‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 390 sur 483 · MIOCÈNE ARMORICAIN · texte numérisé non relu

MIOCÈNE ARMORICAIN

qu*uii accident local; partout ailleurs, comme Ta montré H. Douvillé, les marnes de rOrléanais supportent en concordance les sables et argiles de la Sologne, qui atteignent, sur la rive droite de la Loire, 40°* d'épaisseur et sont de formation plus ancienne que les faluns de la Touraine, comme on peut le vérifier près de Soings (1). Les sables de la Sologne ne présentent aucun indice de classement mécanique; ils sont dépourvus de restes organiques, ont tous les caractères de dépôts boueux et offrent une grande analogie avec les sables kaoliniques de TEure. Ces sables de TEure sont formés de grains de quartz réunis par un ciment argileux, que la moindre agitation dans Teau suffit à séparer. Associés à des argiles plastiques chimiquement très pures, ils remplissent, dans les assises tertiaires ou crétacées, des fentes ou des ei^tonnoirs ; leur structure est massive et rappelle celle d'un granité en décomposition (2). Ils sont en rapport direct avec les failles qui avoisinent la vallée de la Seine et on est tenté de les attribuer à des épanchements boueux qui se seraient produits à l'époque miocène. La même action thermale, plus atténuée, aurait donné naissance, sur les plateaux crayeux de la Normandie et de la Picardie, à une argile à silex analogue à celle de Téocène inférieur.

LS SYSTÈME MIOCfelli: DANS L*OUEST DE I.A FRANGE

Assises tonffrleBiics cl aqjolUuiieiiiies de l*Armorlqiie. — L'étage tongrien ne paraît représenté, dans l'ouest de la France, que par le calcaire grossier de Rennes, à Archiacina (Cyclolina) amiorica. Ce calcaire, épais d'environ SO" et exploité à La Chausserie ainsi qu'à Lormandière, a d'abord été confondu avec le calcaire grossier parisien. Mais M. Tournoûer (3) a établi le caractère nettement tongrien de sa faune, qui comprend Natica crassatina, N. angustata^ Turbo Parkinsoniy Cerithium plicatum, C. trochlearcy Cytherea incrassata, etc. La même assise, toujours caractérisée par l'abondance des foraminifères du genre Archiacina, se retrouve à Langon, à Bréliain, à Saffré et en divers autres points de la Loire-Inférieure (4).

Le calcaire marin de Rennes est recouvert par 5*" de couches calcaires et argileuses, à Potamides Lamarcki, Cyclostoma antiquum^ Bytliinia Dubuissoni, A Saffré les mêmes couches, épaisses de 10*", passent à de véritables meulières. En ce point elles reposent sur leocène : partout ailleurs elles ont pour subslratura les schistes cristallins ou les terrains primaires.

(1) Douvillé, Bull, de la Soc. géol. de France, 3* série, VIII, p. 247.

(2) Douvillé, Bull, de la Soc. géol. de France, 3* série, VI, p. 6d7. — Douvillé et Potier, Comptes rendus, 6 mai 1872.

(3) Bull, de la Soc, géol. de France, 2* série, XXV, p. 367; XXIX, p. 481; 3* série, VII, p. 464.

(4) Vasseur, Terrains tertiaires de la France occidentale, p. 319.

La faune tongrienne du bassin de Rennes n*a pas le caractère de celle des dépôts d'Étampes et du Limbourg ; elle se relie au contraire à la faune du tongrien de TAquitaine et des Pyrénées. Le bassin de Rennes communiquait donc par Nantes avec Bordeaux et Dax.

Fainns de la Tomralne. — En dehors des rares affleurements tongriens et aquitaniens qui viennent d'être mentionnés, le miocène de Touest de la France est constitué par des faluns, qui tous appartiennent à Tétage helvétien et indiquent un empiétement marqué de la mer sur la région occidentale de notre pays.

On désigne sous le nom de faluns des dépôts marins composés de coquilles brisées, de polypiers, de bryozoaires, etc., mélangés d'une certaine quantilé de sable siliceux plus ou moins grossier. La roche est, en général, meuble ou faiblement agglutinée, par un ciment calcaire, en un grès tendre et poreux. Les sablons sont, tantôt très purs et d'une blancheur extrême, tantôt colorés en jaune. Les parties calcaires sont exploitées pourlemamage des terres siliceuses.

Les faluns les plus célèbres et en même temps les plus anciens quant à l'époque de leur dépôt sont ceux dits de la Touraine et notamment les faluns de Manthelan et ceux de Pontlevoy (Loir-et-Glier), depuis longtemps connus par l'abondance et la belle conservation de leurs coquilles, au milieu desquelles on trouve, à Tétat remanié, des ossements de mammifères empruntés aux sables de l'Orléanais. Les mollusques les plus caractéristiques sont Trochus incrassatiis, Turritella Linnmi, Pleurotoma tuberculosa, Cyprœa affinisy Contu Mercatii, Cerithium iniradentatum, Lima squamosa, Pecten striattUy Arbacia monilis, etc.

Près de Pontlevoy, à Contres, on observe la superposition suivante (1) :

Page 1