‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 397 sur 483 · MOLLASSE SUISSE · texte numérisé non relu

MOLLASSE SUISSE

les bords d'un lac couvert de Nymphœa Charpentieri, Cette mollasse est quelquefois qualifiée de grès à empreintes de feuilles {Blàttersandstein), par opposition à la mollasse coquillière marine {Muschelsandstein). En quelques points il 8*y intercale des couches marines avec Cerithium lignitarum. Venus clathrata. Murex plicatus. On y doit rapporter la mollasse granitique d'eau douce de San-Margarethen près de Sainl-Gall.

Mollasse msriiie. — La mollasse marine, qui marque un mouvement prononcé du sol avant le grand soulèvement alpin, couronne en général les collines de la Suisse occidentale et s'élève près de Berne à une assez grande hauteur. C'est un grès eoquillier, à ciment calcaire, qui s'enchevêtre, en quelque sorte, avec les couches d'eau douce, sans qu'il y ait de séparation tranchée entre les deux ordres de dépôts. Les dents de poissons, Lamna, Oxyrhina, Carcharodon, y sont fréquentes, ainsi que les mollusques habituels de l'helvétien.

Dans les cantons de Saint-Gall et d'Appenzell, cet étage débute par une mollasse marneuse rouge à bancs de nagelfluh, que surmontent des grès coquilliers et des mollasses en dalles, dont la véritable mollasse marine de Saint-Gall occupe le sommet.

Couches d'Œninfeii. — La molIasse d'eau douce supérieure (tortonien), est formée de grès, de marnes et de calcaires avec quelques couches de lignite. Les genres Hélix, Planorbis, Limnœa, UniOj y dominent. C'est dans cet étage que doivent être placées les couches d'Œningen, sur les bords du lac de Constance, calcaires en minces plaquettes, extraordinairement riches en fossiles, insectes, poissons (Leuciscus), reptiles, etc. (1). Mais c'est surtout par sa flore que le gîte d'Œningen est célèbre. M. Heer en a décrit près de 500 espèces, parmi lesquelles bon nombre de formes européennes sont mêlées à des types asiatiques, africains, austrahens ou même américains. L'assise inférieure ou couche à insecteê d'Œningen est composée d'environ 250 feuillets, où l'on distingue jusqu'aux saisons successives, les fleurs de camphrier annonçant le printemps, les fruits d'orme et de peuplier Tété, ceux de camphrier et de Diospyros l'approche de l'automne (2). Les arbres les plus fréquents sont Acer trilobatum, Populus mutahilisy Juglans acuminata et un Podogonium dont les fruits se montrent associés à des ailes de fourmis. Les palmiers y sont très rares.

M. Heer pense qu'il régnait à Œningen un climat analogue à celui de Madère, du Japon méridional et de la Géorgie, correspondant à une moyenne annuelle de 18 à 19 degrés.

La mollasse d'eau douce se présente parfois à l'état de gravier à cailloux vosgiens, comme celle de Délémont, où l'on a trouvé MaUodon angustidens, Dinothenum giganteum, Acerotheriumincisivum.

(1) Ce gisement a fourni une salamandre gigantesque, Andrias Scheuchzeri, que Scheuchzer considérait, lors de sa découverte, comme un squelcUe humain {homo diluvii tettU] et dont le type vivant, Andriat japonicuê, a été retrouvé au Japon.

(2) Heer in de Saporta, le Monde des piaules, p. 313.

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