LE SYSTÈME HIOCÈME DAMS LE SUD-EST DE LA FRAMCE
Languedoc. — Le tongrien manque dans le Languedoc, où raquitanien est représenté par les marnes bleues de Foncaude, à Cerithium plicatum^ C margaritaceum, C. papaveraceum. Le mayencien paraît absent de la môme région et à l'helvétien correspond le calcaire moellon avec Anomia sinistrorsa.
La localité d'Armissan, près de Narbonne, offre une flore très riche qui se place sur le passage du tongrien à l'aquitanien. La plupart des espèces caractéristiques de ce dernier étage s*y rencontrent déjà, mais encore associées aux formes longriennes, comme Comptonia dryandrœfolia. CVst là que se montrent, pour la première fois, les espèces qui depuis sont demeurées indigènes dans le midi de l'Europe. Les pins y sont en profusion, accusant Texistence d'une grande forél d'arbres résineux, située entre la mer et le lac d'Armissan (I).
Provence, Gîtes de Céreste et de Manosqne. — En Provence, la transition de l'éocène supérieur au miocène se fait d'une manière continue, par des dépôts lacustres dont les flores, d'après M. deSaporta (2), se sont succédé de la manière suivante :
Après la flore des gypses de Gargas vient celle des marnes de Saint- Zacliarie, à laquelle succède la flore de Saint-Jean de Garguier, qui offre les Sabal major et Dryandra Brongniarti, Là paraît devoir s'intercaler le remarquable gisement de Céreste, dans les Basses-Alpes, où des schistes calcaréomarneux très fissiles renferment, avec des plumes d'oiseaux et de nombreux insectes, une flore composée de Calliiris Brongniarti^ Libocedrus salicomioides, Myrica hœringianaj Sabal major ^ etc. On y trouve aussi trois espèces de poissons des genres Smerdis, Prolebias, Enoplophthalmus (3). Les schistes de Cèrcste^font partie d'une formation lignitifère développée aux environs de Voix et puissante de plus de 700". Les lignites contiennent, au-dessous des schistes à végétaux, des restes de mammifères, parmi lesquels M. Collot (4) a reconnu Anthracotheriiim magnum et A. hippoideum,
La flore de Céreste, qui appartient probablement au tongrien supérieur, conduit à celle de Manosque, qui offre le type de la végétation de la période aquitanienne. Le lac de Manosque, dans lequel se sont formés des lignites, mesurait 60 kilomètres. Des palmiers, des Séquoia^ GlyptosirobuSj DiospyroSj eic, d'affinités subtropicales, y mélangeaient leurs débris avec ceux des aunes, des bouleaux, des peupliers, etc., à l'ombre desquels croissaient de belles fougères, Osmunda lignitym, Lasirœa styriaca, Lygodium Gaudini, etc.
(i) De Saporta, op. cit., p. 364.
(2) Bull, de la Soc. géoL de France, 2« série, XX, p. 35.
(5) Sauvage, Bull, de la Soc. géoL de France, 3* série, VIII, p. 439.
(4) Hcvue dez sciences naturelles, 188Î.