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En résumé, on peut dire que Taltitude moyenne des continents es( certainement très mpérieure à cinq cents mètres et plus probablement voisine de six centSy soit le double du chiffre primitivement accepté.
Ces chiffres dépassent sensiblement ceux qui ont été admis dans une publication récente de M. Richard .Uidree (2), pour qui la hauteur moyenne des continents serait de 440 mètres, celle de TAsie étant de 500 et celle de l'Afrique ayant la même valeur. Pour l'Afrique, le résultat nous parait très admissible; mais nous ne saurions accepter que TAsie, avec ses immenses reliefs de l'Himalaya, du Pamir, du Thian-chan et de l'Altaï, fût mise sur le même pied que le continent africain. Quand on réfléchit que, dans tout le Tibet, c'est-à-dire sur une surface ayant 2400 kilomètres de longueur avec une largeur moyenne de 600 kilomètres, il n'y a pas un seul point dont l'altitude ne soit supérieure à 4000 mètres, et qu'il faut aller jusqu'au lac Koukou-nor pour voir la hauteur s'abaisser à 3200 mètres, on a le droit de s'étonner que le chiffre de 500 mètres ait pu paraître suffisant. Le relief du Tibet à lui seul, étendu sur toute la surface de TAsie, suffirait pour lui procurer une altitude de plus de 200 mètres, bien que cette contrée ne représente guère que la vingt-cinquième partie du continent asiatique. D'ailleurs le procédé de mesure que nous avons employé comporte une assez grande précision et la carte d'Asie de M. Reclus, à laquelle il a été appliqué, est si bien d'accord avec tous les documents* modernes, même avec ceux de FAtlas de M. Andrée, qu'il est difficile qu'une erreur notable ait été commise par
(1) MUtheil, der h» k. geograph, Ge$elUchafl in Wien, XYIII, n- 3, 127. {i) AUgemeiner Hand-Ailas, !• livraison, 1880.
nous dans Tappréciation relative à ce continent. Pour tous ces motifs, tenant compte de la part prépondérante qui revient à l'Asie, dont la surface est à peu près le tiers de celle de toute la terre ferme, nous croyons devoir nous en tenir aux résultats que nous avons indiqués.
Dans les calculs qui précèdent, il n*a pas été tenu compte des hautes montagnes. En effet, leur part dans le résultat d'ensemble peut être considérée comme insignifiante. Pour s'en convaincre,^ il suffit de remarquer qu'une montagne conique, ayant une pente de 15 0/0, représenterait, suivant que sa hauteur audessus de la base serait de i, 2 ou 5 kilomètres, un volume de 45, 560 ou 1200 kilomètres cubes. Or 1 kilomètre cube, étendu sur 10000 000 de kilomètres carrés, par exemple, ne donne que -^ de millimètre de hauteur. Il fau«* drait donc un nombre considérable de hautes montagnes isolées pour augmenter de 10 mètres l'altitude d'un continent et, pour le genre d'approximation que nous avons en vue, il est tout à fait inutile de s'en occuper.
RépaptlUon des «•nés d*aitltade. — Avant ainsi déterminé le relief moyen de la terre ferme, nous pouvons chercher de quelle manière ce relief se répartit sur l'ensemble. Il suffit pour cela de multiplier le coefficient superficiel propre à chaque zone, dans un continent donné, par le coefficient superficiel propre à ce continent. De celte manière, on obtient :
Zone I (0 à 200-) 32,00
— lY (1000 à 2000-) 16.00
— Y (au-dessus de 2000") 5,00
100,00 Cette répartition peut être figurée par le diagramme suivant (fig. 5), dans
i ! II ! m j lY i V j
Fig. 3. — Diagramme indiquant la répartition des sones d'altitude i la surtece des continents.
lequel le point marqué 8840 correspond au point culminant de l'Himalaya.
Rien n'est plus propre qu'une telle image à faire apprécier combien est faible la surface occupée par les régions de grande altitude.