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Grès calcifère de New-York

Le grès calcifère, avec ses trilobites, Bathyurtis, Amphion, Conocoryphe, ÂsaphuSy se relie intimement au Tremadoc inférieur, c'est-à-dire au cambrien. Les graptolithes, qui avaient déjà fait leur apparition dans l'étage de Potsdam avec le genre Dendrograptus, se montrent aussi dans le Calcifère, pour devenir encore plus abondants avec le groupe de Québec^ étage remarquable par son caractère de transition; car il renferme, avec les genres Conocoryphe, Agnostus^ DiceUocephalus, des formes franchement siluriennes, telles que lllœnus, AsaphuSy Harpes et les Oholella et Lingida y sont associés à des brachiopodes d'un type plus récent. Parmi les graptolithes, il convient de mentionner Phyllograptus typus.

Ce caractère de transition est encore bien marqué dans le calcaire de Chazy, puissant d'une cinquantaine de mètres dans l'Etat de New- York et renfermant les genres Bathyurus et Amphion, associés S(U\ lllœnus eiAsaphus, ainsi qu'au curieux gaslropode connu sous le nom de Maclurea (M, magna, M. Logani).

Le sous-étage canadien correspond bien évidemment à l'ensemble des couches supérieures de Tremadoc et des assises d'Arenig et de Skiddaw en Angleterre, Il établit, entre le cambrien d'Amérique et le silurien, un passage encore plus graduel que partout ailleurs.

L'assimilation du sous-étage de Trenton aux assises de Llandeiio et de Caradoc ne parait pas douteuse. Les zones de Médina et de Clinton correspondent au Llandovery. Quant au calcaire du Niagara, sa faune est celle du groupe de Wenlock

(1) Manual of Geology, 1875, pp. 163 et 164.

et l'analogie est d'autant plus significative qu'on peut l'établir entre deux formations de même caractère minéralogique.

Le sous-étage inférieur d'Helderberg offre peu de ressemblance avec la série de Ludlow. Mais cela doit sans doute être imputé (1) à la grande différence des conditions physiques qui, en Amérique, en favorisant la formation des calcaires, ont retardé Téclosion des lamellibranches et pi'olongé l'existence des types du Niagara. Ce qui imprime à l'assise de Ludlow son caractère particulier, c'est l'approche des conditions continentales qui ont régné, dans le nord de l'Angleterre, à l'époque du vieux grès rouge. En Amérique, ca faciès ne s'est manifesté que plus tard; ainsi s'expliquent la persistance si particulière des types du silurien supérieur et la tendance des géologues amérieams à englober dans ce système des" assises très probablement postérieures à celles de Ludlow.

Comme contraste ;\ ce retard, il convient de noter que l'apparition des grands crustacés du genre Pterygotus paraît avoir eu lieu en Amérique plus tôt qu'en Angleterre, car ce genre a été découvert dans l'assise du Niagara (2) et dans celle de Clinton.

Le sous -étage de Salina est intéressant par la présence du gypse et du sel. Le premier forme des amas, qui parfois ont fait gonfler les schistes encaissants comme s'ils résultaient de la transformation de Tanhydrite. Quant au sel, il n'a pas été observé en place et il ne se révèle que par sa présence dans les eaux qui sortent de cette formation. D'autre part, la coupe suivante (fig, 216), empruntée à M. Dana, semble bien indiquer que le gypse résulte simplement de la transformation d'un cal-

caire. En effet, tandis que le gypse g forme des c/;V\-±7nS amas irréguliers dans le calcaire c, on le voit

brusquement interrompu par les couches argi- ^.^^^ ^.^^^^.^.^^ ^^ ^^p^ ^^^^ ,^ leuses telles que a, inlerstratifiées dans le cal- gi-oupe saiifére d'Onondaga (d'après

, ,, ... , , . . j Dana), g, gypse; a, argile; c, calcaire.

caire. Il y a d ailleurs dans la contrée des sources

sulfureuses et même des sources sulfuriques et tout porte à croire que les émanations, avec lesquelles sans doute le sel se fait jour, sont dues à des phénomènes internes très postérieurs au dépôt des couches encaissantes.

Il convient de remarquer que les épaisseurs des sous-étages siluriens en Amérique varient beaucoup suivant le point où on les observe, et que, au moins pour ceux de Trenton et du Niagara, les épaisseui's sont six ou huit fois plus fortes dans la région des Apalaches qu'à l'ouest de cette chaîne. Ce fait coïncide avec la prépondérance, dans ce district, des sédiments arénacés ou argileux ; car tandis que, dans le Missouri et l'illinois, les cinq sixièmes de l'épaisseur totale sont formés par du calcaire, cette dernière roche, autour des Apalaches, ne forme que cinq douzièmes et, au Canada, à peine un vingtième (3). Il paraît d'ailleurs

(1) Callaway, Geol. Magazine, 1878, p. 271.

(2) Dawson et Grant, Geol. Magazine, 1878, 330.

(3) Dana, Manual, 1875, p. 211.

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certain que, dès le commencement de la période silurienne, il y avait, sur remplacement de la contrée en question, une succession d*îles; les eaux y étaient donc moins profondes, les vagues et les courants s'y brisaient plus facilement contre des roches solides et ainsi s'expliquent à la fois la plus grande épaisseur des formations et leur caractère détritique, par opposition aux calcaires à crinoîdes, polypiers et mollusques du bassin intérieur. La masse des calcaires de Trenton est formée de ces trois sortes d'éléments, encore bien reconnaissables, et il est probable que les variétés plus compactes et moins fossilifères résultent de la pulvérisation des mêmes organismes.

La végétation terrestre paraît avoir fait son apparition, en Amérique, dans l'assise de Cincinnati, c'est-à-dire avec la faune seconde ; c'est là qu'ont été trouvés PsUophyton gracilllmum et Sphenophyllum primœvum.

Zone arctique. — Le système silurien est représenté dans la zone arctique jusqu'au 'voisinage immédiat du pôle. On l'observe, superposé au gneiss, par 82'»40' lat. N. (1). Il débute par des grès et schistes rouges, que recouvrent des calcaires «vecAsaphus et Macturea, Au-dessus viennent des couches qui renferment les fossiles de l'étage bohémien, Bronteus, Encrinurusj Proetus, Pentamerus, Halysitesy Zaphrentis^ etc. Le faciès de cette faune la relie au silurien américain plutôt qu'à celui d'Angleterre. La présence des grands polypiers indique avec certitude que le climat des tropiques s'étendait alors à tout le globe.

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