TYPE FRAMGOHIEH DU TRIAS
DItIsIobs prlaeipales. — Le trias de la Souabe et de la Franconie se divise en trois étages: à la base, le grès bigarré (bunter saîidstein)^ formation littorale et arénacée, où dominent les plantes terrestres; au milieu, le muschelkalk, formation calcaire et marine, avec gisements de sel ; au sommet, le keuper^ étage de marnes, de gypse et de grès, avec flore terrestre dominante. De môme que les assises du
.TRIAS FRANCONIEN. 797
terrain houiller sont souvent entremêlées de petites couches marines, de môme le dépôt du grès bigarré et celui du keuper ont dû se faire dans des étangs plus d*une fois visités par la mer, comme en témoigne Tapparition^ à plusieurs niveaux, de fossiles marins. Parmi ces fossiles, il en est quelques-uns, comme Pecten Albertiiy Myophoria vulgarhy GervUlia (Hômesia) socialisa Natica Gaillardôli, qui se retrouvent dans toute la hauteur du système, dont ils affirment ainsi Tunité. Grès bicarré. — L*étage voigien ou du grès bigarré est formé de grès de colorations très diverses, parmi lesquelles dominent le rouge, le jaune, le brun, le verdâtre et le blanc ; beaucoup de lits sont bigarrés ou tachetés* Les éléments des grès sont des grains de quartz, réunis par un ciment tantôt argileux, tantôt siliceux et ferrugineux. Quelquefois les matériaux du grés sont de véritables petits cristaux de quartz, d'où le noip de sable ou grès cristallisé.
La stratification est très nette; les couches, d'épaisseur variable, deviennent schisteuses quand le mica est abondant. Très souvent les lits horizontaux de grès sont formés de petites couches à stratification inclinée, discordante relativement aux surfaces inférieure et supérieure de chaque assise et rappelant la structure des dépôts torrentiels.
Des mouches ou lentilles d'argile, arrondies ou anguleuses, sont fréquemment enclavées dans les grès. Môme, à la base du grès bigarré du Thûringerwald, il y a une telle proportion d'argile blanche réfractaire qu'on y a établi des exploitations de kaolin. Les conglomérats proprement dits ne jouent dans l'ensemble qu'un rôle secondaire ; accessoirement on rencontre des argilolithes, des lits de dolomie, des marnes avec gypse et du sel gemme. Ces dernières substances sont concentrées surtout à la partie supérieure de l'étage.
Dans toute la région qui nous occupe et où la puissance de l'étage vosgien varie entre 200 et 500 mètres, on y peut distinguer trois assises principales : i<> l'assise inférieure, formée de grès, parfois cristallin, et d'argiles rouges ou bariolées, offrant, sur la lisière du Hartz, quelques couches de rogensteiriy c'està-dire de marne oolithique à ciment très argileux; 2° l'assise moyenne, celle des grès bigarrés proprement dits, tantôt fins, tantôt grossiers, avec plaquettes schisteuses parfois garnies d'entomostracés {Estheria). Cette assise est celle qui contient les gisements de plantes fossiles de l'étage, Equisetum arenaceunif Anomopterisy CaulopteriSy YoUzia heterophylla^ Albertia elliptica^ etc. C'est à sa partie supérieure que, dans l'Odenwald comme dans les pays de Wùrzbourg, deMeiningen et de Bade, on observe des traces de Chirotherium^ qui ont rendu classiques les gisements d'Hildburghausen etd'Iéna; 3*» l'assise supérieure, principalement constituée par des marnes et des argiles bariolées, rouges et vertes, avec gypse, sel gemme et dolomie. Cette assise est généralement désignée sous le nom de Rôth. Le Rôth contient, dans plusieurs districts, notamment dans le grand-duché de Bade(l), des fossiles marins, Myophoria cosiatay M. vtilgaris^ Myacites^ Bhizoco-' rallium jenense. Le môme fait se reproduit jusqu'en Silésie, où le Rôth renferme
(1) PlaU, Neues Jahrbuch, 1873, p. 533.
Myophoria faUax et Ceratites Buchi. Ces fossiles établissent une liaison palèontitogique intime entre Tétage vosgien et Tétage franconien.
M«sckenteiiu — L*étage franconien ou du Muschdkalk (calcaire coquillier) est remarquablement déieloppé en Allemagne, où la succession suivante peut être donnée comme typique (I).
Muschelkalk supérieur i
ou principal (Hauptmuscheiisalk) \ Couches i GératîCes. ^ Ceratites nodosus, Terehratuia ntldit aussi calcaire de < garii, Gervillia êocimiiê^ Myophoria vulgarité
Friedrichsball 1 Couches à Encrines. — Encriaats li/Uformig, Lima ttriata,
(60àl20-). f
"ou CTouDe"(te^^ i '^^^^"'^ P^"* *"* moins caverneuses, arec aabydrite, gypse
TA^iYdrite l ®^ ^^* "® contenant guère d'autres fossiles que des o^ de
rSOàlOO-) I sauriens et des dents (Erfurt).
