Zone à Dictyonema flabelli forme
Ce qui est très remarquable, c'est la faible épaisseur des assises cambriennes en Scandinavie. Ainsi les schistes alunifères n'ont que 25" en Scanie et les schistes àOlenus n'ont souvent que 12 ou 15 mètres, ce qui n'empêche pas les horizons paléontologiques d'être bien distincts. En Norvège, l'ensemble des assises à Paradoxides et à Olenus, très concordant, quant à la faune, avec la série suédoise, n'a que 30" ; on remarque aussi, dans cette région, une tendance des zones paradoxidiennes à prendre un caractère arénacé. Elles reposent d'ailleurs sur un grès {grès quartzeux de M. Kjerulf), qui représente le grès à Eophyton.
Ajoutons, comme preuve de la localisation des bassins pendant la période cambrienne que, sur plus de 70 espèces de trilobites que renferme le cambrien de Scandinavie, il n'y en a pas quatre qui soient identiques avec les espèces du même système en Bohême. Au contraire, il y beaucoup de ressemblance entre la faune cambrienne de Suède et de Norvège et celle du Pays de Galles ; un grand nombre d'espèces leur sont communes et ces deux régions, à l'époque du cambrien, faisaient certainement partie d'un même ensemble; mais les conditions du dépêt y étaient pourtant bien différentes, puisque moins de 20™ de
(1) hoc. cit.
schistes à Olenus correspondent trait pour trait, par leur zones fossilifères, aux 1800*° de la série des Lingula flags.
WLumwêm. — On observe, entre Saint-Pétersbourg et Revel, un schiste bitumineux à Dictyonema flabeUiforme, qui semble devoir être considéré comme l^équivalent des schistes à Dictyonema de Scandinavie. Ce schiste repose sur le grès dit grh à Obolus ou à VngnliteSf lequel contient Oboltis ÀpoîîiniSy Orbicula Buchif 0, reversa, Siphonotreta unguiculata et des grains de glauconie où Ehrenberg a reconnu des moules de foraminifères. Le grés à Obolus pourrait fort bien correspondre au grès à fucoîdes ou à Eophyton, c'est-à-dire à Tétage ardennais, à moins que ce dernier ne soit représenté par Targile bleue à fucoîdes qui supporte le grès.
TTPBS FRAMÇAIS DU STSTftHB CAHBRIBM
méfloB Ardennalse. — La région des Ardenncs et spécialement la vallée de la Meuse offrent un type remarquable du système cambrien ; c'est ime puissante série de phyllades, redressés et plissés de telle sorte que Tordre de superposition est très difficile à établir, les voûtes, s*il y en a eu, ayant dû être enlevées par érosion et toutes les assises plongeant dans le même sens (fîg. 172).
Kig. 172. — Coupe du massif cambrien de Stavelot, d'après MM. Gosselet et Malaise, avec raccordement hypothétique des assises d'après Dumont. — 1, Devillien inférieur; % Devillien supérieur; 3, Revinien; 4, Salmien inférieur; 5, Salmien supérieur; 6, Poudingue dévonien.
En 1847, Dumont a établi dans ce système troia subdivisions : 1» A la base, l'étage Devillien, formé de quartzites tantôt blanchâtres, tantôt verdâtres et de phyllades violacés et verts, contenant parfois des cristaux de magnétite et de pyrite cubique. A cet étage appartiennent les ardoises violettes de Fumay, les ardoises aimantifères de Deville, où les cristaux de magnétite sont tous orientés dans le même sens et couchés dans une direction oblique sur le plan des feuillets, enfin les ardoises de Rimogne. Le quartzite de Monthermé fournit un caillou d'empierrement renommé pour sa dureté.
.2<> L'étage Revinien, constitué par des quartzites, des quartzophyllades et des schistes gris-noirs, pyritifères et charbonneux, souvent couverts d'efflorescences alumineuses, parfois pailletés de damourite.
GROUPE PROUIRË.
o<» L'étage Salmien^ consistant en phyllades verts et violets et quartzophyllades verdâtres avec quelques psammites ; c*est là que se rencontrent les phyllades oligistifères avec coticule ou novaculite (pierre à rasoirs), remplis de cristaux de grenat manganésifère.et de staurotide, et les phyllades verts ottrélitifères^ c'est-àdire dont la pâte est mouchetée de paillettes d*ottrélite^ variété de phyllite du groupe des clintonites.
