SchiiUê siliceux principaux, sans fossiles
2. Schistes de Wied, schistes argileux avec quartzites et calcaires, à Dalmanites, Goniatites,
Spirifer et Graptolithes.
i. Grauwacke de Tanne, avec restes de Tégélaux lycopodiacés.
Tout cet ensemble parait se placer sur le même niveau que les étages F, G et H de la Bohême. Comme en Thuringe, on y observe des poissons du genre Ctenacanthus, et un Pleurodiclyum. Les trilobites appartiennent aux genres Harpes, Proetus, Cyphaspis, Phacops^ Acidaspis, Bronteus. Sur 96 espèces fossiles, 5 seulement sont dévoniennes et 18 sont connues dans le silurien supérieur, spécialement celui de la Bohême.
Si, en Bohême, la faune seconde est nettement séparée de la faune primordiale, il n'en est pas de même en Bavière, où les environs de Hof, situés à moins de 140 kilomètres de ceux de Prague, offrent un mélange des formes primordiales Conocephalites, Olenus, Agnostus, avec les formes siluriennes Asaphus, Calymene (Tristani)^ Lichas, Cheirurus. Ces circonstances sont celles qui caractérisent les assises supérieures de Tremadoc ainsi que le groupe de Québec. Par conséquent, malgré la proximité de la Bohême, le bassin de Hof, séparé sans doute de celui de Prague par une barrière de roches primitives, faisait partie de la grande bande septentrionale qui comprenait k Scandinavie, TAngleterre et le Canada.
(1) GOmbel, Neues Jahrbuch, 1818, p. 202.
TTPBS FEAMÇAIS DU STSTÈME SILUmiEM
Nomuuidie. — Le système silurien affleure en de nombreux pointe de la Nonnandie et de la Bretagne ; mais le plus souvent les couches y sont affectées de dislocations compliquées, qui pendant longtemps ont rendu assez obscur Tordre réel de succession des assises.
C'est près de la limite commune de l'Armorique et du Gotentin, aux environs de Domfront, que cette succession peut le mieux être étudiée (1). On y observe de bas en haut, en se dirigeant vers le Calvados, la série suivante (fig. 211).
LaBartelièrc
PontdcCaen
DomuHiUL
Fig.ill. Coupe nord-fud à travers le massif silurien de Domfront (d'aprôa M. J. Michel). — 1, Granité; î, schistes cambriens; 3, grés armoricain; 4, schistes à calyménes; 5, grés de la Haute-Chàpelle ; 6. schistes et grés alternants; 7, grés culminant; 8, schistes ampéliteux
1® Grés armoricain; ^ schistes à calyménes ; 5^ grès de May et schistes subordonnés ; 4^ schistes et calcaires ampéliteux à graptolithes.
1. Le grès armoricain^ ainsi nommé par M. Marie Rouault en raison du développement considérable qu'il prend en Bretagne, forme la remarquable chaîne de grés qui s'étend comme une muraille depuis Bagnoles-de-rOrne jusqu'à Mortain» où ce grès» soulevé par une faille et plongeant rapidement au nord, repose sur les tranches généralement verticales des phyllades cambriens. A Textrémité occidentale de la chaîne, à Mortain, le grès armoricain, coupé par plusieurs systèmes de cassures, donne naissance aux pittoresques rochers de la vallée de la Gance.
Fig. 212. Coupe dirigée du sud au nord, à travers le bassin silurien de Mortain, à peu prés suivant l'axe de la Tallée de Bourberouge. — 1, granité; 2, phyllades; 3, gi*és armoricain; 4, schistes A calyménes ; 5, grés de May; fff, failles.
Dans rintervalle, à Domfront et à Bourberouge, sa masse est coupée à pic par deux gorges profondes, qui permettent d'en mesurer l'épaisseur, supérieure à 60 mètres et dont la dernière se prolonge au nord par une vallée où l'on peut relever la coupe de la figure 212.
Le grès est généralement blanchâtre, le plus souvent dur et compact, conune un véritable quartzite et fournissant un excellent caillou d'empierrement, rarement
(i) J. Michel, Bull, de la Soc. géol. de France, 2* série, XVII, p. 608.
aP4 GROUPE PRIMAIRE.
sableux, mais parfois, surtout à Test, mélangé de veines argileuses ou micacées. A Mortain, la base du grès, en contact avec le granité, laisse voir une sorte d'arkose contenant des fragments de lydienne noire.
