‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 194 sur 483 · Assise de Harlecb ou[ Paradoxidien · texte numérisé non relu

Assise de Harlecb ou[ Paradoxidien

de Solva )

1. L'assise de Solva^ qui peut être vraiment considérée comme une zone de passage entre l'annélidien ou ardennais et le scandinavien, se subdivise en trois zones :

Mva inférieur ; phyllades et grès jaunâtres (45 mètres à St-David's), avec Plutonia Sedgwickiy Paradoxides Harknessiy Eophyton.

Solva moyen; grès schistoïdes gris, pourpres et rouges, avec Mierodiicus seul plus, Paradoxides Sdvensis, Agnostus cambrensis, Eophyton (450 mètres).

Solva supérieur; 45 mètres de couches schistoïdes grises, avec OboleUa sagiUalisj Paradoxides aurora, Conocoryphe hufo.

2. L'assise ménévienne, ainsi nommée de l'ancien nom romain de la ville de St-David's, a été distinguée en 1865 par MM. Salter et Hicks. Elle est en concordance avec l'assise précédente et comprend, sous une épaisseur de 150 mètres, formée de bancs épais de grès, avec schistes d'un bleu foncé et schistes gris, trois zones très fossilifères, savoir :

Ménévien inférieur; dalles grisâtres, ayec Paradoxides Hicksi, OboleUa sagittalis, Agnostus Davidis, Conocoryphe coronata. Ménévien moyen ; dalles noires avec Paradoxides Davidis, Agnostus Barrandei, Ménévien supérieur; grès et schistes, avec Orihis Hicksiy OboleUa sagittalis. C'est dans le ménévien que se rencontrent les trilobites du genre Erinnys.

3. L'assise de Maentvjrogy développée dans le nord du pays de Galles, et concordante avec les couches ménévieunes, auxquelles elle se lie graduellement par ses caractères pétrographiques, comprend une zone inférieure, avec Agnostm pisiformis, Olenus gWbosuSy 0. truncatus, et une zone supérieure, contenant Agnoitus pisiformis , A retictdaius , Olenus cataractes . Puissante d'environ

(1) Lapworth, loc. cit.

800 mètres, l'assise de Maenlwrog compreud des schistes bleus avec bancs de schistes et grès jaunâtres.

4. L'assise de Festiniog, constituée par des schistes micacés gris et épaisse de 600 mètres, débute par la zone à LinguleUa Davisi et à Bythotrephis, i(ue couronnent les couches à Hymenocaris vermicauda et Conocoryphe macrura.

5. L'assise de Dolgelly qui, réunie aux deux précédentes, forme l'ancien éUge des Lingtda flags, est composée surtout de schistes tendres, noirs et bleuâtres. Son épaisseur est de 180 mètres. Elle comporte, dans le nord du pays de Galles et la région des Malvern, une division en deux zones : à la base, les schistes de Rhiwfely, avec Parabolina spinulosa, OrihU lenlicularis^ AgnoUuSy Protospongia, et, au sommet, les schistes de Moel Grûn, contenant Conocoryphe invita, Agnostus triseclusy Peltura scarabœoides, Ctenopyge peclen, Sphœrophthalmus alatus.

6. Enfin l'assise de Tremadoc, qu'aucune discordance ne sépare des schistes à lingules et qui se compose de 350 mètres de grés gris schisteux, comprend une zone inférieure, à Dictyonema sociale, et une zone supérieure, à Conocoryphe depressa, où l'apparition de nouveaux trilobites, tel qu Asaphellus Homfrayi, ainsi que celle du genre Conularia, présagent déjà la faune silurienne proprement dite. M. Uicks y a trouvé des lamellibranches des genres Palœarca, Gîyptarca, Davidia, Modiolopsis, plusieurs espèces de BeUerophon, des encrines et une astérie, Palasterina Ramseyensis (1). L'ensemble de la faune est donc sensiblement plus riche que dans le reste du cambrien.

Une division tout à fait supérieure de l'assise de Tremadoc, déjà intimement liée au système silurien, est formée de 30 mètres de schistes tachés de rouge avec Angelinia, Conularia, Lingulocaris.

Dans le sud de l'Ecosse, le cambrien est représenté (2) par les grès et schistes pourprés de Eawick, renfermant Arenicolites, Protovirgularia, Protichnites et par les couches de Seikirk, grès fins et phyllades ne contenant que de rares annélides.

ScandlBavle. — Au-dessus de la série des roches primitives s'étend en Norvège un ensemble de grès et de conglomérats, constitué par des matériaux détritiques d'origine granitique et auquel Esmark a donné le nom de formation sparagmitique (3). Les fragments consistent surtout en quartz et en feldspath ; ils sont tantôt roulés, tantôt anguleux et de couleur variable. Le mica y fait défaut. Suivant les cas, les noms de conglomérat, de brèche, de grès, de quartzite, d'arkose, de grauwacke conviendraient aux couches de cette formation. Les géologues norvégiens ont trouvé plus commode d'adopter la désignation générale de sparagmite (4), en y ajoutant l'épi thète de grise ou de rouge selon la teinte dominante.