L'ordre de superposition admis par Duraont a été modifié par M. Gosselet (1), qui réunit les deux étages inférieurs en un seul, sous le nom de demlloremnierty en le composant des assises suivantes :
1^ Zone des ardoises violettes de Fumay. 2® Zone des schistes noirs pyrilifères de Revin. 3° Zone des ardoises aimantifères de Deville. ¥ Zone des schistes noirs pyritifères de Bogny.
Fumer
Rcvm
Latfot
Devm»
^•ry
Fig. 173. — Coupe générale du carabrien de la vallée de la Meuse (d'après M. Gosselet). —1, Phyllades de Fumay; 2, Schistes de Revin; 3, Phyllades de Deville; 4, Schistes de Bogny. — Les lignes noires accentuées indiquent les veines ardoisières.
Cet ordre est celui qu'indique le plongement des couches, qui toutes inclinent au sud à partir de Fumay, comme le montre la figure 175. Mais M. Gosselet ne se prononce pas sur Tordre chronologique réel, attendu qu'on ignore si la série des assises est simplement redressée ou si elle est renversée. Dans ce dernier cas, ce seraient les schistes de Bogny qui formeraient l'assise la plus ancienne.
Quoi qu'il en soit, les seuls restes organiques du cambrien de l'Ardenne sont : Oldhamia antiqua et Nereites cambrensis^ trouvés dans les phyllades verdâtres à toucher gras de la bande de Fumay ; Dictyonema sociale^ recueilli à Revin et à Spa; Eophyton Linnœamim, trouvé à Stavelot et à Jalhay (2); enfin des Ungules provenant du salmien de Lierneux. M. G. Dewalque (3) a d'ailleurs signalé l'identité des ardoises de Fumay avec celles de Llanberis et la ressemblance des couches de Revin avec les Linguîa-flags. D'après cela, l'étage ardennais serait vraisemblablement représenté par la zone de Fumay et le reste pourrait correspondre à tout ou partie du scandinavien. Mais, en l'absence de preuves plus positives, cette assimilation ne peut être présentée qu'avec doute.
Le microscope montre dans les phyllades ardennais : 1® des éléments détritiques, particules de quartz, de feldspath, de mica ou d'une autre phyllite (4) ; 2<» des éléments cristallins, visibles seulement à un grossissement de 400 dia-
(1) Esqujtte géologique du nord de la France, 1880, p. 19.
(2) Malaise, Congrès international de géologie, session de Paris, 1878.
(3) Bull, Acad. royale de Belgique; 2« série, XXXVII, mai 18U.
(4) Gosselet, /oc. ciV., 10.
aMBRŒN FRANÇAIS. 669
mètres : aiguilles de staurdtide, paillettes de phyllites (mica, damourite, séricite, chlorite), rutile, quartz en grains, calcite, oligiste, pyrite, magnétite ; o* particules charbonneuses et apparences de coquilles de foraminifères. Tous ces éléments sont réunis par un ciment amorphe, sorte d'opale et les cristaux semblent avoir dû se former avant le durcissement de la pâte encaissante.
Enfin il convient de signaler la fréquence, dans le cambrien ardennais, de porphyroides (i) qui paraissent régulièrement interstratifiées au milieu des schistes, et qui peuvent être, soit des ft</i, soit dfes filons-bouches d*un porphyi^e éruptif, ayant pris une texture nibanée et parfois bréchiforme par suite des conditions spéciales de son épanchement.
AniioH4«« orl«Bt«le. — Le système cambrien est assez développé dans la péninsule armoricaine ; mais à part des Oldkamia, des Are}iicolites et d'autres traces d'annélides, il est dépourvu de fossiles qui permettent de le paralléliser avec les dépôts du pays de Galles. Dans la partie orientale et centrale de la Bretagne, la base du système est constituée par les schistes de Rennes, où Ton peut distinguer trois assises (2) : i* des schistes gris verdâtres, terreux, avec grauwackes, filons de quartz, bancs de poudingues et lits de calcaire siliceux ou magnésien; 2® des schistes roses, contenant aussi des lits calcaires; 5o des schistes verts en grandes dalles, avec grauwackes et poudingues. Ces schistes, développés aussi à Néant, dans le Morbihan, renferment Arenicolites Kenta et Oldhamia gigantea C^) , Les calcaires s'observent à Pontpéan, Les Mesliers, Emou, Amanlis, etc.
