DISTRIBUTION D£S TEMPÉRATURES
globe s'offre à nous, au moins pour une grande part, comme une conséquence des phénomènes géologiques du passé.
B18THIBUTIOH DES TEHPÉHATUHB8 8UH LE ttLOBE
mmjemmem. — Les considérations générales qui viennent d'être exposées nous ont bien préparés à comprendre les modifications dont le cUmat des diverses latitudes est susceptible en raison des circonstances géographiques propres à chaque contrée. Il convient maintenant d'indiquer à Taide de quels éléments de comparaison ces différences peuvent être exactement évaluées.
L'élément le plus important de l'appréciation des climats est la température de l'air dans le voisinage de la surface du sol, car c'est là que s'accomplissent les diverses réactions physiques, chimiques et physiologiques qui constituent le jeu de la dynamique externe. On a l'habitude de déterminer cette température à l'aide de thermomètres suspendus à deux mètres au-dessus du sol et placés à l'abri de toute radiation accidentelle. Les variations thermométriques étant constatées soit par des observations répétées, soit, ce qui vaut beaucoup mieux, d'une manière continue, à l'aide d'appareils enregistreurs, on peut dresser la couri[>e des oscillations de la température avec le temps et en conclure, en toute rigueur, ces éléments qui s'appellent la moyenne diurne, la moyenne mensuelle et la moyenne annuelle.
C'est cette moyenne annuelle qui est la principale caractéristique du climat d'un lieu. A Paris, sa valeur se maintient depuis longtemps à -|-10<*,8.
iMMiMmes. — En réunissant, à l'aide de courbes, tous les points du globe qui possèdent la même température moyenne annuelle, on obtient ce qu'on appelle une carte des isothermes; un simple coup d'œil jeté sur une telle carte permet d'apprécier toutes les circonstances que présente la distribution de la température à la surface de la terre.
Remarquons seulement que, pour éliminer l'influence de l'altitude, une bonne carte des isothermes doit faire connaître, non la température de l'air, telle qu'elle a été observée à deux mètres au-dessus du sol, mais celte tempéralure ramenée au niveau de la mer. Du reste, celte correction n'acquiert une grande importance que dans la travei'sée des régions montagneuses, l'altitude moyenne des continents étant peu considérable.
La plus haute moyenne annuelle de l'air, sur le globe, est d'environ 27^,5. L'isotherme qui la définit s'appelle équateur thermal. Quant aux isothermes définissant les plus basses moyennes connues, elles paraissent envelopper deux pôles de froid distincts, situés l'un en Asie, avec une moyenne de — 17^,2, l'autre, dans l'Amérique du nord avec — 19^,7.
îmaOÊèrem. — Si la moyenne annuelle est l'élément caracté-
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ristique du climat d'un lieu, il s'en faut de beaucoup qu'elle suffise à sa détermination. En effet, deux régions de môme moyenne annuelle peuvent avoir. Tune, un climat presque constant, l'autre des étés très chauds, capables de contrebalancer l'influence d'hivers très froids. Or, de Tune à l'autre de ces deux régions, les conditions physiques et physiologiques varieront du tout au tout. Il est donc nécessaii*e de connaître aussi les températures exti'ômes en chaque lieu.
D'ailleurs l'échelle thermométrique, à la surface du globe, est très étendue et l'amplitude des variations observées n'est pas inférieure à 420 degrés. En effet, on a enregistré, en 1858, à Iakoutsk, une température de — 60*G, correspondant à — 70® en rase campagne et, dans l'oasis de Mourzouk, en Afrique, le thermomètre est monté une fois, à Vomhre, à -h 56®C. Sans doute ce dernier chiffre était exceptionnel et rarement la température à l'ombre dépasse -f- W sur la terre ferme et -h 51® en pleine mer. Mais comme en réalité l'action solaire directe se fait sentir en dehors de celle de l'atmosphère ambiante, sur les corps placés à la surface de la terre, on voit que les variations de température auxquelles ces corps peuvent être exposés sont vraiment considérables.
L'amplitude de ces oscillations, variable en chaque lieu de la terre, se caractérise par la comparaison de la température de l'hiver avec celle de l'été. Il faut donc joindre à la considération des isothermes celle des isochimènes et des isothères. Le plus souvent, pour mieux exprimer les extrêmes de chaleur et de froid, on emploie comme isochimène la ligne isotherme du mois le plus fix)id (janvier pour l'hémisphère boréal) et comme isolhère celle du mois le plus chaud (juillet dans le même hémisphère).
Allure nénérale des isotiieniie». — On trouvera, dans les atlas de Géogra- [)hie physique, des cartes faisant connaître le parcoui's sur le globe de ces trois catégories de courbes, dont le tracé acquiert chaque jour plus de précision à mesure que les observations météorologiques se multiplient. Nous nous bornerons à présenter ici (fig. 17), d'après une carte de M. Supan (1), un diagranune indiquant la distribution, en longitude et en latitude, des isothermes annuelles de 0® et de 20® dans les deux hémisphères. Cette esquisse suffira pleinement pour faire ressortir les résultats que nous nous proposons de développer.
Il y a lieu tout d'abord de remarquer Vallure irre'gulière de ces courbes, à l'exception de celle de 0® dans l'hémisphère austral. Loin d'être uniquement déterminée par la latitude, la température moyenne peut varier singulièrement le long d'un même parallèle, et l'isotherme de 0®, dans l'hémisphère boréal, réunit des points dont la différence en latitude est de 25 degrés. Ainsi les influences astronomiques, dans lesquelles réside la cause première des climats, sont puissamment modifiées par un facteur propre au globe terrestre et dont la nature se révèle au premier coup d'oeil par la comparaison des isothermes de 0^
(1) PelermanrC$ Mittheilungen, 1879.