‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 396 sur 483 · II. Aquitanien, Mollasse à lignite comprenant · texte numérisé non relu

II. Aquitanien, Mollasse à lignite comprenant

c. Mollasse ligniiilère, gypsifèrc à ia base des Hohe Rhoncn ; h. Mollasse rouge ;

a, Grès de Hallingen, sur les bords du lac de Thoune. I. Tongrien. Couches marines inférieures de Bâle, du Jura bernois, du Salève.

Coueiies uini^eanes. — Le tongrien suisse, développé surtout entre Bâle et Berne, se compose d'un grès à gi'ains de quartz, de schiste siliceux et de feldspath, avec mica, glauconie et ciment raamo-calcaire. On y trouve Ostrea cijathula, 0. longirostris, Ceriihium plicatum, Cyrena semistriatay Peciunculus obovalus, etc.

Nous y rattacherons, à titre d'écart septentrional, les couches tongriennes

(1) Greppin in Revue géol. misse, VIII, p. 57.

(2) Neues Jahrhtich, 1877, 451.

(3) In Alph. Favre, Description géol. du canton de Genève, 1880.

d*Alsace, où deux formations, Tune franchement marine, Tautre offrant des intercalations de couches d'eau douce, sont séparées par un poudingue à très gros éléments, donnant la série suivante (1) :

3. Poudingues, grès, mamcis sableuses et marnes bariolées de Turckheim (50 i 60"). 2. Conglomérats et poudingues.

1. Marnes bleues ou grises, grès Ans, grès grossiers d*Hartmannswi!ler et Eguisbeim, à Oêtrea callifèray Natica craêsatina^ Peclunculu* anguêlicoHalM^ CriêUllaria,, Nodo$aria, Textularia.

Les marnes bariolées de Tassise 3, souvent d'un rouge vif, contiennent Mytilus Faujasi. Dans les marnes d'eau douce de la même assise, on trouve des poissons, Meletta îongimana, Amphisyle Heinrichi, associés à une flore tongrienne (2), avec Callitris BrongniartU Cinnamomum polymorphtim, C. Scheuchseri, etc. Enfin des marnes à cyrèncs s'observent aux environs de Mulhouse.

Mollasse roay e. Mollasse Uf nlUfére, Mollasse iprlse. — Dans le voisinage du Jura, la mollasse inférieure présente d'ordinaire une coloration rouge qui Ta fait désigner sous le nom de mollasse rouge et qui serait due, selon M. Schardt(3), au remaniement des dépôts sidérolithiques. Tantôt cette mollasse rouge est un poudingue sans mica, à matériaux de provenance jurassienne, et contenant Hélix rugulosa, espèce aquitanienne ; tantôt ce sont des marnes et des grès micacés d'origine alpine. A la Tour-de-Peilz, cette assise a fourni une feuille de Sabal major, M. Benoit(4) pense qu'il peut y avoir deux mollasses rouges, dont Tune, directement superposée au terrain sidérolithique, correspondrait à la base du tongrien.

Près de Lausanne, la mollasse rouge est surmontée par une mollasse à lignile, que des couches gypsifères séparent d'une mollasse à néritines et à Anthracoiherium^ avec Hélix cf. Ramondi, Planorbis solidus, Limnxa cf. subovata. Tout cet ensemble serait aquitanien. La mollasse lignitifère existe à Monod et à Rivaz dans le canton de Vaud, aux Hohe Rhonen, de même qu'en divei's points de la Bavière méridionale. La présence des cyrènes et des mélanopsides indique une formation d'eau saumâtre. Dans les cantons de Saint-Gall et d'Appenzell,la mollasse lignitifère couronne les bancs de nagelflvh du Kronberg et du Stockberg, placés â la base de l'aquitanien.

La mollasse rouge, parfois puissante de SOÛ", supporte au Righi la nagelfluh bien connue de cette montagne, dont les bancs ont été portés par le soulèvement des Alpes jusqu'à plus de ISOO" d'altitude. Dans quelques assises marneuses qui s'y trouvent intercalées, on observe de rares débris de coquilles tei^ restres ou de plantes ainsi que des ossements de pachydermes.

A l'étage mayencien doit'être attribuée la mollasse grise des environs de Lausanne, dont la flore, reconstituée par M. Heer, offrait Tassociation des Sabal, Fiabellaria, Phœnicites, avec les lauriers, les figuiers, les acacias et les érables, sur

(i) Bleicher, Bull, de la Soc. géol. de France, 3* série, VIII. p. 222.

(2) Oustalet et Sauvage, Bull, de la Soc, géol. de France, 3* série, XXVH, p. 580.

(5) In Ernest Favre, Bévue géol. tuiêse, XI, p. 85.

(4) Bull, de la Soc. géol. de France, 3- série, III, p. 436.

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