Au-dessus des schistes de Rennes apparaissent, sans aucune discordance de stratification, les schistes rouges, dont la fissilité est moins prononcée et qui, au lieu de se diviser en dalles plates, affectent des surfaces ondulées et bosselées. Ces schistes, généralement de couleur amarante, renferment des tubes désignés sous le nom de TigiUites ou Scolithus (T. linearis), ainsi que des cannelures d'origine très problématique, dont on a fait le genre Vexillum (F. Desglandei). On y peut observer, de bas en haut, la succession suivante (4) :
Schistes gris à TigiUites avec grès sombres d'un gi'is bleuâtre ; poudingues roses à gros éléments et grès ; grauwackes à TigiUites et poudingues roses ; schistes d'un rouge pourpre à TigiUites,
Les schistes rouges avec poudingues sont bien développés à Montfort-sur- Heu, où ils ont été signalés par Dalimier. Ces schistes étant recouverts, en parfaite concordance, par la base du système silurien proprement dit, il paraît assez logique d'y voir l'équivalent de l'étage scandinavien, tandis que les schistes de Rennes correspondraient à l'étage ardennais. L'absence des trilobites et autres organismes de la faune primordiale s'expliquerait par le caractère troublé des dépôts de TArmorique, qu'atteste l'abondance des poudingues grossiers. Les
(1) V. ante, p. 57«.
(2) Lebesconte, Bull. Soc. géol. de France, 21 nov. 4881.
(3) De Tromelin et Lebesconte, Bull. Soc. géol. de France, 3* série, IV, 583.
(4) Lebesconte, loc, cil.
colorations vertes et pourprées s'accordent bien, d*ailleurs, avec celles du Pays de Galles.
Arai«rl^ni« ••eUemude. — Dans rArmorique occidentale, la base du cambrien est constituée, selon H. Gh. Barrois (1), par les PkyUades verts de Douarnenez^ schistes d un vert noirâtre, talqueux, satinés, avec des bancs de quartzite et nombreux filons de quartz gras. Ges phyllades se trouvent au sud des Montagnes Noires, où ils fournissent des ardoises grossières : on les observe également à Hprlaix ; ils équivalent aux schistes de Rennes et sont parfois mâcliféres ; d'autres fois, ce sont des schistes argileux proprement dits, à grains de quartz noyés dans une pâte de mica blanc (2).
L'assise des phyllades est surmontée par celle des Poudingues et schistes rouges. Ges roches, d une couleur lie de vin très prononcée, s observent au cap de la Ghèvre, où elles sont en stratification concordante avec les phyllades sousjacents. Leur épaisseur est de 100 à 120 mètres et elles alternent avec des schistes verts. M. Barrois (3) a remarqué l'analogie de ces schistes rouges avec le système salmien des Ârdennes ; comme ce dernier, ils contiennent des bancs de cotictde avec petits cristaux de rutile. Le même observateur y signale des débris d'Olenus et des lamellibranches.
QuMtembert
AnB.
Gofupnovms
Claie R.
Malesireil
Fig. ML — Coupe de Qaeslembert à Malestroit (d'après M. de Lacvivier). — 1. granité; 2, •micaschiste; 3, schistes mAcliféreset phyllades; 4, schistes rouges et yerts avec bancs de quartxites;5, poudingue rouge ; 6, quartzite ; 7, schistes siluriens à Calyménes.
La succession paraît être la môme dans le Morbihan, où Ton peut relever (4) la coupe suivante {fig. 174) : contre le granité s appuient des phyllades satinés bleus et des schistes mâcliféres, où les cristaux de chiastolithe atteignent jusqu'à O^jOOS de côté. Puis viennent des schistes rouges lie de vin, verts, jaunes, avec quai*tzites et filons de quartz, interrompus par im massif granitique. Ges schistes paraissent s'appuyer, en vertu du renversement général de la stratification, sur une couche de poudingue rouge après laquelle vient un quartzite dur qui sépare la série cambrienne des schistes siluriens à calyménes.
