‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 413 sur 483 · Argile à fossiles d'eau douce du ruisseau de Tourette · texte numérisé non relu

Argile à fossiles d'eau douce du ruisseau de Tourette

4. Poudingue avec Ostrea Lamarcki, Venut ulandicoides, Cytherea pedemontana»

3. Calcaire grossier à Amphistegina Ilaueri et Pecten êcabrellus, dit calcaire moellon de Biot,

à Ostrea cochlear, Terebraiulina capuiserpenlis, etc. 2. Argiles jaunes à Lucina orbicularis de Cannes et de La Colle, ayec Cerithium vulgatum^ Natsa

semisiriala^ Pccten Jacobxus.

i. Argiles bleues à Ostrea cochlearet Terebratula ampulla de Biot, Vaugrenier, Fréjus, Cannes,

La Gaude, avec Pecten cristatus, Arca diluvii. Triton apenninicum, Neusa senUstriata, Pieu-

roloma Coguandi, P. turricula, Conus antediluviantiSy Dentalium sexangularCy Cerithium

multigranulatum, etc.

L*assise 1 est celle des marnes subapennities proprement dites. L'assise 2, où la couleur jaune provient sans doute d*une altération atmosphérique, renferme à la Colle Rhinocéros etruscus et annonce une mer moins profonde que la précédente, tandis que 5 est un dépôt côtier battu par les flots et 4 une alluvion produite par les anciens torrents, descendant directement à la mer. Ce poudingue, incliné de 25 à 30<» et concordant avec les argiles sous-jacenles, est visible près d'Asprcmont jusqu'à SSO"" d'altitude. Épais de 35 à 40", il renferme surtout des cailloux de quartzite, avec quelques blocs de granité, de trachyte et de calcaire. Aux environs d'Antibes, on observe au même niveau des poudingues marins bien stratifiés, avec galets de calcaire noir nunmiulitique .et de serpentine et ces dépôts se relient de proche en proche à l'ancien delta du Var.

De même, à Tembouchure des principales rivières de la Ligurie, existent de puissants amas de conglomérats, contenant les coquilles caractéristiques du pliocène, en couches inclinées sous des angles de 12 à 20*. Cette inclinaison ne résulte pas d'un redressement ultérieur, mais bien de ce que ces poudingues sont de véritables deltas torrentiels (5), produits par des cours d'eau d'une grande violence, qui débouchaient dans la mer pliocène après le soulèvement des Alpes (4).

(1) Potier, Bull, de la Soc, geol. de France, 3* série, Vil, p. 937. (2/ Tournouër, Bull, de la Soc. gtot. ^ France, 3* série, V, p. 841.

(3) V. ante, p. 192.

(4) Desor, Comptes rendus, XG, p. 324.

PUOCËNE ITALIEN. 1069

TTPBft ÉTBAMOBIIS DI¥BBS DU STSTfeaS PLIOCfeMB

ApeBBiB, Toseaae. — Des deux côtés de la chaîne de l'Apennin s'étend une formation composée de marnes et de sables et dont Tassise marneuse, la plus importante, a servi de type à d'Orbigny pour rétablissement de son étage subapennin.

L'étage inférieur ou messinien {zancléen de M. Seguenza) se compose, dans la Ligurie centrale, de 20°» de marnes, poudingues et mollasses, à Ceriùiium pictum^ C. rubiginosum^ Venus multilamellay Pecten cristatm^ que surmonte une assise gypsifère de [100" avec Turritella subanguUUa^ Pleurotoma cataphracta, Nassa semistriata. Le tout est couronné par 100™ de cailloux roulés ou de marnes à lignite (1).

Au-dessus vient l'élage astien, dont la base est formée par les marnes bleues du Plaisantin, à Dentalium sexangulare, Turritella tomata, Xenophora crispa^ Murex trunculuSy supportant les sables marins jaunes de TAstésan, épais de 60" et riches en fossiles. Enfin ceux-ci sont couronnés par des marnes sableuses et des graviers ferrugineux à Elephas meridUmalts et Hippopotamus major.

Dans le val d'Arno, au-dessus de marnes blanchâtres à Mastodon arvemensis, vient une assise de plus de 100" de sables jaunes à Unio^ Anodonta, Paludina^ supportant des sables micacés, puissants de 60", avec un conglomérat dit Sansino. Ces sables sont le gisement d' Elephas meridionalisy Rhinocéros leptorhinus, HippO" potamus major,

AStradella, prés de Pavie et à Senigaglia, dans les Marches, des dépôts d'eau douce contiennent des flores riches à la fois en espèces miocènes et pliocènes, avec traces de palmiers. Ces gisements se rangent sur l'horizon du messinien à congéries (2).