Deux sortes de fossiles dominent dans le grès armoricain : les Bilobites, abondants à Bagnoles et les Tigtllites, spécialement T. Dufrenoyi, dont les longs tubes cylindriques, perpendiculaires à la stratification, sont partout visibles à la partie supérieure de la masse entre Domfront et Mortain. Les Bilobites les plus fréquents sont Cruziana fnrcifera, C, Prevosti, C. Bagnoîensis, On trouve aussi dans ce grès des lingules (lÀngtda Lesueurfj.
A la partie supérieure du grès, dans TOrne, M. de Tromelin (1) a signalé un trilobite, Asaphus Armoricanus. Cette circonstance, ainsi que la parfaite concordance du grès avec les schistes à calymènes, ont engagé les auteurs à ranger le grès armoricain dans la faune seconde. Il faut reconnaître toutefois qu'en Armorique et dans la Sarthe la concordance n est pas moindre entre le grès armoricain et les schistes rouges cambriens, avec lesquels les premières couches du grès alternent. Cette assise pourrait donc représenter quelque chose d'analogue au groupe de Québec des Américains, ou aux couches d'Arenig des Anglais, c'est-à-dire une zone de passage entre le cambrien et le silurien.
II. Sur le grès et en absolue concordance avec lui repose l'assise des schistes à calymènes. Elle débute par une couche de minerai de fer hydroxydé qui, sépai*ée du grès par quelques mètres de schistes durs, a rarement plus de 2" d'épaisseur; c'est celle qu'on a exploitée à Bourberouge, près de Mortain. Le minerai de fer est intimement lié au grès, dont la partie culminante présente souvent, pour ce motif, des colorations d'un rouge vif qui contrastent avec la blancheur habituelle du reste de la masse. Les schistes proprement dits sont terreux, d'un gris bleuâtre, parfois presque noirs. Leur faune est assez riche. Elle comprend, à Domfront et à Mortain :
Calymene Tristani, C. Aragoi, Dalmanites Micheli, D, Phillipsi, Asaphus nobilis, Vgygia glabrata, lUœnus giganteus, Primitia, OrthQceras^Hyolites, Conularia, Bellerophon, hedonia, Ctenodonta, Orthis Budleighensis, Didymograptus Murchisoni et des crinoïdes.
Les schistes à Calymene Trhlani se retrouvent dans la partie septentrionale du Cotenlin, notamment à Brix. 11 est probable qu'il convient d'y rapporter le grès à Calymènes des Moitiers d'Allonne, qui représenterait ainsi un faciès sableux des schistes de Mortain. Ce grès renferme, avec Calymene Tristanif Homalonotus Vieillardiy Ascocrinus Barrandei et des graptolithes.
m. A Bourterouge et mieux encore à la Haute Chapelle, en face de Domfront, on peut constater la superposition directe aux schistes à Calymènes d'une puissante assise de grès, en couches beaucoup plus minces que le grès armoricain, parfois même en plaquettes psammitiques et offrant des colorations rouges et grises bien plus tranchées. Cette assise n'est pas fossilifère entre Domfront et
(1) Aisoc» françaite, session du Havre, 1877, p. 496.
Hortain; mais on ne peut douter de son identité avec le grès de May et de Jurques, dans le Calvados, qui contient Dalmanites incertm^ Homalonotus Brongniartiy H. Yicaryi^ Conularia pyramidata, Orthocerasy Orthis redux var. Budleighensisy et des bivalves des genres Orthonota, ModiolopsUy etc.
Aux environs de Falaise, on peut constater, à Potigny-Soumont (1), que le grès contenant les fossiles de May repose sur les schistes à Calymene Trhtaniy couronnant eux-mêmes le grès armoricain à Tigillites.
A la masse principale du grès sans fossiles succèdent à Domfront-, vers le hameau du Pont-de-Caen, des couches alternatives de schiste et de grès en minces plaquettes, que couronne un nouveau massif de grès en couches minces, offrant les mêmes colorations que la masse exploitée à la Haute Chapelle. Cet ensemble est sans fossiles et les schistes, mal représentés aux environs de Mortain» paraissent acquérir de plus en plus d'importance vers TEst.
IV. Le grès culminant dont il vient d'être question est couronné à son tour par des schistes argileux non cristallins, violacés, se débitant en menus morceaux à surfaces très planes, et souvent assez chargés de matières charbonneuses pour passer à Tétat d'ampélitei. On y observe des graptolithes {Monograptus colonm, M. priodon, Diplograptus folium) et des moules d'Orthoceras ainsi que de Cardiola, Ces mêmes ampèlites, difficiles à voir en place à cause de la facilité avec laquelle leurs éléments s altèrent à Tair, se retrouvent près de Lonlay- TAbbaye et de Saint-Sauveur-le-Vicomte, ainsi qu'à Yretot. Dans cette dernière localité, les fossiles abondent à la surface de boules dures à structure concentrique, disséminées au milieu de Tampélite schisteuse.
