du minéral à essayer (1). Pour la potasse, afin d'éliminer l'influence de la coloration due à la soude, on se sert de verres teintés en bleu de cobalt. Ce procédé, appliqué avec les précautions convenables, donne des résultats d'une précision surprenante lorsqu'on s'en tient à une même série minéralogique, comme celle des feldspaths. Il permet de séparer toutes les espèces, orthose, microcline, albite, oligoclase, labrador, anorthite, et même d'apprécier si Ton a affaire à des mélanges de labrador et d'oligoclase ou de labrador et d'anorthite. Mais il est sans application pour les pâles vitreuses non définies et il ne fait rien connaître sur la teneur en chaux.

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