‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 389 sur 483 · MIOCÈNE PARISIEN · texte numérisé non relu

MIOCÈNE PARISIEN

Ton observe un horizon fluvio-lacustre intermédiaire. A Ghalô-Saint- Mars (1), cet horizon consiste en 2°> de marnes et de bancs ligniteux où les fossiles d'eau douce, limnées, planorbes et Bythinia (Paludestrina) Dubuissoni, sont associés à Potamides LamarckL Puis Télément marin reprend un instant le dessus sous la forme d*une marne schisteuse brune, de 0"*,12, avec Cardita Bazini^ Cytherea incrauata^ Cerithium plicatum^ Potamides Lamarckij Murex conspicuus; c'est la faune d'Ormoy, au-dessus de laquelle on n'observe plus que des couches d*eau douce.

On a beaucoup discuté sur Tattribution de cette couche au tongrien ou à Taquitanien. La question n'offre à nos yeux qu*une minime importance, la transition des faunes marines s'étant faite graduellement. Si nous rangeons la couche à Cardita d'Ormoy avec le calcaire de Beauté, c'est parce que le mouvement d'émersion qui a déterminé le dépôt de ce dernier était déjà, ce semble, sufQsamment dessiné par la formation des couches à paludestrines et à potamides, quand un affaissement tout à fait local est venu ramener à Ormoy, pour un instant, quelques espèces marines d*une faune en voie de migration vers le nord.

A la Ferté-Aleps, le calcaire de Beauce est séparé des sables de Fontainebleau par un sable ocreux à coquilles terrestres, Cyclostoma antiqtium^ Limnsea Brongniarti, L. comeaj avec Anthracotherium magnum^ Rhinocéros {Acerotherium) brivatensis, GelocuSj etc. C'est le niveau du calcaire lacustre de Trappes et d'Elancourt, à Hélix Ramondi et Paludestrina Dubuissoni (2), qui sépare les sables tongriens des meulières. Aux environs de Paris, ces dernières, dites meulières de Montmorency, débutent, notamment sur les hauteurs de Sannois, par une couche à Potamides Lamarcki, Les meulières elles-mêmes, qui ne sont que les parties siliceuses, aujourd'hui éparses dans une argile bariolée, d'une ancienne formation lacustre, correspondent aux premières assises d'Ormoy.

Division dm ealealre de la Beanee en denx assises. Mollasse dm CtAtlnals. — Dans la Beauce et les régions voisines, le calcaire lacustre se divise en deux couches, séparées par une assise argilo-sableuse (5). Le calcaire inférieur (calcaire du Gâtinais de M. de Roys, calcaire à limnées), épais d'environ 15™, est sans silex près d'Élampes et ses espèces les plus caractéristiques sont Limnœa Brongniarti, L, comea, L. cylindrica^ Hélix Ramondi, H. Munieri, Cyclostoma antiquumy Planorbis comu^ Paludestrina Dubuissoni, Potamides Lamarcki, ^vec les mammifères signalés à la Ferté-Aleps. Bien développé à la carrière Saint-Marc, à la porte d'Orléans, ainsi qu'à BiJly, près de Selles-sur-Cher, ce calcaire, où la silice est souvent très abondante, correspond aux meulières de Villers Colterets, Montmorency, Rambouillet, Épemon, Palaiseau, etc., à limnées et graines de Chara medicaginula. Il est exploité pour moellons entre Beaune-la-Rolande et

(1) Vélain, Bull, de la Soc, géol, de France, 5< série, VI, Réunion de Paris, 1878.

(2) Tournouër, BulL de la Soc, géol, de France, 3* série, VI. Réunion de Paris, 1878.

(3) Douvillé, Bull, de la Soc, géol. de France, 3* série, lY, p. 92.

Montargis. Là il passe à Tétai de marnes, qui empâtent d'assez nombreux fragments rougeâtres de silex, empruntés au conglomérats éocène sous-jacent.

Au-dessus du calcaire inférieur vient une assise de glaise verte, de sables siliceux et de grès calcaire, que M. Douvillé a nommée mollasse du Gâtinais. Celle assise, dont la plus grande épaisseur est de 15™, disparaît peu à peu à Touest (fîg. 536) à mesure que s*y développent des nodules calcaires, qui finis-

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Niveau de la mter

Fig. 536. ~ Coupe au 160000* des environs de Boiscommun (d'après M. Douvillé).

i, calcaire de Beauce inrérieur ; 2, mollasse du Gâtinais ; 5, cale, de Beauce supérieur ; 4, sables de r0rl<^anais ; 5, manies de l'Orléanais , 6, sables de la Sologne. (Hauteurs décuplées).

sent par former une couche continue, constituant la base du calcaire de Beauce supérieur. Ce dernier, ou calcaire à hélices de V Orléanais ^ puissant d'une vingtaine de mètres, est caractérisé par des bancs noirâtres, bréchiformes, connus à Pithiviers, Fay-aux-Loges, Orléans (Marigny), Chevry. Ses principaux fossiles sont : Uelix Moroguesi, H. Aureliana^ H. Defrancei, H. Tristanij H, Ramondi^ Planorbis solidus, Limnœa Lartetij L. NouelU L. urceolata^ Melania aquitanica. Aux environs de Gien, cette assise est à Tétat de marnes noduleuses.

Sables et niftnaes de i*Orié«Bais. — Le calcaire de Beauce est recouvert par les sables de VOrléanais, sables grossiers, argileux, qui occupent la forêt d'Orléans, quel(]uefois accompagnés de grès calcaires et se montrent fossilifères à Neuville-aux-Rois. On y trouve Amphicyon giganteus, Anthracotherium onoideumy Mastodon tapiroides^ M, pyrenaicus^ M. angustidens, Dinotkerium Cuvieri^ Rhinocéros aurelianensisy etc. Les caractères de ces sables sont ceux d'un dépôt littoral fluvio-lacustre. Ils atteignent à Boiscommun leur plus grande épaisseur, qui est de 20"». Dans le Gâtinais, ce ne sont plus que des sables argileux avec argiles légulines, dépourvus d'osssemenls. En revanche, on les retrouve dans le Loir-et-Cher, à Chitenay, avec les mêmes caractères que dans l'Orléanais.

Une couche très peu épaisse de marnes blanches et vertes (martres de VOrléanais de M. Douvillé) repose sur les sables de l'Orléanais ou, quelquefois, sur les calcaires de Beauce supérieurs. Cette couche qui, à Suèvres, contient à sa base Melania aquitanica (1), supporte directement le calcaire de Monlabtizard^ dont les mammifères, Anchitherium aurelianense, Procervulus aurelianensis^ Hysemoschus Lartetif etc., présentent de grandes analogies avec ceux du gîte de Sansan (Gers). A Chevenelles, les mômes marnes sont transformées en un calcaire lacustre, en tout semblable à celui de l'Orléanais.

Sables de la Sologne. Sables de l'Eare. — Le calcaire de Montabuzard n'est

(1) Douvillé, Bull, de la Soc. géoL de France, 3* série, IX, p. 396.

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