(1) Ramsay, Phyncal Geology of Great Britain, 1878, p. 66.

(2) LapworUi et Wilson, GeoL Magazine, VIII, p. 456.

(3) Tiré du grec tparagma, fragment.

(4) Kjerulf, Géologie des mittleren yorwegen, p. 127.

CÂMBRlEiN DE L^ËUROPE SEPTENTRIONALE. 665

L*ètage de la sparagmite n'a fourni jusqu'ici aucun fossile. 11 contient, à sa partie inférieure, avec des schistes noirs, une assise calcaire, dite calcaire de Biridf associée à des calcschistes et à des grés calcaires et dont la puissance est d'environ 70 mètres. Des schistes argileux s'y présentent à divers niveaux et Tensemble de l'étage atteint 700 métrés d'épaisseur au centre de la Norvège. Encore cette évaluation ne se rapporte-t-elle qu'à la partie inférieure de l'ancien étage de la sparagmite, dont la partie supérieure est aujourd'hui reconnue comme l'équivalent du terrain qui contient la faune primordiale.

D'après M. Kjerulf (1), il y a des raisons de croire que, dans le sud de la Norvège, l'étage de la sparagmite se prolonge sous la forme d'assises gneissiques, qui devraient leur constitution actuelle au métamorphisme.

Il semble donc, d'après cela, que la série dont il vient d'être question puisse être assimilée à Fensernble de l'étage ardennais.

Dans la partie méridionale de la Scandinavie, les couches cambriennes sont fossilifères et se prêtent à une division en assises. L'étage ardennais y est représenté par une formation arénacée qui comporte deux termes principaux :

L'assise inférieure, qui repose sur le gneiss et qui même, d'après une assertion d'Ângelin, contestée par M. Linnarsson, alterne à sa base avec les roches gneissiques (2), est le grès à Eophyton, Ce grès est caractérisé par diverses traces ou empreintes dont les unes peuyent être rapportées au régne végétal (Eophyton Linnœanum, E. Torelli)^ tandis que les autres (Cruziana dispar, Harlania, Arenicdites), sont probablement dues à des annélides ou à des crustacés. En Scanie, cette assise, dite grès de Lugna», est formée de 20™ d'une véritable arkose à Eophyton, que surmontent 45 à 60"* de quartzite plus ou moins congloméré.

L'assise supérieure est le grès à fucùidés, contenant, avec des traces d'algues marines et de vers, une lingule [Linguîella favosa) et un Dictyonema. En Scanie, d'après M. Lundgren (5), le grés à fucoïdes se divise en deux zones : le grès de Hardebeiga. épais de 200™, grès dur grossier à ciment quartzeux avec fucoïdes et Arenicola et, par-dessus, 15 à 16" de grauwacke schisteuse, avec phosphorite.

Dans le centre de la Suède, l'ensemble de l'étage, qu'Angelin, en 1854, avait nonuné Uegio fucoïdarum, n'a que 50™ de puissance et les traces de clapotement des vagues (ripple-marks) y abondent.

Le scandinavien se compose d'un ensemble de schistes noirs alunifères, entremêlés de quelques couches calcaires et dans lequel on distingue deux assises bien nettes : à la base, la Regio conocorypharum ou Paradoxidien et, au sommet, la Regio olenorum ou Olénidien (4).

I. La première assise, celle des schistes alunifères inféneurs ou couches à

(1) Op. cit.. p. 121.

C2) Lapworlh, Geol. Magazine, 1881, p. ?.60.

(3) Neue$ Jahrbuch, 1878, p. 609.

(4) Lapworth, loc. cil.

Paradoxidei de H. Linnarsson, comprend, de haut en bas, les zones suivantes, distinguées en Scanie par MM. Linnarsson et Tnillberg.

6. Zone des Agnostus kevigatus et Kutorgina cingulata, épaisse de i"*,50 et surmontée de S** de

schiste alunifére sans fossiles.

5. Z. à Paradoxides Forchhammeri ou Calcaire d*Andrarum, épais seulement de 1", mais très

fossililère, avec Orthis Hicksi, Obolella sagittalt*, Agnoêtus glandiformit, A. aculeatiu.

4. Z. à Parad. CElandicus, inconnue en Scanie et n'existant qu'à File d'Oeland, avec Agnoslus

regiuêt Ellipsocephaluê Ho/fi.

3. Z. à Parad. Davidis, épaisse de S*". 2. Z. à Parad. Teuini, comprenant :

c. S" de schistes à Agnoatuê rex.

b. 5",50 à 4» de schistes à Parad. Bicksi.

a. l'",50 à S*" de calcaire bitumineux, dit calcaire à Exsulane, caractérisé par Parad, palpebromê, avec Conocorypke exsulanê, Agiwstu» fallax, Obolella sagitlalis.

1. Z. à Parad. Kjerulfi; 6" de schistes avec calcaire, renfermant Lingulella Nalhorsti,

II. La deuxième assise, dite des schistes alunifères supérieurs, a été divisée par M. Linnarsson en deux séries :

A. A la base, les schistes à Olenus, comprenant de haut en bas, d'après M. Lundgren (i) :

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