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B. ÉTAGES SUPÉRIEURS

CalioTlen. — Le callovien, représenté dans les Ardennes par la zone à Amm. macrocephaluSf est formé par une argile grise pyriteuse, épaisse de 8 à iO", avec plaquettes gréseuses et un minerai de fer argileux, à l'état de limonite oolithique, constituant une couche de 4 ou 5", riche en fossiles, Amm. macrocephalus, A. Bâcher iœ, A.Chamousseti, A. Goweri, Osirea Knorri, Trigonia arduennemis, Pecten fibrosiis, Rhynchonella spathica. L'argile fait quelquefois défaut à la base et le minerai, à l'état de taches rouges dans un calcaire rognonneux, se relie intimement au bathonien sous-jacent. La limonite callo vienne a fait l'objet d'une exploitation active dans toute la zone qui s'étend, au pied des crêtes oxfordiennes, entre la Besace et Poix.

Le callovien inférieur, caché dans la Meuse par les éboulis et les alluvions de

(i) Wohlgemûlh, loc. cit.

(2) Tepquem et Joiurdy, Bull, de la Soc. géol. de France, 2» série, XXVI, p. 947.

(3) Douvillé, Bull, de la Soc. géol. de France, 3« série, YI, p. 576.

la plaine de la Woévre, apparaît de nouveau près de Toul, ainsi qu'à Lîffol-le- Petit, sous la forme d'un calcaire marneux, contenant Amm. tumidm^ Waldheimia sublagenaliSj CoUyrites eîliptica. On peut le suivre ainsi jusque dans la Haute-Marne, où il devient de plus en plus calcaire (1).

Le callovien supérieur ou zone à Amm. anceps se montre, à partir de LîffoHe- Grand, sous la forme d*un calcaire marneux à oolithes ferrugineuses, se poursuivant jusqu'à Bologne et à Chaumont, dans la Haute-Harne. (1 renferme Amm. JasoTiy A. coronalus, A. BackerisBy A. lunula^ Waldheimia umboneUa^ CoUyrites elliptica.

Oxfordlen. CSaizo. Calcaire à challles. — Dans les Ardennes, la zone à Amm. Lamberti est à l'état d'argile téguline, exploitée à Omont ; elle forme une assise peu fossilifère, à Gryphœa dilatata, épaisse d'une cinquantaine de mètres et contenant, à sa base, Serpula verlehralis et Belemnites cîucyensis. Cette assise sert de sous-sol, tantôt à de belles prairies, tantôt aux parties les plus riches (molières) de la Forêt de l'Argonne occidentale. Quelques concrétions siliceuses s'y observent vers la base. Au-dessus vient, formant partout une falaise assez abrupte (fig. 411), garnie de forêts, la gaize à Amm. Mariœ ; c'est un mélange

Marcfuigny ForvlcUMaxarm. V«nilr«s«« Oxnicoort LaBarR

Fig. 411. — Coupe du système ooliUiique aux environs de Vendresse.

1, grès vert crétacé; % marnes â 0. dclloidea; Z, corallien ; i, oolithe ferrugineuse de Neuvizy; 5, gaizc à Amm. Marim: 6, argiles oxfordiennes; 7, minerai de fer callovien; 8, bathonien supérieur: 9, gmnde ooUthe; 10, calcaires jaunes et marnes à O.acuminata; ll,bajocien; lé, marnes toarciennes

d'assises marneuses et de couches d'un grès argileux, riche en silice gélatineuse, avec Modiola bîparlitay MyiUns imbricatuSy M. consobrinus, Pinna lancedata, Pholadomya exaltata. Cette assise, dont la puissance peut être évaluée à 50°» au moins, devient de plus en plus siliceuse à mesure qu'on s'y élève et renferme, en abondance, dans le voisinage de son sommet, 0. gregarea et Gryphœa dilatata (variété plate). Elle est recouverte par une couche peu épaisse de marnes et de calcaires rognonneux avec petites oolithes ferrugineuses, se transformant, sur le bord extrême des affleurements, en limonite oolithique. C'est le minerai de fer de Neuvizy ou zone à A. cordatus. A Neuvizy, où la couche exploitée a de 2 à 3", les fossiles sont nombreux, à l'état siliceux. On recueille, dans cette localité et aux environs, Amm. cordatus. A, Martelli, Rhynchonella Thurmanni, Chemniizia heddingtonenm, Gervillia aviculoides, Plicattda tubifera^ Gryphœa buUata, Galeropygus, Echinobrissus micraulusy Cidaris cervicaliSf Acrosalenia decorata^ etc.,

(1) Wohlgemûth, Bull, de la Soc. géol. de France, Z* série, X, p. 111. — Bien que la Haale- Mamene fasse pas, à proprement parler, partie de la Lorraine, il nous a paru impossible de placer dans un autre paragraphe ce qui concerne les dépôts oolithiques de ce département.

SYSTÈME OOLITfflQUE. TYPES ARDENMIS ET LORRAIN. 875

enfin une grande abondance de Millericrinus omatus. Des concrétions siliceuses en forme de blocs de grés sont quelquefois subordonnées à cette assise.

Les argiles oxfordiennes inférieures forment, dans la Meuse, la plaine de la Woëvre et renferment Trigonia clavellata. Ce sont les argiles de la Woëvre de M. Buvignier. On les exploite pour tuiles aux environs de Toul où, comme dans les Ardennês, elles sont difficiles à séparer du callovien. Quant à Toxfordien supérieur de la Lorraine, il est caractérisé par des marnes sableuses avec concrétions siliceuses qui lui ont fait donner le nom de calcaire à chailles. Parmi ses fossiles, devenus siliceux, dominent Terebratula Galliennei, RhynchoneUa Thurmanni, Gryphœa bullata^ CoUyrites bicordatay Millericrintis horridtu.