RégioB BoraiaBde. Haine. — Dans le Gotentin, le système cambrien comporte, à la base, un phyllade dur, satiné, d'un gris d'ardoise bleuâtre, traversé
(1) Ch. Barrois, Ann. de la Soc. géol. du Nord, IV, p. 38.
(2) Ch. Barrois, Ann. de la Soc. géol. du Nord, VIII. (5) Communication directe de M. Barrois k l'auteur.
(4) De Lacvivier, Bull, de la Soc. géol. de France, 3* série, II, p. 505»
CANBRIEN FRANÇAIS. 671
par de fines veines de quartz et alternant avec des grauwackes dont le grain est parfois discernable. Cette roche, dite phyllade de Samt-Lô, se montre presque partout en couches verticales, avec un alignement général de Test à Touest et sa surface est altérée et argileuse sur plusieurs décimètres. Au voisinage des massifs granitiques, elle se charge de noyaux noirâtres qui deviennent des prismes de màcle ou chiastolithe, pendant que la grauwacke se transforme en une roche à paillettes alignées de mica, à laquelle on a donné le nom de îeptynolite.
Les schistes verts dits talcites chloriteux à séricite de la rade de Cherbourg pourraient n*ôtre qu une modification locale du phyllade cambrien.
Les poudingues pourprés sont très développés dans le Calvados et le Cotentin, où ils contiennent, notamment près de Granville et à Clécy, de gros noyant de quartz laiteux blanc et de lydienne noire. Ces poudingues alternent avec des schistes très finement rubanés, à zones rouges et vertes entremêlées, dont on observe un bon type aux abords de la station de Villedieu-les-Poéles. A la partie supérieure, les schistes rouges et verts renferment des lits de grès grossier, à cailloux de quartz et de lydienne, qui passent insensiblement au grès armoricain, base du silurien. Ainsi, dans le Cotentin, les schistes et poudingues pourprés, discordants en quelques points avec les phyllades de Saint-Lô (notamment à la butte de Clécy), ne représenteraient que la partie supérieure du cambrien.
Plusieurs couches calcaires assez épaisses sont intercalées dans les schistes rouges de Normandie, notamment à Laize et à Vieux. On en trouve aussi dans les phyllades. Tantôt ces calcaires sont gris; tantôt, comme à Laize, ils sont tachés de rouge et marmoréens.
Dans la Sarthe, le cambrien débute par une énorme série de phyllades et de grauwackes avec filons de quartz, dont une couche est exploitée pour ardoises près de Parennes. Au-dessus de ces phyllades, dépourvus de fossiles, vient un système de schistes avec poudingues à galets de quartz et de grauwacke, supportant des schistes avec amandes ou bancs de calcaire plus ou moins magnésien. H. Guillier (1) y a signalé des lingules, LingtUa crumena, L. Criei. Diaprés le même auteur, aux environs de Sillé-le-Guillaume, les schistes supérieurs se relient intimement au grès armoricain qui les surmonte et à la base duquel de nombreuses couches minces de schiste lie de vin alternent avec des bancs de quartzite à Lingules et à Tigillites.
piateaii ««atrai. Vjréuéem. — Le système cambrien existe certainement en plusieurs points de la bordure du Plateau central; mais ses affleurements y sont très limités et n'ont été nulle part lobjet d'une définition bien précise. Il est vraisemblable que c'est à cet étage qu'appartiennent les schistes ardoisiers de Travassac et d'Alassac, près de Brive. De même, à Saint-Léon (Allier), les schistes à séricite supportent des poudingues, des quartzites et des schistes satinés (2) où il est permis de voir l'équivalent du cambrien. H. Gruner est également
(1) Bull. soc. gioU de France, 3" série, IX, p. 574.
(2) Michel-Lévy, Bull, de la Soc. géol. de France, 3« série, IX, p. 182.
porté à y rattacher les phyllades verts qui encaissent le terrain houiller de Sainte-Foy-rArgenlière, dans le Rhône et qu'on retrouve sous le terrain tertiaire du Forez ainsi qu*aux abords de Chessy et de Sain-Bel.
