DÉPOTS CBIVIQUES ET ORGANIQUES
Déi^ôta chimiques. Concrétions. — Les roclies externes d'origine purement chimique n'occupent, à la surface du globe, qu'une étendue très limitée ; on ne peut guère citer à cet égard que les meulières ou pierres de silex, tantôt compactes, tantôt caverneuses et cariées, les dépôts de geysérite ou silice hydratée, les travertins calcaires^ roches souvent caverneuses et les tufs plus ou moins terreux, produits par la précipitation du carbonate de chaux contenu dans certaines eaux, divers dépôts de fer hydroxydé ou limonitey parfois aggloméré en grains pisiformes à couches concentriques, dits pisolitheSf les amas de sel gemme, enfin ceux d'anhydrite et de gypse, qu'on peut attribuer dans la plupart des cas à la transformation de calcaires sous l'influence d'émanations sulfureuses.
Bien que ces dépôts se soient effectués dans l'eau, le caractère concrétionné l'emporte en général sur le caractère sédimentaire et beaucoup d'entre eux, au lieu de constituer des couches largement étalées, forment plutôt des amas lenticulaires.
C'est aussi aux formations d'origine chimique qu'il convient de rapporter les concrétions calcaires ou siliceuses dont certaines roches sédimentaires sont abondamment pourvues. Ces concrétions résultent de séparations moléculaires qui s'opèrent avec le temps dans les pAtes hétérogènes encore molles et par suite desquelles les éléments de même nature se concentrent en certains points déterminés. La présence de corps organiques en décomposition est, en général, favorable à ces sortes de concentrations, qui tendent aussi le plus souvent à se multiplier suivant les surfaces horizontales de dépôt. On peut citer comme exemples les sUex de la craie (chert ou flint), les phthanites ou silex noirs du calcaire carbonifère, les nodules calcaires fossilifères de beaucoup de schistes calcarifères, les nodules de fer carbonate (sphérosidérité) qui, dans le terrain houiller, se
sont fréquemment concentrés autour d'une feuille de fougère, les ménilites ou rognons de silice hydratée de certaines marnes (fig. 154), et les septaria ou concrétions calcaires des argiles, dans lesquelles le retrait a fait naître, postérieurement à la consolidation, des fentes rayonnantes ou concentriques, tapissées de matières cristallines.
Fig. 154. — Rognons de méniiite. Enfin c'est encore par suite de phénomènes chimiques qu'a eu lieu la fossilisation des restes organiques, c'est-à-dire le remplacement, total ou partid, de la substance des coquilles par celle de la roche encaissante ou par les matières venues avec les eaux d'infiltration.