Schistes inférieurs, visibles sur au moins
Cette série motive quelques observations. D'abord le grès à bilobites est très réduit comme épaisseur ; en revanche il est encadré dans une série de schistes, ceux du bas, grossiers, verdâtres, parfois d'un rouge vif au contact du grès et ceux du haut, avec lits de minerais de fer et couches de grès, contenant de très rares bilobites. Le grès armoricain reprend, en approchant de la Bretagne, un faciès plus normal et, à Combrée, les bilobites y abondent.
Les schistes ardoisiers, si activement exploités à Trélazé, contiennent, à l'état déformé, de nombreux trilobites de grande taille, Lichas Hebertiy Asaphus GuHtardif Megalaspis Desmaresti, Illœnus gigantetiê, avec Calymene Tristani. Ces schistes paraissent inférieurs à Tassisc n« 7, remarquable par ses nodules argilosiliceux où se rencontrent, très bien conservés, Calymene Tristani, C, AragoU Dalmanitei socialisa Asaphus nobilis, Placoparia Toumeminei, Orthis Ribeiroij etc.
L'assise des phtlianites à graptoUthes a été signalée en Anjou par H. Farge (3). Elle s'étend de Mozé à Yern et se compose de quartzites, tantôt blancs, tantôt
(1) De Tromelin, At»oc. françaite, session de Nantes, 1875, p. 610.
(2) Bull, de la Soc. géol. de France, 3* série, VI, 531.
(5) Mémoire tur les progrès de la géologie dant le MainO'et-Loire, 1875.
noirs, ampéliteux et passant au silex noir ou phthanite. On y remarque Monograptus Becki^ Diplograptus foliwn, D. pristisy Rastrites peregrinus. C'est évidemment rhorizon des premiers schistes ampéliteux de Domfront, devenus ici tout à fiiit siliceux. On voit d'ailleurs, en dehors des limites de TAnjou, à Abbaretz (Loire- Inférieure), les phlhanites ampéliteux alterner avec de véritables ampéliles schisteuses, exploitées pour la teinture (1).
Les phthanites à graptolithes, occupant une situation analogue à celle de Tassise de Llandovery, en Angleterre, peuvent être classés au sommet de l'étage armoricain. Quant au calcaire de la Meignanne, calcaire blanc grisâtre, exploité pour les fours à chaux d'Angers et supérieur aux phthanites, ses fossiles, orthocères et Cardiola interrupta, ne laissent pas de doute sur son attribution à la faune troisième, au niveau du calcaire de Feuguerolles.
La Sarlhe offre, aux alentours de Chemiré-en-Charnie, de Côte-du-Creux et de Neuvillette, la succession normale du grès à bilobiles avec lingules et débris A'IUœnm et A^Asaphus, surmonté par les schistes à Calymene Tristani, que couronne, à Chemiré, l'assise de Feuguerolles avec CeratiocariSy Pterygotus, Orthoceras bohemicum, Cardiola interrupta. Monographie priodon. Ces fossiles sont contenus dans des ngdules argilo-siliceux blancs et rougeâtres. A Neuvillette, il y a des schistes ampéliteux qui pourraient représenter un niveau un peu inférieur, celui de Monog. colonus.
i:mii|piedoc, Pyrénées, Bonlonnals. — Les environs de Neffîez, prés de Pézenas', dans l'Hérault, offrent, suivant l'expression de Murchison, une petite oasis silurienne où affleurent d'épaisses masses de schistes verts. Les nodules de ces schistes contiennent de grands trilobiles, Asaphus magnificusj A. Foumeti, Ogygia desideratissima. Ce serait la base de la faune seconde. Prés de Cabrières, à Falgairas, cet étage est recouvert, d'abord par des psammites, puis par des couches à Orthocéres, contenant Cardiola interrupta et Monograptus priodon (2).
En divers points du massif pyrénéen, autour de Luchon, notamment aux Pales de Burat, à Marignac, à Lez prés Saint-Béat et à l'hospice du port de Yenasque (3), on observe des schistes ampéliteux, des calcschistes et des calcaires noirs, qui contiennent les fossiles de la faune troisième et spécialement ceux de la bande e^ de Bohême. On y recueille Orthoceras bohemicum, 0. pyrenaïcum, 0. Fontanij 0. severuniy Cyrtoceras, Cardiola interruptay C. gibbosa^ SUurocardium Barrandeiy Prœcardium^ Paracardium^ Lunulicardium^ Scyphocrinites elegans, Lobolithus et des graptolithes, parmi lesquels Monog. priodon est bien reconnaissabie.
Près de Cathervieille, dans le val de l'Arboust, affleurent des schistes gris qui contiennent, avec des orthocéres très minces du type d'Orthoceras gracile, des
(1) De Tromelin et Lebesconte, Assoc. française^ session de Santés^ p. 609.
(2) De Rouville, Bull, de la Soc. géol. de France, 2« série, XXV.
