‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 326 sur 483 · SYSTÈME INFRACRÉTACÉ. TYPE DU BRAY · texte numérisé non relu

SYSTÈME INFRACRÉTACÉ. TYPE DU BRAY

huîtres (0. aqiiila), qui paraît représenter la partie supérieure de Taptien, et que couronne, à Wissant, une assise de grès vert calcarifère, avec sable, épaisse de 4". Au-dessus apparaissent, formant une couche de 0"60, les nodules phosphatés et pyriteux de la base de Talbien, avec Amm, mamillaris. Quant à Targile bleue du gault, si puissante à Folkestone, elle n*a plus que 5 ou 6™ à Wissant, où elle renferme d'ailleurs les fossiles habituels de la zone à Amm. intemipius. Enfin celte argile est couronnée par 7™ d'une marne argileuse grise à Amm, inflatm, Inoceramus stdcatus, Nucula bivirgata, équivalent de la gaize.

Pays de Bray. — Tandis que, dans la Haute-Marne, plusieurs couches marines, très nettement fossilifères, alternent avec les sédiments d'eau douce du néocomien et de l'urgonien, la série correspondante, eu Normandie, n'offire, pour ainsi dire, que des retour» insignifiants de l'élément marin. Les sables et les argiles de diverses couleurs y prédominent, préparant le faciès du wealdien de l'Angleterre.

C'est dans le Pays de Bray (fig. 449) que la succession des assises doit être

Boiji d»Cr«ne

NJE.

Fig. JU9. — Coupe au 10,000* prise transversalement à la lisière septentrionale du Bray, prés de Glatigny.

1,pOrUandien inférieur et kiromeridgien; 2, portlandien supérieur; 3, sables blancs et argiles rérractaires ; é, grés ferrugineux et argiles à poteries; 5, glaise panachée; 6, sables verts; 7, gault et gaize; 8, craie cénumanienne; 9, craie turonienne; 10, craie sénonieone; F, faille.

étudiée. Elle est bien complète entre Forges-les-Eaux et Beauvais, où l'on peut

établir la série qui suit (1) :

Ti. Glaise panachée, identique arec l'argile rose marbrée de la Haute-Marne (15 à 23»).

2. Grès ferrugineux et argiles à poteries-grès (15 à 25") avec lits marins subordonnés à Cardivm

êubhUlanum et Panopxa tieocomiensts, 1. Sables blancs et argiles réfraclaires (20 à 25").

C'est à la base de la première assise que se trouvent les amas de terre réfractaire depuis longtemps exploités autour de Forges et de Gournay. Les sables sont très blancs, avec petites veines, les unes ocreuses, les autres charbonneuses et contenant des empreintes de fougères, Lonchopieris Mantelli.

L'assise n*» 2 contient souvent, avec des terres plastiques noires ou bleuâtres, des lits d'un grès ferrugineux qui se transforme en véritable minerai, soit géodique, soit oolithique.

Au-dessus de cet ensemble, qu'on peut mettre en parallèle avec le néocomien et l'urgonien, apparaît, du moins dans le sud du Bray, une argile grise à Ostrea aquUa, Celte argile est recouverte par le sable vert albien, épais de 20 à 40°» et

(i) De Lapparent, le Pays de Btay, 1879.

généralement moins glauconieux que celui de la Haute-Harne. A ce sable succède l'argile du gault, bien constante dans toute la contrée, où son épaisseur est ordinairement de 6"; ses fossiles sont Ammonites Delucif A, nplendenSj Exogyraparvula. Enfin on retrouve par-dessus, avec une épaisseur de 40 à 45", la gaize à Amm. inflatus^ presque identique avec celle de TArgonne, argileuse en bas et se fondant insensiblement avec le gault, tandis qu'à sa partie supérieure elle est poreuse, légère, parsemée de nodules de silex et de pyrite et imprégnée de silice gélatineuse, quelquefois aussi de grains de glauconie.

Falaises normandes. — En dehors du Bray, le système infracrétacé ne se voit plus en Normandie qu'en de rares points de la vallée de la Seine (Rouen, Villequier) et le long des falaises entre la Hève et Saint-Jouin. On peut alors constater qu'il n'existe aucun représentant certain des étages néocomien et urgonien. L'argile virgulienne de la Hève est directement surmontée par une assise de sables jaunes bariolés de rouge, épaisse de 20 à 30 mètres, et se terminant par un poudingue ferrugineux. Ce poudingue renferme 0. aquila et Amm. Milletianus et, dans des nodules subordonnés aux sables sous-jacents, on a trouvé des crustacés ainsi que des moules de Thetis lœvigata. La difûcuité d'établir aucune ligne de démarcation dans la masse des sables de la Hève fait que, jusqu'à nouvel ordre, il semble plus prudent de les réunir en un seul étage, correspondant à l'aptien. Peut-être cependant les couches inférieures au poudingue sont-elles d'âge plus ancien (1).

L*étage albien, assez rudimentaire sur les falaises normandes, offre à Cauville la succession suivante :

5. 2** de marnes micacées grises, alternant avec un calcaire siliceux gris très compact. *2. S*» à "l'^oO d'argile sableuse, glauconieuse, noirfttre et pyriteuse.

1. 2 à 3" d'argiles sableuses, noires, glauconieuses, renfermant, i la base, des graviera et des nodules phosphatés.

L'assise n* 1 a fourni quelques moules de fossiles animaux, de l'ambre et des conifères (Cednis reticulatus). L'assise 3 est l'équivalent de la gaize; son calcaire siliceux contient des fossiles transformés en calcédoine, Amm. inflatus, A. auritu9, Turrilites Bergeriy etc.

AaeliéBleB de la Flandre et dn Malnà«t. — Dumont a depuis longtemps distingué sous le nom d'Aachénien (2), en le plaçant à la base du système infracrétacé, un ensemble de sables blancs, gris, violacés, ferrugineux et d'argiles diversement colorées, souvent réfractaires, parfois lignitifères, qui, en de nombreux points de la Belgique, au nord de l'axe de l'Artois, recouvrent directement les couches carbonifères. Les dépôts aachéniens sont très inégalement répartis et occupent surtout d'anciennes dépressions, dont les plus importantes sont le golfe de Mons et celui de Fourmies (3): Ces sables et argiles n'ont fourni pendant

(1) Lennier, BulL de la Soc. géol de Normandie, 1879, p. 345.

(3) D'Aachen (Aix-la-Chapelle), par suite d'une assimilation, d'ailleurs inexacte, eoti« les sables de cette localité et ceux de la Belgique. (3) Gosaelet, BulL êcient, hist. du Nord, 1874.

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