Schistes à bélemnites de Jelatma
Les couches 2 et 3 représenteraient le callovien et Toxfordieu ; l'assise 4 pourrait correspondre à la zone à Amm. tenuUobatm. 5 et 6 seraient l'équivalent du Jura blanc; quant aux couches à inocérames, il n'est pas sûr qu'elles n^appartiennent pas à la série crétacée.
Zone fteptcntrioBale d'Earope et d'Asie. — L'oolithe inférieure parait occuper, dans le nord de la Russie et de l'Asie, une étendue considérable. Elle est représentée dans ces contrées par des dépôts de grès et de schistes argileux, avec couches d'un combustible parfois exploitable, contenant de nombreuses empreintes végétales, qui sont celles de Scarborough (2). Ainsi, depuis cette localité, le faciès terrestre de l'étage parait s'être poursuivi sans interruption jusque dans l'extrême Orient. En effet, on l'observe à Andù, en Norvège, par G9<» de lat. N. ; au Spitzberg, près du cap Boheman ; dans les districts de la Petschora et de la Tunguska ; dans l'Altaï, à Kusnezk ; en Sibérie, aussi bien à Ajakit, par 7i*> lat. N., que dans le bassin de l'Amour et jusqu'au Japon.
Les fossiles qu'on y trouve sont des espèces tropicales ou subtropicales de fougères, de cycadées et de conifères, parmi lesquelles dominent Asplenium Whilbiense, Podozamites lanceolatuSy Phœnicopsis angustifolia^ Baiera pulchella, Pinus Nordenskjoeldi, etc. Certaines espèces s'observent depuis l'Angleterre jusqu'au bout de la Sibérie et une différence en latitude de vingt degrés, comme celle qui sépare les gisements de l'Amour de ceux d'Ajakit, ne parait pas avoir exercé d'influence sur la flore, partout composée des mêmes types.
Le jurassique de ces régions n'est du reste pas exclusivement d'eau douce. Au Spitzberg, comme clans le bassin de la Petschora, on a recueilli Ammonites tripartituSy Cardium concinnum , Leda nttdq, Inoceramus revelatus, Aucella mosquensis (o).
Inde. Amérique. — Des dépôts analogues à ceux de l'Asie septentrionale, également pourvus de combustible, existent dans l'Inde, où MM. Blanford et Medlicott les ont décrits (4) sous le nom de système supérieur de Gondwana.
(1) Neumayr, Geogn. palmontoL Beitrxge, Munich. 18T6.
(2) Heer, Mém. Acad. de Saint-Pétersbourg, XXV (1878) ; XXVII (1880). — Schmalhausen, ibid.,
xxvu.
(3) Lindstrœm, Geoî. Magazitie^ V, p. 30.
(4) Geology of India.
Hais ce groupe est très complexe et ses couches les plus élevées, celles de Jabalpur, doivent seules correspondre au système oolithique, bien qu'il y ait désaccord entre la flore, voisine de celle de Scarborough, et la faune marine des assises encaissantes, alliée par ses céphalopodes à Toolithe supérieure européenne. A cette époque, l'Inde devait être séparée de l'Europe et unie à l'Australie.
Dans le district de Kutch, des sédiments marins, riches en céphalopodes, laissent reconnaître sans peine le bathonien, le callovien, l'oxfordien et l'oolithe supérieure (1).
En divers points du massif des Montagnes Rocheuses, on rencontre des marnes et des calcaires contenant des fossiles, tels que Belemnites densus et Ammonites cordiformiSy qui indiquent l'étage moyen du système oolithique. Dans la même région, les étages supérieurs sont représentés par des sédiments lacustres ou saumâtres, avec restes de reptiles, tels que les couches dites à Atlantosaurus^ où M. Marsh a signalé une intéressante faune de mammifères, étroitement alliée à celle du Purbeck d'Angleterre.
La partie inférieure du système oolithique est représentée, dans la chaîne côtière de la Colombie anglaise, par des couches à Ammonites Humphriesianus et à belemnites (2). La plupart des espèces sont identiques avec celles du terrain jurassique du Dakota. La barrière des Montagnes Aocheuses n'était donc pas formée à cette époque.
Enfm les étages bathonien, callovien et oxfordien existent en plusieurs points de la chaîne des Andes, notamment auprès dé Caracoles (Bolivie), où l'on recueille, entre autres, Amm. Humphriesianus , Amm. macrocephalus et des formes très voisines d'^mm. anceps (3\