‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 255 sur 483 · TRIAS ALPIN · texte numérisé non relu

TRIAS ALPIN

chelkalk; enfin le tout est couronné par de puissants dépôts de gypse et d*anhydrite, souvent imprégnés de sel (Moutiers, Bourg-Saint-Maurice).

Au lieu d'être intercalés dans des argiles, les gypses se trouvent dans des schistes gris lustrés, remplis de mica; cette bande de schistes, qui forme le bassin du Queyras et les vallées de la Tarentaise, se poursuit en Piémont et dans les Grisons. Son épaisseur, de Bardonnèche à Modane, dépasse 4000".

C'est surtout à M. Alph. Favre que revient le mérite d'avoir constaté, dès 4859, que les cargneules ou calcaires dolomitiques cloisonnés des Alpes, auxquels se relient les dépôts salifères de Bex et de la Tarentaise, formaient un horizon constant à la base de la série jurassique. On a reconnu depuis que, dans les Basses Alpes, il y avait un passage graduel entre le calcaire dolomitique du Keuper et un schiste verdâtre, lustré, calcaréo-talqueux, semblable à celui du Queyras (1). En tout cas, le fait remarquable est l'immense augmentation d'épaisseur du trias lorsqu'on a franchi la ligne des massifs cristallins allant des Alpes maritimes aux Alpes Bernoises par le mont Blanc et TOisans. On en peut conclure que le trias de cette partie des Alpes s'est déposé dans des détroits encaissés, soumis à un phénomène d'enfoncement continuel (2).

Il existe dans le massif du mont Blanc une arkose, à laquelle sont suboi;plonnés les amas de jaspe de Saint-Gervais, et que M. Alph. Favre a assimilée au grès bigarré (5). Cette arkose est recouverte par une assise de cargneules. M. Daubrée (4) a signalé l'analogie des jaspes de Saint-Gervais avec ceux du grès bigarré de Plombières, qui doivent leur origine à des infiltrations quartzeuses survenues sur le bord d'un massif granitique.

TRIAS ALFIN

Divisions générales. — Le tnas de la région des Alpes orientales offre une •constitution tout à fait différente de celle du type franconien ou vosgien. A l'exception du grès qui en forme la base et qui est un véritable tuf de porphyre, toutes les assises du système sont de formation marine et contiennent une association de formes fossiles secondaires avec des types paléozoîques. Il est remarquable même que cette association soit surtout évidente dans les parties du trias alpin qui représentent le Keuper et où de puissantes assises de dolomies ou de marbres se substituent à la forme classique des marnes bariolées. Les gisements de sel continuent cependant à s'y montrer; mais tandis que le sel du Wurtemberg est concentré dans le muschelkalk et celui de la Lorraine dans le Keuper gypsiCère, c'est à la hauteur du Kohlenkeuper que paraissent devoir être rangées

(1) Gamier, Bull, de la Soc, géoL de France, 2* série, XXIX, p. 624.

(2) Lory, loc. cil,

(5) Hecherchet géologique*, 1867, lU.

(4) BuU, de la Soc. géol. de France, 2« série, III, p. 78Î.

les assises saliféres du Salzkaininergul, en même temps qu'une autre série de gisements du même genre est enclavée à la base du trias alpin» dans des couches synchroniques du rûth franconien.

La connaissance des subdivisions du trias alpin est de date relativement récente* Elle est due surtout aux travaux des géologues autricbiens, MH. Emmrich, von Hauer, von Klipslein, Laube, Lipold, von Mojsisovics, von Ricbthofen, Stache, Suess et Foetterle, ainsi qu'aux études de HH. Benecke, Escher de la Linth, Gûmbel, etc. Nous nous bornerons à faire ressortir les traits principaux de ce faciès si intéressant d'un système qui, avant ces découvertes, n'était connu que par ses types littoraux ou terrestres.

Le tableau suivant résume, d'après M. Credner (1), le synchronisme des assises dans les principaux districts alpins.

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