SILURIEN DE L'EUROPE SEPTENTRIONALE
cambrien, offre un mélange des trilobites primordiaux avec ceux qui, d*ordinaire, caractérisent la {aune seconde. Ce mélange ccmtinue dans Tassise d*Arenig, ou Stiper'SUmeSf représentée, dans le comté de Merioneth, par des schistes et des grés de 250" d'épaisseur, et dans le Cumberland par les nckiites de Skiddawy exceptionnellement riches en graptolithes.
La faune comprend les genres Agnoêtus^ Asaphus, Calymene, Trinucleus, avec Lingulella Davisi, Orthù^ OboleUa, etc., et 8 espèces de lamellibranches. Mais elle est surtout remarquable par les graptolithes, qui font ici, sur le continent, leurpremiéreapparition, par les genres DidymognqHus (20 espèces), Tetragraptus^ Diplograptui^ Di^offraptusj Dendrograptiu. Les formes de Skiddaw offrent une grande analogie avec celles du groupe de Québec, en Amérique. Il est remarquable que cette première éclosion des graptolithes présente une richesse de formes qui ne sera dépassée dans aucun des horizons supérieurs.
Ajoutons que, pour quelques auteurs (1), la superposition des schistes de Skiddaw à Tétage de Tremadoc n^est pas clairement établie, de telle sorte que ces deux assises pourraient être équivalentes.
Aux environs de Saint-David*s, lassise d*Arenig se divise en trois zones (2) : 1* une zone inférieure, formée de 300*» de schiste noir avec nombreux graptolithes dendroîdes..2* une zone moyenne, de 450"* de schistes à Ogygia peltatCf Ampyx Salttri. i^ une zone supérieure, do 450" de schistes à lllcmus^ Placoparia, Barrandiaj etc.
A regard du groupe des assises de Llandeilo et de Caradoc, aucun doute n*est possible ; c'est bien la faune seconde qui s*y trouve contenue. Les schistes dominent à la base de la série et le calcaire n'y apparaît comme un membre indépendant que dans Tassise gréseuse supérieure. Les espèces caractéristiques de cet ensemble sont Aêophus tyrannus, Ogygia Buchi^ Trinuekus Caractaciy (ce dernier du grès de Caradoc), Acidaspis Jamesi^ Orthis calligramma^ Strophomena grandis j Orthocerasmendax, LitmteMcormHurietisy Murchisonia nmplex, M. subrotundata, Eucmphaba comdenns, Modiolopm expansa^ Palœarca (fInygdaliUy PaltKaêter Caractaciy etc.
L assise de Llandeilo ou de Builth contient Didymograptus Murchisoni. Le grès de Caradoc, outre les trinucles, est plus spécialement caractérisé par Calymene incerta, Orpùs veipertilio et Bellerophon h'dohatm,
H. Hicks (5) reconnaît trois zones dans l'assise de Llandeilo du comté de Pembroke; à la base, des schistes avec intercalations de roches éruptives basiques contenant, outre les genres jEglina^ Ogygia^ Trinucleus, les Didymo" grapiui Murchùani et Dijdograptus foliaceus; au milieu, des schistes calcaires avec Asaphus tyrannuSy Trinucleus Uoydi^ Calymene cawibremk; au sommet, des schistes noirs avec Ogygia Buchi et TrinueUus fimbriatus.
(1) Cliflon Ward. Geol. Soc. ofLotidon, 4f juin 1«78.
(2) Hicks, GeoL Soc, of Ijondoiu 2 déc. 1874.
(3) Loc. cit.
L*assise de Garadoc est surmontée par un ensemble de couches dont les fossiles offrent un mélange des types de la faune seconde avec ceux de la faune troisième. Cest rassise de Llandovery, qui débute par des schistes, auxquels succède le calcaire à pentamères {Pentamerus oblongus) ou son équivalent, le grès de Jfay- Hillf avec Illomus^ Calymene, Trinucletu et Tentaculites anntdalun. Au dessus vient le schiste de Tarannon, dont les affinités avec Tétage bohémien sont plus nettement marquées. De cette façon, la série de Llandovery forme une zone de passage entre Tarmoricain et le bohémien ; aussi quelques géologues ont-ils proposé de la considérer comme un étage moyen du système silurien. Cependant, d* après M. Barrande (1), les types de la faune seconde y prédominent assez pour qu'il n'y ait pas lieu de la distraire de Tétage armoricain.
Cette série a pour équivalents, dans le Cumberland, les mudstanes avec Monograptus colonus et Rantrites peregrinus. Or justement, dans le Cardiganshire (Pays de Galles) où l'assise de Llandovery à 1000"* de puissance, les couches inférieures de cette assise ont fourni récemment des graptolithes, Rastrites peregrinus, Monograptus turriculatm, Diplograptus palmeus, etc. (2).
H. Hicks (3) a récemment découvert dans les grès de Gorven, appartenant au Llandovery supérieur, des traces de végétaux, qui, considérés d'abord comme des algues, ont paru à H. Dawson (4) appartenir à la famille des gymnospermes. Ce sont les Prototaxites et Pachytheca. Avec eux se rencontrent des débris de plantes vasculaires, probablement lycopodiacées ; d'après H. Hicks, ces plantes offriraient une combinaison des caractères qui distinguent les genres carbonifères Stigmaria, SigiUaria et Lepidodendron (5); le même auteur leur applique le nom de Berwynia. Si ces déterminations peuvent être considérées conune définitives, il s'ensuivrait que les plantes terrestres ont apparu, en Europe, à la même époque qu'en Amérique, où on les rencontre sur un horizon qui correspond justement au Llandovery.
C'est à la faune troisième qu'appartient sans contestation possible le groupe des assis«6 de Yenlock et de Ludlow, si régulièrement développé dans le Shropshire (fig. 209) où MM. Davidson et Maw (6) lui assignent une épaisseur de 1400 à 1500™.
L'ensemble débute par le calcaire de Woolhope, à Illœnus Barriensis, Bornalonotns delphinocephaluSf Slrophomena imbrex, RhynchoneUa Wilsoni^ que surmontent les schistes de Wenlock, série puissante de plus de 600"°, dont la figure 209 indique les subdivisions. Les genres Orthis^ Cardùda, Orthoceras^ y sont associés aux trilobites. A cette série correspondent, dans le Cumberland, les dalles de Coniston avec Monograptus colonus et M. hohemicus; ces schistes
(1) Défenu des colonies. Y, 1881.
(2) Keeping, Quart. Joum. of the geol. Soc: of london, XXXVII, p. 141.
(3) iieol Soc. ofLondon, 25 mai 1881.
(4) Geol. Soc. ofLondon, 16 nov. 1881.
(5) Geol. Soc. of London, 16 nov. 1881. ^6) GeoL Magazine, 1881, p. 106.