TYPES FRANÇAIS DIVERS DU TRIAS
D*aprèscela, le faciès des arkoses se répète à diverses hauteurs dans le trias du centre de la France.
Près de Couches-les-Hines, une dolomie calcarifère rosée, avec lit de cal- 4^ire compact, qui est située au sommet de Tétage keupérien, renferme Avicula éxilis avec des natices et des myophories (1) ; elle parait correspondre à la partie supérieure du Keuper de Lombardie.
Dans TAuxois, le dépdt du Keuper, formé d*argiles bigarrées alternant avec des arkoses, a été marqué par des épanchements siliceux, de nature calcédonieuse, qui forment au milieu des argiles et des grès des nappes très étendues, des amas lenticulaires allongés, ou encore d'énormes masses irrégulièrement distribuées (2). Aux environs de Corbigny, les nappes siliceuses, superposées au granité, sont recouvertes par les sédiments jurassiques non transformés.
Dans le Jura salinois, le Keuper se compose de trois assises (5) : celle du bas est salifère et puissante de 104"; celle du milieu, qui est gypsifère, a 50"; enfin Tassise supérieure, avec schistes et calcaires à Cypricardia, Posidania, Avicula, possède une épaisseur d'une trentaine de mètres. C'est dans l'assis^", salifère que s'observent les cristaux de gypse et de polyhalitc, qui font défaut dans l'assise gypsifère. Au sommet de la première existe à Pyrniont, à Grozon et à Marnoz une couche de houille d'un mètre. Le gypse de l'assise moyenne est très régulièrement stratifié. M. Marcou attribue sa formation, ainsi que celle du sel gemme, à des sources qui se seraient fait jour dans la mer Keupérienne.
ProTen«e, liani^edoc, Corbléres, Pyrénées. — Le grès bigarré existe en Provence, au-dessus des grès rouges permiens, sous la forme d'un grés blanc à pavés, à ciment siliceux. Ce grès repose sur un poudingue à galets de quartz blanc et de quartz rose. Dans le Var, à Yallauris, il est remarquable par l'absence totale des éléments feldspathiques, si abondants au milieu du permien sous-jacent (4).
Le muschelkalk de Provence se lie, à la base, au grés bigarré par des marnes bariolées; ensuite viennent des calcaires avec nombreux lits marneux, où abondent les fossiles, notamment Terebratula vulgaris etEncrinusliluformis, puis une série de calcaires offrant l'aspect de brèches à éléments ressoudés sur place.
Le Keuper se divise en une assise inférieure, avec marnes à ciment, gypse et cargneules, et une assise supérieure, formée de dolomies et de cargneules, le tout ensemble ayant iOO" d'épaisseur.
Près de Lodéve, à Fozière, des empreintes d'un labyrinthodonte (Chirosaurns Barthi)y se rencontrent dans un grès que les auteurs rapportent au grès bigarré. Un calcaire dolomitique caverneux et des calcaires schisteux séparent ce grès de marnes bariolées, contenant de puissants amas de gypse saccharoîde. A Roujan, les gypses sont recouverts par des cargneules.
(1) Pellat, Bull, de la Soc. géoL de France, .>• série, lY, p. 569.
(2) VélaÎR. Bull, de la Soc, géoL de France, 3« série, VU, p. 768.
(3) Marcou, Mémoires de la Société géoL de France,^* série. lîl.
(4) Hébert, Bull, de la Soc. géol. de France, 3« série, V, p. 768.
Aux environs de Neffiez, Fournet a signalé des calcaires marneux impurs, avec schistes marneux gypsifères et contenant les fossiles du muscheikalk, Lingula tenumima, Lima striata, Avicula Bronni, Myophoria curvirostris.
Le trias des Corbières a, diaprés M. Hagnan, une puissance de 500 à 600">. Le grès bigarré y existe sous la forme de grès poudingues de colorations diverses* alternant avec des argiles. Le muschelkalk est formé de cargneules, de calcaires cariés et de dolomies, avec fossiles indéterminables. Quant au Keuper, il comprend trois sous-étages : Tinférieur, constitué par des grès siliceux et feldspathiques avec des ailles, le moyen, composé de cargneules et de dolomies et le supérieur, consistant en argiles bariolées avec dépôts gypseux.
Le trias de la région pyrénéenne s*observe dans les environs de Bayonne, à la montagne de la Rhune, où Ton voit, reposant sur des schistes et grès rouges permiens; 1® des poudingues à galets roulés et impressionnés, très analogues à ceux du grès vosgien; 2® des grès rouges, plus ou moins bigarrés, devenant blancs et micacés en haut ; Z^ des argiles feuilletées et versicolores, où Ton peut voir l'équivalent du Keuper (1).
Cotentln, Bovionnais. — Le trias, aux abords du Cotentin, est formé de graviers, de poudingues, de sables, de grès et de marnes rouges, dont Tépaisseur ne parait pas dépasser 60*". Cet ensemble est la continuation des dépôts triasiques du Somerset et du Devonshire et parait correspondre seulement à la partie supérieure de Tétage Keupérien (2). En général, les graviers et poudingues sont séparés des marnes rouges par un conglomérat calcaire, devenant magnésien par l'addition de rognons dolomitiques. A Montmartin-en-Graignes, ce conglomérat a 12"» de puissance; il contient des galets de grès silurien et de calcaire marbre, soudés par un ciment calcaire à veines spathiques.
On rapporte au trias un poudingue à ciment rougeâtre et à galets calcaires, accompagné de grès et d'argiles rouges ou jaunes, qui, dans le Pas-de-Calais, à Fléchin, Febvin, Audincthun, repose en discordance sur les affleurements sporadiques du système dévonien. A Audincthun, son épaisseur est de 15"» (5).
Alpes oeddentales. — Dans le massif des Alpes occidentales, le trias affecte un faciès spécial, qui l'éloigné sensiblement du type franconien ou vosgien. Sur le versant occidental des massifs cristallins de l'Oisans, le système triasique, généralement très mince, se compose de gypse, d'anhydrite, de dolomie et de sel gemme avec grès et schistes argileux bariolés (4). Mais de l'autre côté de la chaîne de Belledonne, ce système acquiert subitement une épaisseur considérable. Les grès bigarrés deviennent assez durs pour avoir été, à tort, qualifiés de quartzites. Le tunnel de Hodane les traverse sur 300°". Au dessus viennent des calcaires magnésiens avec quelques fossiles, représentant atrophié du mus-
(1) Hébert, Bull, de la Soc. géol., 3« série, IX, p. 180.
(2) Ussher, Quart. Joum, ofthe geol. Soc. of London, XXXV, p. 245.
(3) Gosselet, Esquisse géol, du nord de la France^ p. 170.
(4) Lory, Bull, de la Soc. géol. de France, 3« série, I, p. 266, V, p. 761.