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CRÂ6 D'ANGLETERRE ET DE BELGIQUE

Au-dessus se placent, selon quelques géologues, les sables et argiles de Chil" lesford, avec une faune marine d'un caractère plus arctique que les précédentes, attestant les progrès du refroidissement.

Le Forest'bed des environs de Cromer donne lieu à la même observation. Superposé au crag de Norwich, il est formé d*argile noire sableuse avec de nombreux débris de végétaux, des os d'éléphants etd'autres mammifères. Beaucoup détrônes sont encore in situ et par-dessus s'observe une assise fluvio-marine lignilifère à coquilles modernes, que recouvrent les dépôts glaciaires. Les mammifères du forest bed, au nombre de plus de 20, appartiennent en majorité à des espèces disparues, Elephas meridionalis, E. antiquus^ Rhinocéros etruscus, Hippopotamus major^ Trogontherium Cuvienj Machœrodns. etc.

Les végétaux, Abies pectinata^Picea excelsa^ Pinus sylvestris^P. montana^ Taxus baccata^ Nymphsea alba^ sont, pour la plupart, des espèces émigrées. L'ensemble de cette flore, bien que tempéré, indique un climat sensiblement moins chaud que celui qui régnait à la même époque dans le sud de la France (1). En outre, la nature des végétaux et celle des mammifères conduisent à supposer que l'Angleterre était alors en libre communication avec le continent.

Belgique. Cr«|[^ d'Anvers. — Les dépôts pliocènes de la Belgique sont principalement concentrés à l'embouchure de TEscaut, où ils font face aux affleurements du crag anglais. On y peut distinguer (2) :

Scald' ien i ^* ^*^^®' supérieurs d'Anvers ou sables à Trophon anliquum.

( 4. Sables moyens d'Anvers ou sables à hocardia cor,

i 3. Sables graveleux à Hétérocètes.

Anversien. < 2. Sables noirs à Pectunculus pilosus.

i 1. Sables d'Edeghem à Panopœa Menardi.

Les assises 1 et 2 sont les sables noirs ou crag noir d'Anvers ; ils sont d'un gris noirâtre, parfois verdâtres, très glauconifères. L'épaisseur de l'assise 1 est seulement de quelques mètres ; elle renferme Conus Dujardiniy Chenopus pespelicani^ Saxicava arctica, Venus multUamellaf Lucina borealis, Arca latesulcaia^ avec de rares vertèbres de dauphins.

L'assise 2, qui est la plus foncée et qui forme le sous-sol de la ville d'Anvers, est caractérisée par ses bancs de pétoncles, épais de 0"», 50 à 0", 80. On y trouve Turritélla subangulata, Ostrea navicularis, Arca diluvii, etc., avec des mésocètes, des Ziphiuseides dauphins.

Quant aux sables graveleux à hétérocètes, avec Oxyrhina hastalisy Carcharodon megalodony Ostrea navicularis, Pecten Cailliaiidif ils marquent une phase d'émersion du pliocène inférieur.

Le scaldisien est formé de sables gris, jaunes ou rougeâtres, beaucoup moins glauconieux que les précédents. Les cétacés, Balxna, Balxnoptera^ Balsenula, Balxnotus^ Megaptera, y sont en quantité prodigieuse ainsi que les poissons.

Les sables à Isocardia cor, généralement gris, contiennent la faune du crag

(1) De Saporta, le Monde dee planta, p. 549.

(2) Mourlon, Géologie de la Belgique, l, — Cogels, Bull. Soc. géog d^ Anvers, 1879.

i062 GROUPE TERTIAIRE.

corallin d*Angleterre, qu*on retrouve aussi dans le Sleswig, le Holstein et Tlle de Sylt. Épais de 3 ou 4»» en Belgique, ils en auraient plus de 100 à Utrecht. Cette assise est le gisement de Terehratvla grandi».

Les sables à Troplwn^ puissants de 5°>, 50 à Anvers, ont à la fois la faune et la couleur du crag rouge anglais.

Bép^tA diestlens. — Dumontavaitdistingué^ sous le nom de système diestien^ des sables et grès ferrugineux, développés aux environs de Diest et de Louvain, qu'il plaçait dans le pliocène. La faune de ces sables, où domine Terebralula grandis, a d*étroites affinités avec celle des sables à Isocardia cor. De la sorte^ le diestien formerait l'étage moyen du pliocène (1).

Les dépôts diesliens du nord de la France et de la Belgique, en particulier les grès ferrugineux qui couronnent la hauteur des Noires-Mottes, au cap Blanc- Nez, seraient, d'après M. Ortlieb (2), des dépôts d'origine fluviale, formés par un grand fleuve qui, ayant sa source en Angleterre, aurait déversé ses eaux par Folkestone dans la mer pliocène entre Gand et Louvain.

LB STSTÈHE FLIOGÈNE EH FRANCE

Nord de la Franee. — Dans le nord de la France, les formations d'eau douce de la période pliocène n'ont laissé que très peu de traces. Le gisement de cet âge le plus important est le gravier ossifère de Saint-Prest, près de Chartres, où l'on a recueilli Elephas meridionalis, Rhinocéros Mercki, Hippopotamus majar^ Conodontes Boisvilleti {Trogontherium Cuvieri), Megaceros Camuium, etc. M. de Mercey rapporte à la même époque les graviers peu roulés des hauts niveaux dans les vallées picardes.

Cotent lo, ArmoHqiie. — Aquitaine. — Le pliocène est représenté dans le Cotentin par les marnes à Nassa prismatica du Bosq d'Aubigny, épaisses de 5à ô"", et par les faluns à térébratules et à Nassa de Rauville-la-Place et de Reigneville. On y doit également rapporter les sables argileux très fossilifères de Gourbesville, qui renferment, avec Nassa prismatica, des térébratules, des cérilhes, des ossements d'Halitherium et des cailloux roulés (5).

Des argiles bleues ou grises à Nassa prismatica et Nassa mutabilis s'observent dans le Morbihan, à Saint-Jean-la-Poterie, ainsi que dans la Loire-Inférieure, près de Saint-Gildas des Bois. D'après M. Vasseur, ces dépôts se relient intimement aux sables rouges et argiles avec graviers dits renards, qui couvTentdes surfaces étendues dans la partie orientale de la Bretagne.

A la Dixmerie, près du Loroux-Bottereau, s'observe un falun formé de sable

(1) Van den Broeck, Ann. Soc. malacol. de Belgique, XYI, XVII.

(2) Ann, Soc. géoL du Nord, III. p. 99.

(3) Vasseur, Terrain* tertiaires de la France occidentale, p. 397.

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