Corallien des Ardennês. — Le corallien débute par une marne argileuse, d'un gris noirâtre à la base, de plus en plus calcaire vers le sommet et où abondent de gros échantillons de Phasianella striata. Cette marne, qui forme un niveau d'eau caractérisé à la base des calcaires à coraux, a iO ou 12"> d'épaisseur aux environs de Neuvizy et renferme quelques intercalations oolithiques avec Ammonitei Martelli ; à sa partie supérieure est une couche de marne calcaire remplie d*Exogyra nana et de gros radioles de Cidaris florigemma.

Au-dessus de cette assise, qui correspond à l'argovien, apparaissent les calcaires coralliens, puissants de 120 à 130™. A la base sont des calcaires rognonneux et caverneux, avec polypiers en place, tantôt spathisés, tantôt siliceux (Stylina Deluciy Calamophyllia Moreauij etc.), alternant avec des calcaires terreux et des couches marneuses remplies de radioles d'oursins. C'est surtout à ce niveau que se rencontrent Cidaris florigemma et Hemicidaris crenularis. Au-dessus on observe un calcaire compact, à moules de Diceras arietinum^ avec bancs oolithiques, parfois sableux, à nérinées (Nerinea Defrancei, N. castor). Enfin à la partie supérieure se montre un calcaire compact d'aspect lithographique, entremêlé de marnes et contenant de nombreux lamellibranches écrasés.

Corallien de in Mense et de In ■nnte-Hnrne. — Dans la Lorraine, aux environs de Saint-Hihiel, notamment à Varvinay, le corallien inférieur est formé par 5 à 8" de calcaire à encrines, avec Waldheimia censoriensis^ Glypticus hieroglyphicus, Cidaris florigemma^ reposant directement sur la partie supérieure du calcaire à chailles et se continuant sur une assez grande puissance sous la forme d'un calcaire en partie à grain fin, en partie oolithique. Mais non loin de là, à Creuë, on trouve, exactement au même niveau, un calcaire blanc à grain fin, à Pholadomya lineata, Panopœa peregrina^ Ammonites canalicidatusy se poursuivant, sur plus de 60", jusqu'au sommet du plateau d'Hattonchâtel. Comme d'ailleurs des coupes récentes ont permis de constater la superposition directe du calcaire de Creué aux couches à Terebratula Galliennei, on ne saurait se refuser à voir dans ce calcaire, parfois considéré comme oxfordien, un faciès vaseux de l'ensemble de l'argovien et de la base du corallien (i).

(1) Douvillé, Bull, de la Soc. géoL de France, 3- série, IX, p. 463. — Wohlgemûth, ibid,, X, p. i04.

874 GROUPE SEœNDAIRE.

Le dicératien est formé, à Saint-Mihiel, par l'oolilhe blanche à nérinées et à Diceras arietinurriy puissante de 15 à 20°* et couronnée par des calcaires d*un blanc de craie, presque compacts.

L'étage corallien des environs de Saint-Mihiel, dont l'épaisseur est d'environ 70", a fourni des fougères, Coniopteris conferta^ Scleropteris Pomeli, Stachypteris spicans, Jeanpaulia ohima, i. laciniata^ J. flabeUiformisy des cycadées, Zamites Moreaui, Z. confusus, enfin des conifères (Brachyphyîlum).

C'est au corallien qu'appartiennent les pierres de construction si estimées d'Euville et de Lérouville, dans la Meuse.

Dans la Haute-Marne, où le corallien a près de 100*", les couches à Amm. corhiatus sont surmontées par des marnes auxquelles elles se relient d'une façon insensible et qui contiennent Amm. hispidus et Amm. Martelli. Ensuite viennent des marnes et des calcaires compacts à Amm. Marantiantu et A. bimammatus, renfermant des intercalations de calcaire grumeleux à Cidaris fiorigemma. Enfin l'étage se termine par Voolithe corallienne de DotUaincourt et de Saucourt, à Diceras arietinum, Cidaris florigemma et nérinées, parfois interrompue par des bancs marneux à Amm. bimammatus. Ainsi, dans cette région, le faciès marneux tend à prédominer sur les formations de récifs.

Ce caractère devient encore plus prononcé dans la vallée de la Marne, où les couches à Amm. canaliculatus sont surmontées par des marnes sans fossiles, lesquelles, à Vouécourt, viennent s'appuyer en biseau contre les calcaires à polypiers, comme un dépôt vaseux qui s'est formé au pied d'un récif. Ces marnes sont donc synchroniques de l'oolithe à Diceras (1). L'interruption des récifs coralliens en cet endroit s'explique sans peine si l'on remarque que les marnes ^ans fossiles occupent la place du détroit par lequel le bassin parisien communiquait avec celui du Jura.

De cette façon, les calcaires marneux à Amm. bimammatus s'offrent à nous comme le faciès pélagique normal de l'étage corallien, au milieu duquel les oolithes et les récifs ne constituent que des accidents plus ou moins localisés.

lUmmerldi^en ardeanals. — La série qui se développe au-dessus du corallien, dans la région ardennaise, comprend les assises suivantes, dont les cinq premières correspondent au séquanien et au ptérocérien, et les trois dernières au virgulien. Là se termine le système oolithique, les grès verts crétacés ayant fortement débordé vers le nord-est les affleurements jurassiques.

%• Argiles à^ Ostrea virgula. \

7. Marnes grises avec lumachelles à 0. virgula et Amm» Lalliert, ' > ao à 50"^

6. Calcaire maraeux blanc et marne à chaux de Grandprét à Pholàdomya Protêt et i ^ '*

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