SYSTÈME DÉVONIEN
§ i aÉHÉRALITÉl gUR LA PÉRIODE DÉVOMIEMME
Caractères généraux de la période. — Le système dévonien a été introduit dans la science, en 1857, par Murchison et Sedgwick, après que Lonsdale eut montré que la faune des couches du Devonshire méridional était intermédiaire entre celle du silurien et celle du terrain carbonifère. Ces couches du Devonshire sont l'équivalent marin du système connu en Ecosse sous le nom de vieux grès rouge (old red sandstoné), désignation qui a été longtemps employée pour les dépôts de cet âge en Europe (2).
La période dévonienne est essentiellement caractérisée par le premier épanouissement du type des vertébrés, représenté par les poissons, ainsi que par le
(1) Feilden et de Rance, Geol. Soc, ofLondon, 17 avril 1878.
(2) M. Dawson a récemment proposé, pom: les couches situées en Amérique entre le silurien supérieur et le carbonifère, le nom de système Erien^ du nom du lac Erié.
Dl LAPPAIUERT, TRAITA DE OtOLOanE. \o
développement tout à fait remarquable de certains groupes de brachiopodes, tels que les spiriférides et les rhynchonellides. En môme temps la végétation terrestre s'installe d'une façon définitive, tout en n'occupant encore qu'une place restreinte et se montrant composée de types où l'on doit voir simplement Tes précurseurs immédiats des genres carbonifères. D'ailleurs, parmi les poissons dévoniens, il en est beaucoup qui peuvent être considérés comme des espèces d'eau douce ou tout au moins saumâtre. 11 en résulte que le fait dominant de la période est l'établissement des surfaces continentales, à peine ébauchées pendant la période précédente. Les divers bassins sont ainsi mieux définis; il y a plus de différences dans la nature et la faune des dépôts synchroniques, même à de petites distances. Néanmoins l'uniformité générale des conditions physiques est encore manifeste et tout indique qu'à cette époque un même climat régnait sur la surface entière du globe. En outre, si la teri^ était habitable pour les plantes, elle n'offrait sans doute aux animaux supérieurs aucun moyen d'existence, car on ne rencontre pas même de reptiles aquatiques dans les dépôts dévoniens. Seuls, quelques rares insectes ailés commencent à se montrer, en Amérique, dans les couches les plus élevées du système.
Caractères paléontoloi^^aes. — De même qu'au début de l'époque scandinavienne l'éclosion de la famille des trilobites avait été en quelque sorte instantanée, de même, dès les premières assises dévoniennes, les poissons, qui venaient seulement d'apparaître dans les couches tout à fait supérieures de l'étage bohémien, déploient une surprenante richesse de formes et d'individus. De plus, rien, dans leur organisation, ne témoigne d'une infériorité réelle relativement aux types congénères actuels.
La grande majorité des poissons dévoniens appartient à la classe des ganoides ou poissons cuirassés hétérocerqiœs, c'est-à-dire à nageoire caudale dissymétrique, qui n'est plus guère représentée, de nos jours, que par un très petit nombre d'espèces habitant les rivières de l'Afrique, de l'Amérique du Noixl et de l'Australie. Les genres les plus remarquables sont Holoptychius, Ostedepis, Dtpterus, etc., de la famille des Crossoptérygiens^ où les rayons des nageoires antérieures sont fixés sous forme de franges autour d'un axe osseux ; ensuite les Ce-
Fig. 217. Fig. 218.
Fig. 217. — Cephalaspiê Lyelli, Ag., de rOld red inférieur d'Angleterre. Fig. 218.— Coccosteus decipiens, Ag., de l'Old red moyen d'Écoase.
phalaspis (Vig. 217), Pterichthys^ Coccostem (fig. 218), enfin des placoïdes de la famille des squales, Onchtis^ Ctenodus, Byssacanthus, etc., représentés par des rayons épineux qu'on a nonunés Ichthyodorulites. Les Trilobites^ déjà en complète décadence, ne forment plus qu'un petit