LE SYSTÈME INFRÂCRÉTACÉ EN BELGIQUE
longtemps que des morceaux silicifîés de conifères, Pinus (Cedrus) Cometi, P. Briartiy etc. Dans le bassin de Mons, où ces dépôts ont reçu de d'Omalius dllalloy le nom de mhlez et argiles d'Hautrage, leur épaisseur atteint jusqu'à iOO">. Ce sont ces mêmes sables qui, sous le nom de torrent d'Anzin^ causent tant de difficultés dans le fonçage de certains puits de mines du Nord. Il est à remarquer que la glauconie y fait toujours défaut. A leur partie supérieure seulement, à Wignehies, on a recueilli, dans des couches àrgiloglauconieuses, Amm. mamillaris et d'autres fossiles albiens.
HM. Cornet et Briart (i) ont émis Topinion que la formation de ces dépôts « est due aux actions destructives des phénomènes météoriques sur les roches primaires, combinées avec celles de nombreuses sources thermales ». Cette formation aurait commencé dès la fm de la période houillère, pour durer jusqu'au retour de la mer avec le gault.
On ne peut méconnaître, en principe, que des sables et des argiles lignitifères en tout semblables à ceux de l'aachénien aient pu se former à diverses époques, puisque le Boulonnais nous en a montré dés l'oolithe inférieure (2). Mais la grande analogie de l'aachénien avec le wealdien anglais et avec le néocomien du Pays de Bray conduit à penser que la plus grande partie, sinon la totalité de ces dépôts, doit appartenir au système infracrétacé. Un fait qui donne beaucoup de poids à cette manière de voir est la découverte, récemment faite en Belgique, d'un riche gisement d'/^ano^on dans une argile de cet âge (3). A Bemissart, le terrain houiller est traversé par une faille dont le remplissage est formé d'argile aachénienney descendue en ce point, à la faveur de la cassure, à 322"» de profondeur, soit à plus de 180™ de son niveau primitif. Or dans cette poche d'argile, on a découvert les squelettes complets de plusieurs individus gigantesques d'Iguanodon (4), genre caractéristique du wealdien anglais. En outre on a recueilli en grand nombre des tortues terrestres et fluviatiles et surtout des poissons d'eau douce, Lepidotus Fittoni, X. Mantelliy Ophiopsis dorsalisy etc., appartenant au même étage. Cette trouvaille exceptionnelle, en même temps qu'elle a permis de définir avec exactitude la constitution de ces grands dinosauriens terrestres, dont l'anatomie était à peine connue, semble avoir tranché la question en faveur de l'attribution de l'aachénien au wealdien. D'ailleurs les fougères recueillies à Bemissart, Lonchopteris Mantelli, Pecopteris polymorphay Sphenopteris Goepperti, etc. , sont des types wealdiens (5).
Meule. — Les sables aachéniens ne sont pas les seuls dépôts infracrétacés qu'on rencontre en Flandre et en Belgique. Dans le bassin de Mons et aux envi-
(1) Mém. Acad, roy. de Belgique, XXXIII.
(2) Y. ante, p. 866.
(5) Cornet, Ann, de la Soc. géol. de Belgique, V, CV.
(4) Ces ossements, extraits avec le plus grand soîu de la mine de M. Fagës, sous la direction ()e M. Ëd. Dupont, sont l'objet, au musée de Bruxelles, d'une restauration .très heureusement conduite par H. de Pauw.
(5) De Saporta ia Mourlon, Géologie de la Belgique, II, p. 82«
DE UrPiRE.tr, ItkVtt DB CtolUMSU. 50
rons de Condé, la zone albienne à Amm, inflatus forme une assise qui atteint jusqu'à 183"» à Harchies. C'est la meule de Bracquegnies et de Bernissart, grès glauconifère, siliceux ou calcarifère, souvent avec ciment de silice gélatineuse, renfermant une riche faune qui est celle de Talbien supérieur et dont les principales espèces, Trigonia dœdalea, Cardium Hillanuniy Ostrea conicay Pectunculus sublœvisy Turritella granuîaia, etc., se rencontrent dans les couches de Blackdown en Angleterre (i). A Anzin, cette zone est à l'état d'argile à Inoceramus sulcatus. A Bracquegnies, on constate la superposition directe de la raeule aux sables et argiles d'Hautrage.
LE SYSTÈME IlIFRACRÉTACÉ EN ALLEMAGHB
Weaidlen do Hanovre. — L'Allemagne du nord-ouest, à l'époque de Purbeck, était soumise à des conditions tout à fait semblables à celles du sud de l'Angleterre. Aussi ne doit-on pas s'étonner de retrouver dans le Hanovre, sur la frontière de la Hollande, un véritable terrain wealdien, formé d'une série de
Kappenberg. Aienstedt.
Baninghansen.
Fig. 450. — Coupe da massif du Deister (d'après Heinrich Credner).
a, virgulien; b, calcaire d'Eimbeckhausen ; c, marnes de Mûnder; d, serpulit; e, grés wealdien;
/, argile wealdienne; g, argile du Hils.
couches de grès, de sable et d'argile, avec lits de combustible minéral, dont le massif du Deister permet de bien saisir les relations (fig. 450).
Le wealdien allemand (quand on en détache, comme nous lavons fait, les marnes de Mûnder et le serpulU), comprend deux grandes assises : à la base, le grès wealdien (WecUdensandsteinf Deistersandstein), assimilé au grès de Has^ tings et, au sommet, V argile wealdienne (Wealdenthon) (2).
Le grès wealdien, dont la puissance, au Deister, varie entre 13"» et 180», est formé de grés et de schistes sableux ou marneux. Le grès renferme quelques assises d'un grain très égal et d'une grande solidité, qui sont employées dans les constructions et ont fourni d'excellentes pierres pour la cathédrale de Cologne. Les schistes sont généralement bitumineux, pjTÎteux et contiennent, avec des nodules de sphérosidérite, quelques veines d'une houille exploitable, noire et brillante. 11 en existe au Deister 15 couches, dont la puissance varie le plus souvent de 0",07 à 0",20, atteignant rarement 1".
(1) Brlart et Cornet, Mém, Acad, roy, de Belgique, XXXIV (1870).
(2) Struckmann, Die Wealden-Bildungen, Uannover, 1880.