On obsene aux environs du lac de Côme, près de Fino, des lambeaux de marnes subapennines fossilifères, intercalés, sans dérangement manifeste, dans les anciennes moraines glaciaires. Quelques géologues en avaient d'abord conclu que les glaciers alpins avaient existé dès l'époque pliocène, déversant leurs moraines au fond de fjords occupés par la mer subapennine. Cette hypothèse, bien difficile à concilier avec le caractère de la faune pliocène, qui est celle d'une mer chaude, paraît aujourd'hui abandonnée, et la plupart s'accordent à considérer le gisement du lac de Côme comme le résultat du remaniement des argiles subapennines par les glaciers de l'époque quaternaire.

Les couches à congéries existent en Toscane, où elles sont caractérisées par la présence du soufre et du gypse. Elles abondent en Melanopsis et reposent sur les

(1) Mayer, BulL de la Soc, géoL de France, 3« série, V, p. 292.

(2) De Saporla, op, cit., p. 326.

couches à Iripoli des montagnes de Livourne, superposées elles-mêmes au tortonien. Elles équivalent au Scklier des géologues viennois, aux marnes de Wieliczka et à celles de la Valachie (1).

EnviroBs de Rome. — Aux environs de Rome, la base du pliocène est formée par les marnes bleues du Vatican (fig. 549), contenant deux zones fossilifères.

Fig. 549. — Coupe du pliocène de Rome (d'après M. Pond).

4, marnes inférieures; sables pliocènes; 3, conglomérats et graviers à Elephas; A, tuf volcanique ; a, zone fossilifère du Vatican ; b, zone fossilifère du Monte-Mario; c, zone d'Acquatraversa.

l'inférieure à Pecten rimuloms^ Cleodora pyramidala, Flabellum Vaticanum et la supérieure à Pecten crisiattis, Dentalium elephantinum, Nassa semistriata (2). Au-dessus viennent les sables jaunes du Monte-Mario, renfermant trois zones : celle de la base, ou de Gorneto, à Pecten latissimm, P. flabelliformis, P. polyodontus, Hinnites Cortesi; celle du milieu, ou du Monte-Mario, à Mactra triangula^ Corbula striata, Cardium hians^ Pecten varius, P. insubricus^ Terebralula amptilla; enfin celle du sommet, ou d'Acquatraversa, caractérisée par Donax trunculusy Cardium rusticum^ Anomia ephippium. Sur cette zone reposent les sables jaunes et les graviers du Janicule, épais d'une quinzaine de mètres et contenant Hippopotamus major. Tandis que les sables du Mente-Mario sont sensiblement inclinés de l'est à l'ouest, les graviers du Janicule sont horizontaux (5).

Calabr«, Sicile. — Dans la province de Reggio, en Calabre, la base du messinien est sans fossiles. L'assise qui lui succède et qui a été portée, en certains points, à d200'" au-dessus de la mer, est au contraire très riche en espèces, dont la moitié appartiennent à des formes vivantes. Ses couches ont subi d'importantes dénudations avant le dépôt de Vastien, Ce dernier atteint aussi de fortes altitudes et sa partie supérieure se présente à 832" au-dessus de la mer, offrant encore quelques espèces de climats chauds, bien que, depuis la base de l'astien, on commence à rencontrer des formes septentrionales, attestant un refroidissement général de la région (4).

Le pliocène est très développé en Sicile, où il a été porté à des altitudes de plus de 900"». Sa puissance dépasse 600™ et on y remarque surtout des calcaires, parfois très compacts, ayant de 200 à 250"» et remplis de polypiers et de Pecten Jacobœus. Des tufs volcaniques y sont interstratifiés.

Les travertins des îles Lipari datent de la même époque et renferment les derniers vestiges du palmier nain, Chamxrops humilis,

(1) CapeUini, Mem. Accad. dei Lincei, 3* série, 1880.

(*i) Ponzi, Bull, de la Soc, géol. de France, 2* série, XV, p. 555.

(3) Le frère Indes, Bull, de la Soc, géol, de France, 2* série, XXVII, p. 410.

( k] Scguenza, Mem, Accad, dei lincei, 1880.