Dans le massif pyrénéen, et notamment aux environs de Bagnéres-de-Luchon, on observe un système de schistes phylladiens, dont les caractères s^accordent assez bien avec ceux des assises cambriennes. Ces schistes, dont Tépaisseur n'est pas inférieure à 2000 ou 3000 mètres, forment le versant septentrional de la crête pyrénéenne, dans les vallées de la Pique et du Lys, ainsi qu'à la montée du port d'Oo. Quelquefois ils sont fissiles au point de fournir des ardoises; le plus souvent ils ont un aspect gneissique et de nombreux bancs sont chargés de mâcles ou de staurotides plus ou moins bien formées, dont le développement peut être attribué à l'influence des massifs granitiques voisins et à celle de nombreux filons de granité euritique, qui traversent ces phyllades en tous sens (1).
TTPBS ÉTRAMQBRS DITBRS DU STST^HB CAHBRIBM
BohéMe. — Au système cambrien se rapporte, en Bohême, l'ensemble des <U)uches que M. Barrande a désignées» en 1846 (2), sous les noms d'étage B et d'étage C.
Le premier, qui repose sur les schistes cristallins du terrain primitif (étage A), est formé par les schutes argileux de Mies et la grauxvacke de Przibram,
Les schistes de Mies sont essentiellement quartziféres et à texture fibreuse; le quartz y forme de nombreuses veinules dans une pâte feldspathiqoe (5). Les schistes de Przibram, qui semblent postérieurs aux précédents, sont riches en mica et colorés en gris sombre. Quant à la grau^acke, qui, à sa jonction avec les schistes, contient souvent des conglomérats, elle est composée de grains arrondis de quartz, pris dans une pâte argilo-quartzeuse, présentant par places des taches de mica et de petites parties de feldspath non décomposé. Les lits sont très nets et ont O'^tSO à 0'",60. Parfois ils sont séparés par de minces délits, exclusivement micacés, de couleur rougeâtre ou verdâtre.
Longtemps la grauwacke de Przibram a passé pour dépourvue de fossiles. En 4861, M. A. Fritsch y a découvert des traces de tubes d'annélides, qui ont été rapportées au genre Arenicolites, On a remarqué, du reste, que ce système présente une frappante analogie de composition et de couleur avec les couches de Harlech en Angleterre (4).
Au-dessus de la grauwacke de Przibram et en discordance de stratification avec elle, apparaît l'étage G.
(1) Leymerie, Descripiion det Pyrénées de la BatUe-^aronne, 1881, p. 180.
(2) Système silurien du centre de la Bohême.
(3) Michel-Lévy et Choulette, Ann. des mines, 0* série, 1869.
(4) Marr, Quarlerly Journal of ike geoL Society of London, 1880» p. 591.
Cet étage, dont la puissance varie entre 300 et 400 mètres, est constitué par des schistes argileux, contenant un peu de silice et d*oxyde de fer, nuancés de vert et de brun et possédant une fissilité marquée, indépendante de la stratification. Les fossiles y sont presque toujours recouverts d*un enduit ferrugineux jaune ou brun. Discordant relativement aux couches qui le supportent, Tétage C Test également par rapport au silurien, avec lequel il n*a pas une espèce commune. Du reste, les affleurements de Tétage forment, dans le bassin de Prague, deux bandes distinctes, Tune au nord, celle de Skrey, Tautre au sud, celle de Ginetz, et tandis que 8 espèces de trilobites sont communes aux deux gisements» il en est 27 qui sont spéciales à Tun ou à Tautre.
La faune de Tétage C, pour laquelle H. Barrande a créé le nom de faune primordiale (i), est caractérisée surtout par les paradoxides. On y remarque : Paradoxides spinoius, P. BoheinicuSy Conocephalites Sultzeri, C. striatus, EUipsocephalus Bof/i, Sao hirsuta^ Hydrocephalus^ Agnostus integer^ A» rex^ A. nudus; et, en outre, 1 ptéropode, 1 Orthis et 3 Cystidés.
D après cela, Tétage C de Bohème ne correspond qu*à la partie moyenne du système cambrien, c'est-à-dire à Tassise ménévienne, tandis que la grauwacke de Przibram serait Tèquivalent de Tétage ardennais. Il manquerait donc, dans ce pays, la partie supérieure du scandinavien, c'est-à-dire les schistes à Olentu. L'assise paradoxidienne elle-même n'y serait pas complète et son terme inférieur ferait défaut.