A Feuguerolles, dans le Calvados, cette zone a pour équivalent un système de «chistes non ampéliteux avec Palasterina et traces analogues aux Nereites, que surmonte le calcaire ampéliteux bien connu par ses fossiles. Ce calcaire, qui se présente plutôt en lentilles qu'en couches, renferme des Orthocères [Orthoceras originale, 0. styloideum, 0. subanntdare, 0. lancea, etc.) avec des graptolithes (Monograptus priodon^ Retiolites Geinitxi) et la Cardiola interrupta, ainsi que des polypiers et des crinoîdes, tels que Scyphocrinites elegans. Ces fossiles sont ceux de la faune troisième ; les calcaires ampéliteux appartiennent donc certainement à l'étage bohémien. Quant aux schistes, il semble qu'il y ait lieu de les considérer comme Téquivalent duLlandovery anglais; de la sorte, ils formeraient le dernier terme de la faune seconde.
A Saint-Nicolas-des-Bois, dans l'Orne, on retrouve encore cette assise sous la forme de schistes à nodules calcaires noirs avec Bolbozoe, Orthoceras^ crinoides.
Armoriqae. — La succession des assises siluriennes dans la partie orientale de TArmorique, exprimée par la figure 2i3, est conforme à Tordre établi pour la Normandie.
Le grès armoricain, intimement lié par sa base aux schistes rouges, offre de
(i) Morière, Atsoc, françaiie, session de Montpellier, 1881, p. 665.
nombreux bilobites (Cruziana rugosa^ C. furciferàj C. Lyelli, C. Prevotti, Framay etc.) ainsi que des Tigillites (T. linearis), Vexillum^ Dœdalus^ Lumbricaria^ avec des lingules (L Legueuri, Dinobolus Brimonli), et des acéphales {Lyrodesma armoricanay] Modiolopsis Cailliaudi^ Ctenodonta Cosiœ, Orthonoia Lebescontei).
LaVOaine^Riv. Poli^ Baîn CbèreR. Dervad
Fig. 213. Coupe nord-sud entre Keniies et Nantes (d'après M, Lebcsconte). — 1, scliistes de Rennes; % poudingue; 3, schistes rouges; 4, grés aimoricain: 5, schistes i calymènes; 6, grés de la Couyére; 7, schistes h trinucles; 8, grés et ampélites; 9, grés à sphéroïdes.
Les gisements fossilifères de ce grés sont situés à Sion, Pontréan, Châteaubriant, Malestroit, etc. A Sion, les assises supérieures du grès, devenues ferrugineuses, renferment Asaphus armoricanus. A Coatquidam, dans le Morbihan, la partie moyenne du grès armoricain est assez chargée d'oxyde de fer pour donner un véritable minerai.
Le système schisteux superposé au grès armoricain débute en général par une zone ferrugineuse, souvent constituée à Fétat de véritable minerai de fer. Le minerai peut être de Toligiste, de Thématite, de la limonite, de la chamoisite (Sainte-Brigide près Salles en Morbihan) ; de la magnétite (Salles et Quintin, des Côtes-du-Nord), du carbonate de fer (La Chouanière). Quand cette zoue est fossilifère, comme à Laillé, près de Sion, elle renfeime Placoparia ZippeL
Au-dessus viennent les schistes à calymènes, fissiles, parfois ardoisiers, conune à Vitré, légèrement micacés, fréquemment pyriteux, dont la couleur dominante est le bleu foncé ou le noir, parfois le gris jaunâtre. A la partie supérieure de ces schistes se développent des nodules argilo-siliceux très fossilifères; c*est ainsi qu'à Bain, Guichen et la Hunaudiére on peut recueillir de bons exemplaires de Calymene TrUtani et de toutes les autres espèces de la même zone. Nous ajouterons, à celles qui ont déjà été énumérées, Calymene Ralteriy C. pulchra, Cheirurus Guillieri^ Pnmitia, Lituites, Endoceras et Bythotrephis sionensis (1).
Les ardoises de la Couyère paraissent occuper la partie supérieure de Tétage des schistes à calymènes.
Le grès de May aurait pour équivalents en Bretagne les grés de Saint-Germainsurllle, de la Bouexière, de Martigné, de Thourie et de la lande de Baugé, avec Calymene Bayant^ Trinuclem Goldfussi^ Dalmanites incertus, Pseudarca typa^ Modiolopsis Heberiit Cornidites confertus^ Diplograptus Baylei^ Orthis redux, 0. Budleighensis. Ces grès contiennent encore des Tigillites. On retrouve le même horizon à Renazé, dans la Mayenne.