PUOGENE. EUROPE ORIENTALE. 1071

BavoUi de Vienne.. — Dans le bassin de Vienne (fig. 550), le pliocène débute par Tétage mrmalique des géologues autrichiens. Ce sont des grès calcaires et

Fig. 650. — Coupe résumée du bassin de Vienne (d'après v. Hochstetter).

W.S., grés de Vienne; kr, roches cristallines de la chaîne de la Leitha ; I, étage méditerranéen, comprenant: a, conglomérat; b, calcaire de la Leitha; c, sable marin et Tegel; II, étage sarmatique; III, couches h congéries.

des marnes d*eausauraâtre, avec nombreux céritlies, Cer. pictum^ C. rubiginosum et les genre's Potamides, Buccinum, Tapes, Macira. Ces couches sont reconnues maintenant sur de grands espaces de la Russie méridionale et de TAsie centrale, dans toute la province aralo-caspienne (1).

Par-dessus viennent les couches à Congérieit, constituées, à la base, par une argile qui forme le sous-sol de la ville de Vienne et se distingue par l'abondance de Congeria subglobosa et Menalopsis Martiniana, avec restes des genres Dinotherium, Rhi7ioceros, Mastodon, Antilope, La partie supérieure de cette argile renferme des lignites et est couronnée par les couches du Belvédère , sables, graviers et argiles à Mastodon et Rhinocéros,

La flore de Tétage sarmatique est la même que celle d'Œningen, avec cette différence que les palmiers y font complètement défaut. Dans les couches à congéries, les Callitris et les camphriers ne se montrent plus et les Acacia ont quitté le sol européen; mais on observe encore des Séquoia et des bambous; le hêtre apparaît plus fréquemment que dans le miocène, par des types dont la grande extension atteste Tinfluence de l'humidité (2).

Europe orientale. — Les célèbres gisements salifères de Wieliczka et les gites analogues de la Hongrie et de la Transylvanie appartiennent au pliocène. Le sel gemme et les argiles dans lesquelles il est intcjrcalé renferment de nombreux fossiles, dont les trois quarts sont identiques avec ceux de l'argile à congéries du bassin de Vienne.

La Croatie et TEsclavonie offrent un grand développement d* argiles àpaludines qui, reposant sur les couches sarmatiques, appartiennent au pliocène inférieur. En Roumanie, il existe d'autres couches à Paludines ou à Vivipara qui, supérieures aux couches à congéries, se placent sur l'horizon des dépôts de l'Europe occidentale à Elephas meridioncUis (3). Ces dernières assises se relient, par les paludines et les mélanopsides, aux dépôts bressans du môme âge. La grande extension de ces dépôts, dans toute TEurope orientale et TAsie occidentale, témoigne du mouvement d*émersion qui a peu à peu réduit l'ancienne mer danubienne aux cuvettes saumâtres de la région aralo-caspienne.

(i) Tournouër, Bull, de la Soc. géol, de France, 3* série, HI, p. 292.

(2) De Saporta, le Monde det plantes, p. 325.

(3; Tournouër, Bull, de la Soc. géol. de France, 3" série, VIII, p. 517.

Algérie. — Le système pliocène marin est très peu répandu en Algérie, où il est cantonné dans quelques dépressions du littoral (1). On le voit dans la plaine de Djidjelli, sous la forme de marnes fossilifères; puis aux environs d'Alger, constituant les collines du Sahel, enfin auprès d*Oran et de Hostaganem.

Près d'Alger, le système se compose de marnes argileuses grises, surmontées de calcaires jaunes sableux. Les gisements de Douérah et de TOued Nador sont très riches en fossiles. Il en est de même des grès des environs d'Oran, où abondent les échinides.

Des dépôts lacustres pliocènes occupent d*assez grands espaces dans la Medjana et les environs de Constantine. On attribue à la même époque certains cordons littoraux du Sahara. Auprès d*Oran, des dépôts pliocènes d*eau saumâtre ont fourni des restes d'Hipparion.

Amériqae du Nord. — Les sédiments pliocènes sont peu développés dans les Etats-Unis du versant atlantique. On ne les observe guère que dans les Carolines, où ils sont à l'état de sables et de limons, contenant plus de 50 pour 100 d'espèces vivantes, et dans le haut Missouri, sous la forme de couches d'eau douce, avec nombreux mammifères.

Mais l'importance du système est considérable dans la région des Montagnes- Rocheuses, où son épaisseur varie de 600 à 1000"». On y distingue (2) :

Page 1