Mipem. Bmpm^fme. — Les dislocations dont les couches sont affectées dans le massif des Alpes suisses et tyroliennes, et le métamorphisme qui en a souvent été la suite, obligent à une certaine réserve dans la détermination de l'âge des roches schisteuses superposées au gneiss. Il semble néanmoins résulter des travaux les plus récents qu'on peut considérer comme appartenant au cambrien la plupart des assises composant ce que M. Théobald (2) a appelé les schistes de Casanna, Ce sont des schistes tantôt complètement, tantôt à demi cristallins, qui passent en bas aux gneiss et micaschistes, tandis que dans le haut ils se relient à des schistes rouges et verts dits verrucano, H. Gûmbel (3) a constaté l'intime liaison des schistes de Casanna avec les phyllades luisants des Grisons et de la vallée de l'Inn, dont l'attribution au cambrien ne lui parait pas douteuse.
En Espagne, dans la province de Séville, la série des micaschistes et des talcites est recouverte par des phyllades luisants, parfois mâclifères, que- surmontent de puissantes assises de conglomérats. Au-dessus viennent des schistes argileux, mélangés de calcaire et de grés, où l'on a rencontré le genre Archœocyathus (4), qui semble permettre l'assimilation de cette dernière série à l'étage scandinavien.
Le cambrien de la province de Ciudad Real comprend des schistes micacés et
(1) Système silurien du centre de la Bohême,
(S) Matériaux pour la carte géol. suisse. Les Grisons, 1863, p. 43.
(3) Neues Jahrbuch, 1878, p. 383.
(4) Macpherson, in neues Jahrbuch, 1879, p. 030.
M UtPAABMT, TAAITÉ DE «tfOLOGII. 43
•74 GROUPE PRUiAIRE.
«i^és, souyent màclifères ou ottrélitifères et des phyliades alternant avec des grauwackes (1) et des schistes argileux. G*est dans cette partie supérieure qu*ont été trouvés des trilobites appartenant au genre EUipsocephtduSf caractéristique de la faune primordiale.
La faune priinordiale se retrouve dans les Asturies, à la Vega, dans des schistes que recouvre le grès à bilobites et qui se prolongent jusqu'en Galice. Leurs caractères litholc^ques sont ceux des schistes de Douamenez en Bretagne. Us eontieiment les getares P(iradoxides,ConocephalUeSj Trochocystites, Lingula (2). Cette assise, épaisse de 50 à 100", contient de 20 à 60* de calcaire et un lit de minerai de fer.
Au-dessous se placent, correspondant à Tétage ardennais, les schistes de Rivades, série puissante de 3000<", de schistes et de quartzites verts, reposant sur des schistes verts avec phyliades bleus (3).
AMérHpM *i Urnrd. — La période primordiale ou cambrienne a été divisée par les géologues américains en deux époques, la plus ancienne, dite Acadienne et la plus récente ou de Potsdam.
I. L'étage acadiem est représenté à Saint-John (nouveau Brunswick) par des schistes gris et noirs, avec quelques grès. Sa puissance est d'environ 600*. Les couches ofûrent, par les rif^-markt et les traces d'annélides, un caractère littoral accentué. Leur faune comprend des Paradoxides (P. Harîani, P. Bmnetti), avec les genres Conocoryphe^ Agnostus^ Lingulella, Discina, OhcMla^ Scoli-
• tkuSf ArenicoUieê, Ecphykm. Cet ensemble parait donc l'équivalent à la fois de l'éti^e ardennais et de la zone paradoxidienne du scandinavien. (Hdkamia tadiata a été rencontré dans le Wisconsin, associé à ScoUthus linearis (4) et, dans rUe de Terre-Neuve, les couches acadiennes fossilifères reposent sur plus de 1000" de grès et de schistes argileux où M. Billings a trouvé un Armicolites,
II. Vétage de Potêdam est principalement constitué par un grès, le grès de Patidam^ contenant, surtout à la base, quelques couches de conglomérats. Ce grès, généralement dur et souvent employé pour la construction, peut être gris, jaunâtre, brun ou rouge. La stratification y est très nette et parfois le grès est en fines plaquettes. Les traces de clapotement des vagues et les trous de vers arénicoles y abondent. Ea quelques points du Canada, on y observe des empreintes dites Protichnites et considérées comme des traces de vers ou de crustacés, peut-être de trilobites. Sur la côte de Labrador, les couches du même âge sont des schistes, des grès et des calcaires de 1700* d'épaisseur.