(1) Voir les listes de M. de Tromelin, Auoc, française, session de Nantes, 1875.
Au-dessus des grès à Calymene Bayani, MM. de Tromelin et Lebesconte placent les schistes de Riadan, de Coêsmes et de Renazé, caractérisés par les trilobites du genre TrinucleuSy et spécialement par T. Pongerardi et T. omatus. A ce niveau apparaissent Acidaspis BuchU Illœnus Beaumonti^ Ampyx.
Aux environs de Rennes et de Poligné, on observe un grès sans fossiles, que surmontent les schistes ampéliteux de Poligné et de la Ménardaie, avec jfonograptus colonus. Quant à Tassise de Feuguerolles, elle existe à Hartigné-Ferchaud et à Tbourie (i), dans des sphéroïdes épars au milieu d*une argile gréseuse noirâtre. On y trouve notamment Monograptus priodon et Cardiola inierrupta.
Il existe à Erbray, dans la Loire-Inférieure« un massif calcaire dont la base, blanchâtre et presque crayeuse, contient Calymene Blumenbachù Pkacops fecuH' duSf Harpes ventdosus^ tandis que la partie supérieure, formée d'une roche bleuâtre et subcristalline par suite de l'abondance des enfcrines, renferme des espèces qui sembleraient établir le passage du silurien au dévonien. Le calcaire blanc d'Erbray devrait donc être mis sur le même niveau que rétageFdcBohôme et représenterait tout ce qu*il y a de plus haut dans le silurien français.
Dans le Finistère, le grès armoricain se présente sous la forme du Grès blanc des montagnes Noires^ à Tigillites (Scolithus) linearis. M. Ch. Barrois (2) y distingue, à la base, un grès dur homogène, sans fossiles, dit Grès du Grand-Gouin; pardessus, 40 mètres de schistes intercalés, également sans fossiles, visibles à Tanse de Portnaye; enfin 80 mètres de grès blanc, dit du Toulinguet, à Tigillites. Ce grès, plus micacé que les précédents, est Téquivalent du grès de Goat-Quidam, dans le Morbihan.
Les schistes à calymènes s'observent sous une assez grande épaisseur à Morgat, Dinan, Camaret, Dinéault. lis sont caractérisés par Calymene Tristani^ avec Dalmanites Phillipsi, Ogygia glabrata, Orthis Berthoisi, DidymograpttiSj etc.
La même assise se retrouve à Halestroit (Morbihan), où elle est remarquable par le nombre et la taille des trilobites (Calymene^ Lichas, etc.). lie silurien supérieur parait être très rudimentaire dans la Bretagne occiden-
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fig, 214. Coupe sud-nord i travers le bassin silurien du Finistère (d'après M. Ch. BaiTois). — 1. granité; 2, gneiss; 3, phyllades de Douamenez; 4, poudingues et schistes rouges; 5, grés armoricain; 6, schistes deUorgai; 7, schistes et quartzites de Plougaslel; 8, terrain dévonien.
taie. On Tobserve surtout dans la presqu'île de Crozon, sous la forme d'un calcaire, dit calcaire de Rosan (3), avec Orthis elegantvlay 0. acUmiœ^ qui lui-même
(1) Tromelin et Lebesconte, Bull, de la Soc. géol. de France^ 3« série, lY, p. 59i.
(2) Ch. Barrois, Ânn. de la Soc, géol. du nord, lY, p. 58. (51 Ch. Barrois, Aim. de la Soc. géol. du Nord, YIl, p. 259.
repose sur une assise de schistes à nodules calcaires avec Cardiola interrupta. Ces schistes à leur tour sont séparés du grès blanc à Scolilhus par une assise de schistes alunifères à Monograpttis colonus, visibles à Dinan et à Dinéault (1). Ailleurs les schistes à calyménes supportent directement les schistes et quartzites de Plougastel, base du système dévonien (fig. 214). Anjou. Maine. — Aux environs d'Angers, le système silurien, dont la figure 215
Ju^oé-Bené XcsPomraeraye»
CrésiUé
Fig. 215. Coupe du silurien aux environs d'Angers (d'après U. H. Hermite). — 1, schistes inrérieurs; % minerai de fer et grés à bilobites; 3. gri^s et schistes &ans fossiles; 4, schistes ardoisiers; 5, schistes sans fossiles; 6, phthanites i graptoUthes.
indique Fallure tourmentée, ofTre du haut en bas, d'après M. Hermite (2), la succession suivante :
9 Calcaire ampéliteuz de la Meignanne, avec Orthocères et Cardiola interrupta.