Zone i Myophoria orbicularit, Muschelkalk inférieur 1 Wellenkalk fossilifère avec Sckaumkalk; Encrinvu iiliifar-
ou Wellenkalk ] mU^ Gervillia êocialis, Terebratula vulgariâ^ Myopho-
(Calcaire ondulé) \ ria^ etc.
^50 à 100-). / Wellenkalk peu fossilifère, avec Schaumkalk.
\ Dolomie du Wellenkalk.
Le Wellenkalk est ainsi nommé à cause de la tendance des lits de stratification à former des surfaces ondulées. Le Schaumkalk ou calcaire spongieux est une roche tendre, remplie de vacuoles, où abondent les myophories.
C*est dans Tassise moyenne, essentiellement dolomitique, que sont concentrés les importants gisements salifères de la Thuringc, du Wurtemberg et de la région du Neckar. Le sulfate de chaux y est, tantôt à Tétat de gypse, tantôt à Tétat d*anhydrite. Dans la Franconie, le muschelkalk est gypsifére, mais ne contient pas de sel. Les dolomies sont le plus souvent celluleuses et quelquefois bitumineuses.
L'assise supérieure est formée d*un calcaire coquillier en bancs épais et réguliers, alternant avec des couches marneuses. A la base, le calcaire est littéralement pétri de fragments spathisés de tiges d'encrines (E. liliiformis)^ qui lui ont fait donner le nom de Trochitenkalk (calcaire à entroqnes ou à encrines). Au-dessus, dans les couches de marne, abondent les Ceratites (C. nodosus^ C. semipartitus). Les Pecten lastngatiis et Lima striata sont fréquents à ce niveau, où Ton rencontre aussi un crustacé, Pemphix Sueuri. Enfin certains bancs de cette assise, en Souabe et en Franconie, sont remplis de Trigonodtts Sandbergeri.
En général, le muschelkalk se termine, à sa partie supérieure, par un horizon nettement dolomitique, où Ton rencontre de nombreux fossiles et spécialement de petits crustacés du genre Bairdia (Saxe, Bavière, Odenwald). A Wùrzbourg, le calcaire à Bairdia est glauconieux.
K«aper. — L'étage Keupérien ou Keuper est principalement constitué par des argiles ou marnes bariolées, quelquefois charbonneuses, alternant avec des grès tendres et contenant fréquemment du gypse. On y peut distinguer deux assises :
1^ L'assise inférieure, dite du Lettenkohle ou Kohlen-Keuper, à cause des lits
(i) Credner, Traité de Géologie, p. 478.
TRIAS Y0SGIEI9. 799
charbonneux, subordonnés à des argiles schisfeoses, qu^elIe renferme, a 70 métrés de puissance et se relie étroitement au muschelkalk sous-jacent. Elle est formée de grès {HavptmmdgteinyLetlenkohlensandstein), d*argiles schisteuses et de schistes marneux, avec intercalations d*une espèce de lignite ou de houille ai^leuse et / impure, rarement exploitable (Lettenkohle). On y trouve de nombreux végétaux, Araucaroxylum thuringicum, Widdringtonites Keuperianm^ Voltzia heterophylla, Tceniopieris vittata^ Pterophyllum longifolium, Equisetum arenaceum.
Au dessus de cet ensemble vient une couche de dolomie, appelée Dolomielimite (Grenxdolomit) et contenant des fossiles marins, identiques avec ceux du muschelkalk, Gervillia socialiSy Terebratula vtdgaris, Myophoria Goldfussi.
L'assise du Lettenkohle renferme, notanmient à Tûbingue, des couches formées d*une véritable brèche à ossements (bone-bed) de poissons et de sauriens. Les dents de Ceraiodus y abondent et on trouve à ce niveau des restes de Moitodonsaurus Jaegeri.
2*» L'assise supérieure est celle du Keuper gypseux et bariolé. Son épaisseur varie entre iOO et 500 mètres. Les marnes bariolées qui en occupent la base renferment du gypse ; on observe au-dessus plusieurs horizons de grès avec plantes terrestres, dont les principaux sont le grès de Stuttgart ou grès à roseaux (Schilfsandstein), exploité en Wurtemberg pour les constructions et le grès à Semionotus, appelé aussi Stubensandstein^ parce qu'il fournit un sable qu'on répand sur le sol des habitations. L'assise qui nous occupe offre à Wûrzbourg la coupe suivante de haut en bas :