La faune de Potsdam comprend de nombreux trilobites des genres Conocorjffàey Diedloeephahu^ Agnostuij ElUpsocephalm (Olenellus), Peltura, Illœnurta; on y trouve en outre les Leperditia TrojensiSy Lingulella prima, L. arUiqua, Obo- Idlm ummMt Tkeca gregaria^ deux espèces d*Orthoceras, un protozoaire, Archao-
(1) De Cortaxar, Boletin de la corn, del Mapa geologico, Madrid, 18S1.
(2) Ch. Barrois, Ann, toc. géoL du Nord, ÏV, p. 299, (>) Ch. Barrois, coaimunication directe à l'auteur. (4; Àmeric. Journal of êcience, 5* série, XU, p. 226.
TYPES ÉTRANGERS 0U GAMBRIEN. 675
cyathm Atianticusj un graptolithe, Dendrograptus^ le Scolithus linearis, enfin des fucoïdes, Pcdseophycus. L'ensemble de celte faune correspond bien aux schistes à lingules dans leur entier.
Dans la région des Apalaches, les chloritoschistes formant le sommet de la série primitive sont recouverts par des schistes et conglomérats dits Ocoee conglomérâtes and slates. Ces schistes paraissent faire défaqt dans le Canada, où le grès de Potsdam repose en discordance sur les tranches redressées des gneiss. Dans le Tennessee, la série des Ocoee slates^ considérée conune Téquivalent probable de Tétage acadien, a de 2500 à 3000"» d'épaisseur et supporte les grés et schistes de ChiUiowee, d'une puissance à peine inférieure. Ainsi, dès le début, la région des Apalaches se signale comme le siège d'une sédimentation active, et ce caractère se maintiendra durant les périodes suivantes jusqu'à la fin de l'ère primaire.
Ajoutons que la plus grande partie du cambrien américain correspond à ce qu'Emmons avait désigné en 1842 sous le nom de groupe laconique, ainsi qu'aux groupes qualifiés par MM. Rogers de Primai et d'Auroral dans la Pensylvanie et la Virginie.
Territoires de l'Oneirt. — Dans le territoire de Wahsatch (1), le système cambrien, qui n'a pas moins de 3500" d'épaisseur, est représenté par des schistes très siliceux, de couleur généralement claire, dépourvus de fossiles. Dans le Nevada, la partie inférieure de ce système étant formée par des quartzites compacts, on observe, au sommet, 1200"» d'un calcaire siliceux avec calcschistes, qui contient à sa base des fossiles primordiaux {Agnostus^ DiceUocephaluSj Conocephalites, CrepkephaluSj Obolella) et, à sa partie supérieure, une faune tout à fait analogue à celle de Québec. Ce calcaire, dit de Pogonipj semble donc attester que, dans l'ouest des Étals-Unis comme sur le littoral atlantique, aucune discordance ne sépare le cambrien du silurien.
La faune primordiale se rencontre encore dans les territoires de l'Utah, du Colorado et du Nouveau Mexi(jue, où elle est représentée par Agnosttis^ Conocephalites et Olenellits, associés aux Cruziana Linnarssoni et C. rustica (2).
Brésil. — Au Brésil, le système cambrien paraît exister sous la forme de grès micacés, avec schistes subordonnés et conglomérats, qu'on observe aux environs du pic d'ilaliolumy. Les schistes, à toucher onctueux et les grès contiennent souvent du fer oHgiste, soit en paillettes hexagonales, soit sous forme de Martite, c'est-à-dire en octaèdres, régulièrement disséminés dans la roche conune les octaèdres de magnétite dans les schistes aimantifères de l'Ardenne. Les grès à oligiste portent le nom d* Itabiriles. D'après M. Gorceix, ce système contient du diamant, avec rutile, anatase, tourmaline, etc.
(1) V, S, Ged. Emplaration of the 40»* paralleL Sy$temaiic Geology, by CUrence King, 1878, p. 248.
(2) yeueê Jahrbuch, 1878, p. 444.