(3) Leymerie, Detcriptiofi géol. de la Haute-Garonne. — Renseignements fournis à l'auteur par M. Barrande sur des fossiles de I.ez, recueillis par M. Thiérot.
trilobites extrêmement voisins des Phacopi fecundus et Dalmanites Hausmanni de Tétage G de Bohême (1). De cette manière, les Pyrénées posséderaient un horizon du silurien qui ne parait représenté nulle part ailleurs, en France, si ce n'est à Erbray.
Il est à remarquer que les schistes ampéliteux à orthocères et à cnnoîdes contiennent, dans la vallée de la Pique, des mâcles parfois très développées, dont la cassure se détache en blanc sur la roche noire.
Signalons enfin, dans le nord de la France, la présence du système silurien en profondeur au-dessous des dépôts crétacés. Cette constatation résulte d'un puits creusé à Caffiers, dans le Bas-Boulonnais et d'où il a été extrait des schistes d'un gris sombre ayec Monograplus cohnus.
TTPEI ÉTRAMttERI DIVERS DU ITITÈME IILURIE».
Beli^qae. — Le système silurien affleure dans le Brabant et le Condros, où
l'on relève, suivant MM. Malaise (2) et Gosselet (5), la coupe suivante de haut
en bas :
5. Schistes de Fosse. Psamroites et schistes satinés à Sphtrrexochîu mtruê et Balysitet catenularia, 4. Schistes de Gemblouz. Schistes grossiers pyrififères. schistes noirs pailletés et schistes ver-
dàtres aimantifères, à Calymene incerla et Trinucleuê »eliformiê. 3. Schistes bigarrés d*Oisquercq, rouges, bleus, verts et noirs.
2. Schistes aiinantifères de Tubize, généralement verts, avec bancs de porphjrolde et d*arkose. 1. Quartzitesde Blanmont, verdàtres.
Les trois premières assises sont dépourvues de fossiles ; la quatrième renferme, à Grand-Manil, prés de Gembloux, outre les espèces déjà nommées : HomalonO' tus Omaliusi, Zethus verrucosus, lUœnus Bowmanni^ Orthoceras belgicum^ BeUerophon bilobalus^ Strophomena rhomboidalis, Orthti vespertilio, 0. teêtudinaria^ 0. calligramma,M(mograptus priodon, CUmacograptus scaîariSy Sphœroniles steUiferta. Les affinités de cette zone la relient à l'assise de Caradoc du silurien anglais.
D'après M. de Lavallée-Peussin (4), les couches k Climacograptus^ constituées par des schistes quartzeux, sont supérieures aux schistes à brachiopodes et à trilobites de Gembloux.
Péninsule Ibérique. Région alpine. — Un quarizite à bilobites se rencontre en divers points de l'Espagne, notamment dans la province de Ciudad Real, où il contient les genres Cruziana, ScolUhus, Tigillites, ForatUes^ Lingula (5). Ce quartzite supporte des schistes contenant Calyniene Tristani^ C. Aragoi^ Ogygia glahrataj Dalmanites socialis, etc., c'est-à-dire toutes les espèces de la faune
(1) Barrois, Bull, de la Soc, géoL de France ^ 3" série, VIII, p. 266, note sur des fossiles recueillis par M. Gourdon.
(2) Descripiion du terrain silurien du centre de la Belgique^ 1873.
(3) Esquisse géologique du nord de la France et de$ contrées voisine»^ 1880, p. 34.
(4) Bull, Acad, roy, de Belgique^ 3* série, 188i.
(5) DeCortazar, Boletin de la Corn, del mapa geologico^ Madrid, 1881.
seconde bien caractérisée. Enfin on observe également des schistes ampéliteux contenant, avec Cardiola interrupta et Strophomena antiqtiala^ Monograptus Beckif M. NiUsonij M. HallU Diplograpttu palmem.
Il semble en outre résulter des coupes relevées parH.deCortazar qu'une bande de schistes à graptolithes s^observe immédiatement au-dessous du grès à bilobites; cette bande correspondrait à Thorizon anglais des graptolithes de Skiddaw, base de la faune seconde.
La même observation a été faite par M. Delgado en Portugal (i). Là aussi, notamment à Barrancos, il y a plusieurs horizons de graptolithes, dont un est inférieur à un grès contenant des empreintes de Cruxiana et de Nereiles semblables à celles du quartzite à bilobites. Au-dessus de ce grès sont des schistes à nodules avec Cardiola interrupta^ Monograptus priodon^ M. colontu.
Le silurien supérieur existe probablement en Espagne, où de Verneuil a trouvé, à Santa Gruz de Hudela, une forme très voisine de Dalmanites HquS' manni (2).
Pour H. Barrois (5), le silurien des Asturies et de la Galice comporte, de haut en bas, les divisions suivantes :
4. Schistes et quartzites de Corral (correspondant aux ampélites).