GÉNÉRALITÉS SUR LA PÉRIODE PLIOCÈME
Caractères ffénéraiix de la période. — La période pliocène est celle qui s'esl écoulée entre le principal soulèvement des Alpes et Tavènement du régime climatérique favorable à rétablissement des grands glaciers. Assez intimement liée à Tépoque actuelle pour que quelques auteurs ne croient pas devoir Ten distraire, elle offre cependant une individualité distincte, et si son importance est loin d'être égale à celle des deux autres périodes tertiaires, elle représente néanmoins un état de choses assez différent de celui qui prévaut de nos jours. Sans doute, en général, les contours des mers pliocènes s'éloignaient extrêmement peu de ceux de nos continents actuels. Toutefois, sur plus d'un point; les sédiments de cet â^e sont aujourd'hui inclinés et portés à des hauteurs notables, et la faune qui les remplit, antérieure au refroidissement des régions boréales, marque plutôt la fln que l'inauguration d'une ère.
DE LAPPABENT, TtJdtt DE fitiOLOClB. 67
Dès le début de la période pliocène, le relief de TEurope est à peu près définitivement acquis. Cependant la mer avance encore, par de longues échancrures, au delà des estuaires actuels de nos fleuves et de grands lacs occupent le pied des Alpes et la basse vallée du Danube, pendant que, en diverses régions de l'Europe occidentale, d^imposantes manifestations volcaniques prolongent Tactivite éruptive de la période miocène. Sous ces diverses influences, un climat relativement très doux permet à TEurope de nourrir une végétation où les types des riches forêts du Nord sont associés à ceux des îles Canaries et des confins de la région caucasienne. Mais la température s'abaisse peu à peu, en même temps que la mer se retire; la flore s'appauvrit pour ne plus rien acquérir désormais; les espèces les plus délicates émigrent vers le sud et les palmiers ne se trouvent plus qu*à des latitudes inférieures de 10 degrés à celles qu'ils atteignaient lors du miocène. Enfin la période s'achève avec une flore qui, assez riche encore pour fournir une abondante nourriture à de gigantesques herbivores, ne contient plus, en chaque point, d'espèces qu'il ne soit aujourd'hui facile de retrouver en descendant de quelques degrés vers l'équateur.
Faune et flore pliocénes. — La note caractéristique de la faune pliocène est donnée par les grands proboscidiens et spécialement par Elephas vieridionalis, dont les incursions s'étendaient alors jusqu'en Angleterre, tandis que le genre
¥ié. U\. Fig. 542. Fig. 543. Fig. 511.
Fig. 541. Nassa reticosay Sow., du crag rouge. — Fig. 542. Voluta Lamberti^ Sow., du ci*ag anglais. — Fig. 543. Fusus contrarius, Lamk., {Trophon antiquum), du crag rouge. — Fig. 544. Congeria *ubglahosa. Partsch, du messinien de Vienne*
Mastodon quittait l'Europe avant la fin de la période pour survivre plus longtemps en Amérique. Les Rhinocéros et Hippopotamus sont à leur apogée, et le développement de ces animaux, de même que celui des cervidés et des bovidés, atteste la riche provision d'aliments que leur ménageait alors le règne végétal. Le genre Equus fait son apparition. Les singes ont quitté l'Europe. Quant à l'homme, il n'a été recueilli aucune preuve irréfutable de son existence durant cette phase de l'histoire terrestre.